Fille de l’impératrice de Turin et du magicien de Maranello, la Dino est promise au plus heureux des destins. Habillée par deux des plus illustres carrossiers du moment, sa silhouette sensuelle et galbée fait chavirer tous les cœurs lors de son baptême à Turin. Malheureusement, quand les derniers feux du bal s’estompent, on s’aperçoit bien vite que la belle n’est qu’une sportive de salon.

Fiançailles à l’italienne

Véritablement possédé par l’esprit de la course, Enzo Ferrari refuse d’être un constructeur comme les autres. Il n’accepte que le seul verdict de la compétition et sa Scuderia se doit d’être présente sur tous les fronts. Un dynamisme unique mais une stratégie dispendieuse qui le contraint à se trouver un partenaire.

Après la rupture des négociations avec Ford, le Commendatore se laisse courtiser par Fiat à l’aube de l’année 1965. Après un long "flirt" discret commencé en 1956, les deux marques décident cette fois d’officialiser cette liaison. Plus de raison que de passion cependant dans ces "fiançailles à l’italienne". Ferrari, désireux d’homologuer son moteur V6 pour la future formule 2 (celui-ci doit être dérivé d’un modèle construit à 500 exemplaires en douze mois), a besoin d’une alliance avec un industriel pouvant aisément répondre à cette attente. Fiat qui, de son côté, souhaite renouveler son haut de gamme, y voit l’opportunité de redorer son blason. Aux termes du contrat, les rôles sont clairement définis : Ferrari apporte un moteur (le V6 Dino), Fiat se charge de l’adapter à un châssis tandis que Pininfarina dessine le futur spider. Tout va alors très vite. Trop vite ! Si la ligne galbée et sensuelle du spider fait l’unanimité, les trop courts délais imposent des solutions techniques dépassées (pont arrière rigide et suspension à ressort à lames). Séduite par la sonorité mélodieuse du moteur, sa souplesse et ses montées en régime, la presse spécialisée ne se prive pas, en revanche, de critiquer sa tenue de route.

Le coupé – carrossé cette fois par Bertone – qui apparaît six mois plus tard ne va pas améliorer l’image de la Fiat Dino. Elégant mais jugé beaucoup trop sage et peu sportif, il souffre aussi d’un poids plus élevé qui accentue les failles de son comportement. Fiat et Ferrari, qui viennent de resserrer leurs liens en 1969, vont tenter de remédier aux problèmes.

Mauvaise réputation

La cylindrée passe alors de 2 l à 2,4 l, la puissance augmente de 20 ch et une suspension à roues indépendantes est montée à l’arrière. Les Fiat Dino, transfigurées, ne sont toutefois pas devenues de véritables sportives mais elles méritent enfin leur appellation de Grand Tourisme.

Malheureusement, souffrant à jamais de la mauvaise réputation liée à l’échec des premiers modèles ainsi qu’au caractère trop "roturier" du blason Fiat, les ventes ne décollent pas. Dans la plus grande discrétion, le coupé est le premier à tirer sa révérence en 1972, suivi deux ans plus tard du spider.

Carte d’identité

• Moteur : 6 cylindres en V

• Cylindrée : 1 986 cm3 et 2 417 cm3

• Puissance : 160 et 180 ch

• Vitesse maxi : 205 et 215 km/h

• Production : 6 068 coupés et 1 183 spiders

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