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Enquête Caradisiac - Les avertisseurs de radars vont-ils devenir des mouchards?

Stéphanie Fontaine

Publié dans Equipement > Anti-radars
par Le 04 Octobre 2011
30 réactions

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Le marché des GPS avertisseurs de radars est en plein chamboulement. Il devait s'effondrer, le voilà bigrement ragaillardi depuis la signature d'un protocole d'accord avec le gouvernement. Quel coup de pub en effet donné aux fabricants signataires, surtout ceux des Coyote, Inforad et autres Wikango ! Au final, le pacte de cet été donnerait presque l'impression que ces derniers et les responsables de la Sécurité routière s'entendent comme larrons en foire. De quoi satisfaire les conducteurs ? Pas si sûr... Tant certaines discussions font craindre une évolution de ces nouveaux « assistants d'aide à la conduite » vers de véritables « boîtes noires » ! Et qu'en est-il des utilisateurs de Garmin ou de TomTom ? Notre enquête répond à toutes vos questions.

Le 28 novembre 2011 maxi, certains avertisseurs de radars doivent changer de nom et leur manière d'alerter les cinémomètres de contrôle routier. Certains seulement car tous ne sont pas concernés pour l'instant. Seuls les appareils - ou applications sur téléphone - dits communautaires - ou presque - le sont. Il s'agit d'Avertinoo, Coyote, Eco&Logic, Eklaireur, Inforad, Takara, Wikango, rassemblés au sein de l'Afftac* et seuls signataires du fameux protocole d'accord avec le gouvernement le 28 juillet dernier. Si bien que les Garmin, Mappy, Mio, Navigon et autres TomTom, pour ce qui est des produits premiers prix, soit non "connectés" et ne proposant pas d'informations en temps réel (fournies généralement par Coyote d'ailleurs), pourront continuer à résonner comme avant à l'approche des cabines. Avec la coexistence de ces deux systèmes, la cacophonie qui règne depuis mai et les annonces fracassantes du dernier Comité Interministériel de la Sécurité Routière (CISR) a de quoi perdurer. Jusqu'à quand ? Au moins jusqu'au début de l'année prochaine, selon nos informations.
 
Une belle hypocrisie
 
Un décret pour clarifier et uniformiser la situation devrait certes être publié au Journal Officiel avant la fin de l'année, mais les fabricants non signataires du protocole d'accord de juillet bénéficieront d'un délai supplémentaire pour se mettre en conformité. « Nous avons a priori six mois », nous a indiqué un porte-parole de TomTom, après avoir eu une première réunion avec les pouvoirs publics la semaine dernière, mais « rien n'étant complètement fixé, nous devrions savoir vraiment à quoi nous en tenir d'ici un mois ». À terme, tous les avertisseurs de radars – que ce soit leur rôle premier ou pas – seront donc débaptisés pour devenir des « assistants d'aide à la conduite ». Mais, « fondamentalement, cela ne change pas grand-chose », reconnaît notamment Samuel Vals, le directeur général de Mio France, que nous avons interrogé. Dans les nouvelles interfaces, le mot « radar » sera complètement banni. Certains pictogrammes, comme ceux représentant les cabines, aussi. Mais cette évolution se restreint surtout, comme il l'ajoute, à « une question d'intitulé et de distance pour prévenir la présence des radars ».
 
De fait, si les alertes devront concerner non plus des contrôles de vitesse mais « des zones de danger » ou « des zones à risque », qui ne comporteront pas forcément des radars, ces derniers eux seront placés à tous les coups sur ces zones ! Et les alarmes continueront donc à bien les viser. Voilà pour la belle hypocrisie… Restent quelques vrais changements pour l'utilisateur : les alertes seront multipliées et moins précises qu'avant. Mieux vaut s'y préparer, avec la nouvelle génération d'appareils, ça risque fort de sonner et vibrer sans arrêt (pour tout et n'importe quoi ?) dans les habitacles. En outre, les conducteurs seront invités à lever le pied plus longtemps, soit sur les portions suivantes :
  • 4 km sur les autoroutes,
  • 2 km sur les routes hors agglomération,
  • 300 m en villes.
En dehors des radars, les alertes pourront concerner des travaux, un accident, l'intervention de patrouilleurs sur autoroute, une chaussée glissante ou rétrécie, etc. Mais ces zones de ralentissement n'indiqueront pas précisément l'obstacle dont il est question.
 
Ces évolutions ne sont sans doute pas les plus gênantes pour les utilisateurs. Rappelons quand même que le CISR souhaitait carrément interdire les engins en question il y a seulement quelques mois ! Les autorités prévoyaient jusqu’à deux ans de prison et 30.000 euros d’amende pour la vente d’appareils signalant la position des radars (fixes et mobiles), et pour les utilisateurs jusqu'à 1.500 € d'amende et le retrait de 6 points de leur permis… Ça ne rigolait pas ! Face à la levée de boucliers que cette mesure a provoquée, on peut comprendre le recul du gouvernement. Mais on pouvait difficilement prévoir un tel basculement ! « Nous sommes en train de faire de ses avertisseurs communautaires un élément fort de notre politique de sécurité routière », s'est ainsi exclamé le plus sérieusement du monde le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, sur BFM TV et RMC Info, le 29 août dernier.
 
De potentiels mouchards
Fabien Pierlot, le PDG de Coyote, souhaitait « revenir sur l'idée intéressante de la "boîte noire" » 5/07/2011

Message reçu cinq sur cinq par Coyote, le leader de ces avertisseurs communautaires, qui compte plus d'un million d'utilisateurs. Particulièrement réactif, il n'a pas attendu la dernière minute pour se mettre en conformité avec les exigences gouvernementales. Dès le 21 septembre, il a donc annoncé qu'il était prêt. Dans la vidéo publicitaire que l'entreprise a concoctée pour vanter cette évolution, on nous explique que pour lutter contre la mortalité routière, Coyote a ainsi « participé aux discussions avec le gouvernement », pour élaborer de nouveaux « outils d'aide à la conduite », lesquels bénéficieront « d'un label professionnel reconnu par le ministère de l'intérieur ». L'entente est décidément des plus cordiales…
 
Le plus étrange cependant est la teneur des propos tenus par les représentants de l'Afftac aux députés qui les avaient invités à l'Assemblée nationale le 5 juillet dernier, dans le cadre d'une mission d'information parlementaire, relative à l'analyse des causes des accidents de la circulation (voir le compte-rendu). Une réunion organisée alors que les mêmes protagonistes étaient en pleine négociation avec le gouvernement pour qu'il revienne sur sa mesure d'interdire les avertisseurs de radars. Qu'ont-ils pu lui promettre pour survivre ? Les députés leur ont justement demandé où ils en étaient de leurs discussions. Et c'est alors que Fabien Pierlot, le PDG de Coyote, qui souhaitait « revenir sur l'idée intéressante de la "boîte noire" », n'a pas hésité à leur expliquer que les boîtiers que ses concurrents et lui commercialisent pouvaient « apporter certaines informations après un accident dans la mesure où ils permettent de savoir depuis combien de temps le conducteur roulait, sa vitesse moyenne, et sa façon de conduire grâce aux accéléromètres », qui équiperont « tous nos produits » dans un an tout au plus. Ajoutant encore que les fabricants de GPS communautaires  ne feront « ni plus ni moins que ce que font aujourd'hui les constructeurs automobiles qui commencent à intégrer ces technologies », en particulier ces « accéléromètres qui permettent de détecter tous les mouvements du véhicule. » De quoi faire frémir bon nombre de clients !
 
Surtout que la collecte et le traitement de ce genre d'informations sont pour l'instant totalement proscrits par la CNIL**. Sollicitée régulièrement depuis 2005 sur les dispositifs de géolocalisation embarqués, la Commission a ainsi déjà été amenée à se prononcer sur l'utilisation de tels mouchards, afin de ne pas porter atteinte aux libertés individuelles. Ses dernières recommandations datent du 8 avril 2010, dans le cadre de la mise en place des contrats d'assurance dits « pay as you drive » (PAYD), que les assureurs souhaitaient mettre en place afin que l'assuré – promettaient-ils - ne paie qu'en fonction de l'utilisation réelle de son auto, calculée au moyen d'un boîtier GPS installé à bord. Elle rappelait alors que ni les assureurs ni les constructeurs automobiles ne sont autorisés à mettre en œuvre le traitement des informations relatives à la vitesse, « susceptible de permettre la constatation d’éventuels dépassements de limitations de vitesse », soit « des infractions au code de la route »… Les fabricants de GPS communautaires ne devraient pas plus y être autorisés.
 
Dans cette dernière délibération, la CNIL recommandait également de ne pas multiplier les « items collectés » : « la multiplication des données contrôlées serait en effet de nature à engendrer pour les conducteurs un sentiment de pression et de surveillance constante ». Elle relevait aussi que le traitement des accélérations ou décélérations du véhicule « soulève de difficiles problèmes d’interprétation et de proportionnalité ». Et elle réclamait surtout le consentement et l’information des personnes concernées ! Celles-ci « doivent manifester individuellement et par écrit leur consentement exprès préalablement à la mise en œuvre du traitement par les dispositifs de géolocalisation ». Que les utilisateurs de GPS communautaires se rassurent, si leur équipement devenait de véritable mouchard, ils devraient en être avertis !
 
De nouveaux GPS forcément labellisés ?
En attendant de savoir réellement où cette nouvelle législation les mènera, les utilisateurs de ces « nouveaux » outils peuvent aussi se demander comment les forces de l'ordre pourront vérifier la conformité de leur matériel (avec les exigences gouvernementales). Les membres de l'Afftac militent pour qu'un label voie le jour et soit obligatoire pour attester de la légalité des GPS mis sur le marché. Mais, selon nos informations, rien ne serait complètement arrêté en haut lieu. Les autres acteurs du marché qui n'ont pas – encore ? – rejoint l'Afftac attendent justement que le gouvernement arrête son choix.
 
Ce dernier préparerait un cahier des charges pour simplifier ces futurs contrôles. Mais d'autres voies que celle d'opter pour un label obligatoire seraient explorées. Dans ces cas-là, toutefois, l'examen des policiers ou des gendarmes pourrait être plus poussé. Cela sous-entendrait-il qu'ils pourraient être autorisés à manipuler les appareils ? Cela semble peu probable. D'une manière générale, la fouille des véhicules est strictement encadrée juridiquement et ne laisse en effet que peu de marge. Quelques zones d'ombre persistent ainsi… Affaire à suivre !
 
* Association Française des Fournisseurs et utilisateurs de Technologies d’Aide à la Conduite .
** Commission nationale de l'informatique et des libertés.
  • Aucun avatar

    Par Anonyme le 04 Octobre 2011 à 09h25

    Orwell était un peu en avance.... mais le futur lui donnera raison à coup sûr...

  • Avatar de vanheim_

    Par vanheim_ le 04 Octobre 2011 à 09h36

    Bah non, ce sera pas rentable. Limiter à ce point les libertés équivaut à ne plus rien rentrer dans les caisses. L'état va laisser faire deux minutes, puis l'interdire au nom de la liberté© et s'assurer une réélection va ^^

     
    La tendance est plutôt à nous donner des bagnoles toujours plus puissantes pour toujours plus nous fliquer et nous pomper, pas l'inverse.

  • Avatar de antoine_54

    Par antoine_54 le 04 Octobre 2011 à 10h00

    D'accord avec vanheim. Sinon l'Etat aurait déjà interdit l'alcool au volant ainsi que la vente de cigarette en France par exemple... Mais bon il préfère que les gens peuvent boire un peu quitte à ce dire bon 2 verre sa va mais entre une personne de 90kg et une de 55kg c'est pas vraiment le même taux dans le sang donc on peut se tromper (ceux qui tente moi personnellement c'est zéro quand je roule) pour les cigarettes si c'est tellement mauvais pour la santé et celle des autres ben on a qu'a l'interdire à la consommation au lieu de toujours les taxer de plus en plus ?
    Donc l'Etat préfère qu'on soit positif au volant et qu'on fume car sa rapporte, mais attention c'est pas bien faut pas le faire dit-il ! (Ce n'était que 2 exemple mais c'est de même avec d'autre produit comme maintenant les sodas...)

  • Aucun avatar

    Par Anonyme le 04 Octobre 2011 à 10h20

    "Et c'est alors que Fabien Pierlot, le PDG de Coyote, qui souhaitait « revenir sur l'idée intéressante de la "boîte noire" »"

     
    Oh mon dieu :beuh:

     
    Enfin bref, j'ai eu la "chance" (tout le monde ne l'a pas car famille, travail etc etc) de vendre ma voiture...
    Ce qui implique, pas d'entretien, pas de carburant, pas d'assurance, pas de gps (vendu aussi), pas d'avertisseur de radar, pas de pv...et ça n'est pas demain la veille que j'en acheterais/louerais une autre.
    C'est vrai j'suis maintenant un peu plus dans la m*** pour mes trajets, mais je suis bien heureux de ne plus leur donner un centime.

     
    Je pense que si je n'avais été un passioné d'automobile je n'aurais jamais passé le permis.

     
    bref, /bras

  • Aucun avatar

    Par Anonyme le 04 Octobre 2011 à 11h32

    @ antoine_54 : interdire la cigarette? Regarde un peu ce qu'il s'est passé durant la prohibition aux états unis. On ne peut pas interdire purement et simplement qqch d'acquis

  • Aucun avatar

    Par tom5934 le 04 Octobre 2011 à 14h00

    Et bien les seuls solu:bien:tions maintenant se sera soit TRAPSTER pour les smartphones ou alors VALENTINE ONE pour les tarés :bien:

  • Aucun avatar

    Par Anonyme le 04 Octobre 2011 à 15h02

    C'est dommage pour coyote, c’était une belle boite mais elle vient d'être assassinée par un gouvernement ... de droite. Bravo à Nicolas Sarkozy pour son soutien à l'innovation et aux PME.

     
    Évidemment tout le monde a compris qu'une boite proposera un produit de remplacement sur smartphone avant meme la fin de l'année .. tout le monde sauf le gouvernement et le redacteur de l'article...

  • Aucun avatar

    Par Anonyme le 04 Octobre 2011 à 15h03

    Bon, ba, on peut tout de suite passer sur les applications smartphones concurrentes. Les guignols de la sécurité routière n'auront qu'à faire la leçon à google et apple, sûr qu'ils seront entendus ...

  • Aucun avatar

    Par Anonyme le 04 Octobre 2011 à 18h07

    L'etat fait les choses bien !!!

     
    Depuis le velib ou autre dans les villes de France les accidents en velo ne cesse de croitre , il ne les supprime pourtant pas ... ca rapporte de loué des velos a des usagés qui ne connaissent rien au code de la route.

     
    Les produits stupefiants sont interdit , a quand les septuagénaire ou plus hors de nos routes, ceux -ci non aucun reflex ne voit plus rien, n'entendent rien et on une autre conception du code de la route.
    J'ai commencer l'exemple avec les stupefiant car cette categorie de personnes ne vit que grace a la médication et pourtant .... De vrai danger ambulant .
    Les statistique me font rire car elles permettent de faire croire n'importe quoi exemple:

     
    100% de personne qui ont eu un accident grave voir mortel on mangé dans la journée > arreton de manger

     
    Ces meme personne on respiré aussi ^^ arrêtons de respirer......

     
    Je parcour plus de 50 000 Kms ans en moyenne, les seuls accident a ce jour sont non responsable et a l 'arret ^^ voir meme je n'etais pas dans mon vehicule . Un de ces accidents on eu lieu avec un alcolique ,quans les CRS sont venu c'est moi qui est failli partir en garde a vue , normal le monsieur n'etant plus dans son vehicule les CRS n ont pas voulu le faire souffler (il ne tenait pas droit et ne voulait pas rediger le constat). Quand j ai agumenter en evoquant l etat d’ivresse sur voie public les CRS ce sont fâcher . En meme temp il etait decu de ne pas trouver la petite demoiselle qui venait de les appeler a l'aide ( ma conpagne , partit au travail entre/tps) a la place un barbu facher de voir sa voiture emboutit ( MOI)par un bourgeois sortit du restaurant tout bourrer dans sa BMW Flambante avec a ces coter sa greluche qui trouver le tps long et voulais acheter ses bottes dans un magasin de lux juste a coté.

     

    Vive la prohibition , comme ca on irra plus vite a la Revolution .

     
    Aujourd'hui on a moins de couilles que nos ancêtres qui eut savaient se révolter contre les injustices.

     
    Revolution POWER .!. .!.

     
    Un jour viendra ou comme au etat Unis sur un simple controle routier des gens tuerons des flics juste par peur de payé une amende ou se faire confisquer leur outils de travail.

     
    Moi je ne suis en aucun cas un parfais conducteur , je fais plein d'exces de vitesse , je passe les stop a l'americaine , .... Juste je fais attention et m'adapte a la configuration environante.

     
    Apres on est tous des humains et donc ont fait tous des erreurs.

     
    Pour conclure cela fait des années que je suis pour equiper les villes et autoroutes de balises qui empeche les usagé normaux de depasser les vitesses en villes.

     
    Demain si l'etat francais dit qu il n'autorise plus la vente de véhicule non equipé que ferront les constructeurs?

     
    ILS EQUIPERONT LES VEHICULES....

     
    Qui serra perdant ???

     
    L'etat qui ne pourrat plus verbaliser .

     
    On parle de liberte des personnes , personnes n'est libre du moment qu il vit en société.

     
    Demander a un loup la definition de liberter se n'est pas la meme que nous ..

     
    Je suis partit dans tout les sens mais ca commence a m’énerver au plus au point toute cette hypocrisie .

     

  • Aucun avatar

    Par Anonyme le 04 Octobre 2011 à 18h27

    En réponse à : Anonyme (voir le message)

    Calme-toi l'anonyme, reprend tes esprits.Sois plus clair, plus concis et par pitié, relis-toi et corrige tes fautes! Reste concentré sur ton idée de base et ne te disperse pas sinon on ne comprend rien...

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