Depuis l’abaissement de la vitesse sur le périphérique et l’annonce d’un éventuel passage à 80 km/h  sur les routes départementales et nationales, la Ligue de défense des conducteurs a lancé une offensive pour faire entendre sa voix au gouvernement. L'association a déjà récolté plus d'un million de signatures.

Depuis la récente annonce de Manuel Valls qui a émis le souhait d’abaisser de 10 km/h la vitesse maximum autorisée sur routes secondaires, plusieurs associations d’automobilistes se sont mobilisées. Parmi les plus actives : la Ligue de défense des conducteurs. L’association a rassemblé plus d'un million de conducteurs dans une pétition s'opposant à la baisse des limitations de vitesse. L’objectif est d’adresser un courrier aux parlementaires, d’obtenir un débat national et surtout de faire entendre leur « ras le bol ». 

Tester l’abaissement à 80 km/h dans 40 départements pilotes

Manuel Valls s’est fixé un objectif : descendre sous les 2000 morts par an sur les routes d'ici 2020. Pour cela, le ministre de l’intérieur s’est reposé sur un rapport remis en octobre dernier au Conseil national de la sécurité routière (CNSR) dans lequel les experts préconisent de passer de 90 à 80 km/h sur les «routes bidirectionnelles» nationales, départementales et communales, les axes les plus meurtriers du pays. Selon le rapport, cette mesure sauverait 450 vies chaque année. Dans cette optique le CNSR étudie même la possibilité de tester cette mesure dès 2014 dans une quarantaine de départements pilotes, nous révèle aujourd’hui Le Parisien. «En dépit d'un rejet massif des Français, le ministre de l'Intérieur tente un passage en force» explique Christiane Bayard, Secrétaire Générale de l’association. « le CNSR à l’origine de cette proposition est essentiellement composé d’autophobes » poursuit -elle en contestant la véracité scientifique des chiffres avancés par la Sécurité routière, sur le lien entre la baisse de la vitesse et la réduction de la mortalité. «Pour preuve, en 2012, la vitesse moyenne a augmenté sur l'ensemble du réseau routier mais le nombre de décès sur les routes a continué de diminuer». La Ligue de défense des conducteurs craint que le gouvernement utilise cette expérimentation pour généraliser en douceur cette mesure.

Une mesure à 40 milliards d’euros

Selon l'association, d'autres facteurs contribuent à la baisse de la mortalité routière, comme l'entretien des routes ou les avancées techniques des voitures. Enfin, Christiane Bayard évoque l’aspect financier : « on est dans l’incompréhension totale : alors que le gouvernement recherche de la croissance, cet abaissement pourrait engendrer jusqu’à 39,5 milliards d’euros de pertes chaque année pour l’économie de notre pays. À l’heure où l’industrie automobile s’effondre et que des milliers d’emplois sont menacés, les pouvoirs publics continuent à se livrer à une surenchère de mesures répressives » dénonce Christiane Bayard.