Conçue pour succéder à légendaire 250 GTO, la Ferrari "Berlinetta Le Mans" se vit refuser son homologation en Grand Tourisme par la CSI. Condamnée dès lors à un simple rôle de figurante face aux "vrais" voitures de Sport, elle fut totalement délaissée, presque méprisée par Enzo Ferrari. Pas rancunière, la LM lui offrit tout de même sa 9e victoire au Mans.

En 1963, tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes pour Ferrari. En plus d'un nouveau triomphe au Mans, la Scuderia vient de rafler les deux couronnes mondiales en Sport avec la 250 P et en GT avec la sublime 250 GTO. La sérénité est de mise, mais il est hors de question que la marque s'endorme sur ses lauriers, d'autant que Ford a levé le voile sur le programme GT 40, une berlinette animée par un puissant V8 disposé en position centrale. L'appellation GT inquiète Enzo Ferrari et il pressent que cette rivale moderne peut se révéler une redoutable concurrente pour ses traditionnelles GT à moteur avant.

Il réagit très vite et décide de construire à son tour une GT à moteur central : la 250 LM.

Vite fait, bien fait !

Lancé au printemps 1963, le projet est mené tambour battant et la 250 LM (250 pour la cylindrée unitaire et LM pour Le Mans) est présentée en septembre dans la cour de l'usine de Maranello. Véritable version Berlinette du prototype 250 P, la LM ne se contente pas d'afficher un air de famille plus que prononcé avec celle-ci. Elle en est étroitement dérivée, ce qui explique la rapidité d'exécution du programme. Construite autour du même châssis multitubulaire, elle conserve le même empattement et reprend des suspensions très proches. C'est le pavillon de toit qui constitue la plus grande innovation. Le toit se prolonge vers la poupe et dissimule une lunette arrière verticale. L'essentiel de la ligne de la 250 P est préservé avec des montants arrière du toit reproduisant à peu près fidèlement l'aileron/arceau du spider, un capot avant plongeant et un capot moteur très fin entre les imposants passages de roues. Le dessin porte la signature de Pininfarina, tandis que la carrosserie en aluminium est façonnée chez Scaglietti. Côté mécanique, la première LM reçoit le V12 "Colombo" 3 litres de 300 ch, mais les 31 autres voitures produites seront dotées du 275 (3286 cm3), mais conserveront tout de même leur appellation 250.

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