A mi-chemin de son existence, la Série 7, vaisseau-amiral de la gamme BMW, sort d’une cure de rajeunissement discrète, comme il convient à une star pas si vieillissante, et qui n’en avait guère besoin. La luxueuse limousine allemande se porte en effet comme un charme sur ses principaux marchés, et se dispose à battre les records de vente de sa devancière. Essai de la nouvelle 750 Li et de son nouveau V8 de 449 chevaux… pas un de plus, soyons précis.

Essai - BMW Serie 7 : bienheureux Chinois, pauvres de nous !

Taux d'émission de CO2 et bonus/malus
de la version la plus écologique de : Bmw Serie 7

132 g/km - Malus : 150 €

Début de commercialisation du modèle :
Bmw Serie 7 F02

Mars 2009

Faut-il y voir un signe de la désaffection morose qui affecte la belle automobile en France, à force de radars, de carburants chers et d’humiliantes et égalitaristes tracasseries fiscales ? Ou une pierre de touche de notre paupérisation relative dans le monde ? Toujours est-il qu’il s’est vendu l’an passé 392 BMW Série 7 en France, (principalement des diesels…) et 37 500 en République populaire de Chine, le plus vaste pays communiste du monde. Soit 95 fois plus, alors que les ressortissants de l’Empire du Milieu ne sont finalement que 20 fois plus nombreux que nous.
De quoi nous sommes-nous donc très largement privés ? D’une limousine avec un grand L qui, en configuration à châssis allongé, mesure 5,22 mètres, soit 14 centimètres de plus que la Série 7 « courte », centimètres qui ont été intégralement « investis » entre les deux essieux, pour le plus grand bonheur des passagers.

Essai - BMW Serie 7 : bienheureux Chinois, pauvres de nous !
Essai - BMW Serie 7 : bienheureux Chinois, pauvres de nous !
Résultat : une automobile dans laquelle, surtout pour qui choisit l’aménagement arrière à deux sièges individuels 100 % réglables, l’on se trouve si divinement installé que l’on caresse malgré soi l’idée (un peu saugrenue) de laisser à jamais le volant au préposé à la question.

Même un sujet de grande taille devra tendre les jambes pour effleurer, du bout du pied, le cuir du dossier du siège avant. Et se plonger dans ses contrats pour ne pas céder à la tentation de profiter des écrans multimédias pour se distraire d’une toile. La suspension pneumatique arrière, de série, assure un confort inébranlable, même par-dessus les ornières dont sont crevées les chaussées russes sur lesquelles nous avons eu le privilège d’essayer ce carrosse.
Essai - BMW Serie 7 : bienheureux Chinois, pauvres de nous !
A ce propos, il serait parfaitement navrant de laisser pareille machine entre les mains d’un salarié ! Ouste là ! Donnons congé au chauffeur, ce petit veinard. A son poste, l’ergonomie est simplement parfaite. Toutes les commandes tombent sous vos doigts aristocratiques, comme si la voiture vous appartenait naturellement depuis l’éternité. Réglages électriques des sièges et du volant permettront à tout un chacun de trouver sa position idéale, appuis lombaires et latéraux compris, et bien entendu, de la mémoriser.Même si l’étude de l’intégralité des fonctions réglages et équipements disponibles peut prendre du temps pour qui voudra en maîtriser toutes les subtilités, la prise en main de la Série 7 est d’une simplicité biblique. La (grosse) clé dans votre poche, appuyez sur le bouton de démarrage du moteur, placez le levier de la boîte automatique à huit rapports sur Drive, et en route. La 750 Li démarre et enchaîne les rapports dans un silence qui a une densité particulière et d’ailleurs attachante : vous ne circulez pas en tapis volant, dans un cocon, mais à bord d’une automobile, dont on perçoit encore le moteur et les roues, et qui communique des sensations de vitesse. Important, car les 449 chevaux du moteur vous expédient à 100 km/h en moins de cinq secondes, valeur qui vous permettrait de vous aligner au feu avec une Porsche Boxster, le jour où la mouche vous pique. La 750 Li abat le kilomètre départ arrêté en moins de 23 secondes, valeur là encore digne d’une authentique sportive.