En effet, le communiqué des services de Christian Estrosi largement relayé par la presse car envoyé à tous les journalistes a pour but d'exprimer une fois de plus l'exaspération de l'ancien ministre de l'industrie face à l'attitude de Renault qu'il juge scandaleuse depuis la fausse affaire d'espionnage et son refus d'utiliser les aides d'état et les conditions qui allaient avec. Dire que le maire de Nice ne porte pas Carlos Ghosn dans son cœur est un euphémisme. Estrosi dénonce dans son dernier communiqué le « mensonge permanent des responsables de Renault », « une décision ahurissante », «  un engagement non tenu sur le Fabriqué en France » ...etc


Pourtant, Renault a annoncé il y a quelques jours que les batteries de ses voitures électriques seraient construites par Nissan dans une nouvelle usine construite à Flins et louée par Renault à son partenaire. En attendant que celle-ci soit érigée (2014), les batteries proviendront de Corée de la joint-venture entre Nissan et Nec. De fait, Renault le confirme, la production des batteries se fera bien en France à Flins à partir de 2014.

Dès lors, pourquoi s'emporter avec autant de véhémence ? Voilà peut-être une explication :

Dans une première mouture du communiqué corrigée ensuite, les premières phrases indiquaient : Christian Estrosi a dénoncé jeudi « le mensonge permanent des dirigeants de Renault coupables à ses yeux de faire produire au Japon les batteries électriques destinées à Flins »


La version corrigée envoyé ensuite disait ceci : « le mensonge permanent des dirigeants de Renault" coupables à ses yeux de "faire produire par son partenaire japonais les batteries électriques de l'usine de Flins" (Yvelines). »


Pas vraiment la même chose. Si la première mouture qui laissait penser que la production était délocalisée pouvait justifier la colère de Christian Estrosi, cette indignation bruyante paraît beaucoup moins fondée avec la version corrigée affirmant que les batteries seront toujours produites en France.


Bref, la question est de savoir si, à vouloir se montrer bruyamment véhément et « proche des préoccupations des citoyens », (pour ne pas dire démagogique), Christian Estrosi n'a pas manqué de clairvoyance et pêché par trop d'impulsivité ?