C’est bien connu, Stallone, le sport, ça le connaît. Boxeur dans Rocky, alpiniste dans Cliffhanger, et monsieur muscle dans la vraie vie, il n’a pas peur de rien. Dans Driven, c’est au sport mécanique qu’il s’essaye. Un film aux qualités insoupçonnés.

Un film à la gloire du Champ Car

DRIVEN : Quand Rambo se fait pilote

Driven nous emmène dans le monde fabuleux du CART Racing. Le "Champ car" est une compétition automobile prestigieuse outre atlantique. Elle n’a que peu d’écho chez nous puisque la Formule 1 se taille la part du lion. Cependant, depuis quelques années, le CART Racing tend à se faire connaître en dehors des Etats-Unis. Le championnat s’internationalise : des courses ont lieu au Canada, au Japon et en Europe. La France dispose même de son champion, Sébastien Bourdais, pilote dans l’écurie de Paul Newman. Ses très belles performances font de lui un candidat sérieux pour la F1. A suivre…

Le scénario

DRIVEN : Quand Rambo se fait pilote

Jimmy est un jeune pilote de Champ Car. Dans sa manche, tous les atouts pour devenir l’as des as. Mais voilà : Jimmy traverse une mauvaise passe. Il se disperse, fait des erreurs, perd des courses. Déjà, son grand rivale Beau Brandenburg le dépasse au classement. Il faut réagir. Avant qu’il ne soit trop tard, le directeur d’écurie décide de faire appel à Joe Tanto, vieille gloire déchue du championnat, pour aider le jeune prodige à retrouver son meilleur niveau.

La plume de Rambo

Ce film a permis à Sylvestre Stallone de s’essayer aux joies de l’écriture.

DRIVEN : Quand Rambo se fait pilote

Stallone scénariste, on présage le pire. Une image poétique nous vient à l’esprit : Rambo avec une plume. Et ça donne quoi? Pas grand chose. Rien de honteux, cependant. Driven est un de ces films hollywoodiens sans saveur et sans surprises. On pressent d’entrée comment tout cela va finir : en beauté. Et ça ne loupe pas. Podium, champagne, joie et allégresse. Bref, Happy End.

DRIVEN : Quand Rambo se fait pilote

Mais avant ce feu d’artifice finale, encore 117 minutes de film. Et 117 minutes, c’est long. Car pour notre grand malheur, Driven ne se contente pas d’être un film sur la course automobile. C’est aussi une sorte de soap-opéra. Les feux de l’amour, l’intelligibilité en moins. On ne comprend pas grand chose aux histoires de tous ces personnages, et pire, on s’en fout.

Regarder ce film au premier degré tue". Telle devrait être la mention inscrite sur le boîtier du DVD. Heureusement, à travers un œil sarcastique, Driven prend une dimension comique insoupçonnée. Il devient alors ce qu’on attendait de lui : un mauvais film sympathique.

Un clip vidéo de deux heures

DRIVEN : Quand Rambo se fait pilote

Driven est un film d’action à la réalisation nerveuse. Les scènes de courses ne sont pas mauvaises. Il y a du rythme. Visuellement, c’est même parfois très bon. Dommage que ces séquences soient polluées par des effets numériques mal venus. Ca sent l’infographie bas de gamme à plein nez. A croire que la production ait investi tout son budget ailleurs. Dans la musique par exemple.

The Chemical Brothers, Fat Boy Slim, Chrystal Method, autant de grand noms de l’electro-pop qui composent une bande son énergique. Ajoutez à cela, pilotes viriles, gros bolides, et petites pépées. Mixez le tout dans un montage stroboscopique, et vous obtenez Driven : un clip vidéo clinquant entrecoupé de dialogues à l’eau de rose.

A retenir

Pas de doute : ce film est un navet. Un navet de plus sur le monde pourtant passionnant de la course automobile. Mais c’est un navet à multiple fonctions :

- Au premier degré, Driven est une arme fatale, et au pire, un bon somnifère

- Au second degré, Driven est une comédie hilarante à voir entre amis

- Au troisième degré, Driven est un frisbee (comprenne qui pourra)

Achetez le DVD et vous posséderez ce qui se fait de mieux en matière de couteau-suisse audiovisuel. Un must have.

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