Pratique avec sa benne pouvant accueillir plus d'une tonne et ses capacités à tracter de lourdes charges, le Ford Ranger Wildtrak semble être une fantastique bête de somme. Mais peut-on utiliser ce gros pick-up au quotidien, en ville, partir en week-end et sortir des sentiers battus ? Ce sont les questions ô combien capitales auxquelles nous avons tenté de répondre en réalisant un essai d'une semaine.

Ford Ranger Wildtrak au quotidien : jour 4, départ en week-end
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Peut-on partir en vacances avec un Ford Ranger Wildtrak ? C'est une excellente question qui en pose en fait beaucoup d'autres sur les thèmes du confort, de la consommation, de l'habitabilité et de la sécurité. Surtout de la sécurité d'ailleurs. Si vous prévoyez d'emmener votre petite famille chérie sur de longs trajets, autant que ça ne soit pas dans un tombeau roulant. Or, dans ce domaine, les pick-up sont loin, très loin d'être des références de par leur conception, surtout en choc frontal. En 2008, l'ancien Ranger n'avait ainsi décroché aux tests EuroNCAP que deux étoiles pour les passagers adultes, trois pour les enfants et deux pour le choc piéton. Pas terrible. Mais la nouvelle génération a fait un véritable bond à ce niveau, en devenant le premier pick-up, et le seul à ce jour, à décrocher 5 étoiles, avec 96 % pour les adultes, 86 % pour les enfants, 81 % pour les piétons et 71 % pour les aides à la conduite. À titre de comparaison, ses concurrents obtiennent 4 étoiles avec respectivement 83, 67, 51 et 71 % pour l'Isuzu D-Max et 86, 64, 47 et 57 % pour le Volkswagen Amarok. On se rappelle aussi du score de 0 étoile infligé en premier lieu au Nissan Navara en 2008 avant qu'une mise à jour bienvenue lui permette de s'en adjuger trois.

Nous vous présentons nos excuses pour la piètre qualité du son du commentaire suite à un problème technique.
Pour atteindre un tel score, Ford n'a pas lésiné sur les airbags en en offrant pas moins de sept au Ranger : frontaux et latéraux pour les occupants du premier rang, rideaux pour tout le monde et un dernier pour les genoux du conducteur. Vous pouvez aussi compter sur l'électronique pour rester sur la route avec ABS, antipatinage, ESP, aide au démarrage en côte, contrôle adaptatif de la charge, assistance au freinage d'urgence et contrôle du roulis de la remorque. La panoplie complète.

Puisqu'on parle de cette dernière, abordons maintenant le sujet de la capacité de chargement. Avec la version double cabine, on dispose d'un volume de 1,2 m3 à hauteur de ridelle. Mais évidemment, c'est à l'air libre, pick-up oblige. Heureusement, mon Wildtrak est équipé d'un rideau de benne rigide en aluminium qui la recouvre entièrement, une option à 1 672,24 €. Malgré le prix salé, il présente deux défauts : il mange une partie de la benne sous la vitre arrière et surtout... il est cassé sur notre modèle d'essai : il ne se verrouille pas et se rouvre au premier freinage, même léger. Ne transportant rien qui puisse résister aux intempéries à part une poussette, je me retrouve donc avec zéro coffre à devoir jouer à Tetris pour tout faire rentrer dans l'habitacle alors que je m'imaginais tout jeter dans la benne sans réfléchir. C'est rageant. Après une petite recherche sur internet et notamment les forums de propriétaires australiens, il semblerait que ce soit une faiblesse connue. À la décharge de Ford, c'est un accessoire qui n'a pas été développé par eux et ce Wildtrak a subi précédemment les assauts de nombreux journalistes sans scrupule. Retenez qu'un mois en parc presse équivaut à un an en utilisation normale et vous n'êtes pas loin de la vérité.

Sachez aussi pour information que le Ford Ranger peut être équipé en option d'un crochet d'attelage avec connecteur 13 broches lui permettant de tracter une remorque freinée pouvant peser jusqu'à 3 350 kg.

Ford Ranger Wildtrak au quotidien : jour 4, départ en week-end
Ford Ranger Wildtrak au quotidien : jour 4, départ en week-end
Ford Ranger Wildtrak au quotidien : jour 4, départ en week-end

Tout ça c'est bien joli, mais en l'absence totale de coffre, je dois maintenant caser à l'intérieur l'ensemble des bagages, à commencer par le siège bébé de Junior, qui doit encore être installé dos à la route. Cette disposition pose régulièrement problème, son dossier venant souvent heurter celui du passager avant (vous rigolez, mais j'ai dû renoncer à un week-end en Honda CR-Z à cause de ça) et avec les banquettes arrière de pick-up double cabine généralement peu généreuses et au dossier très vertical, j'étais en droit de m'inquiéter. Au final, le Bébé Confort Opal, un des rares sièges bébé à pouvoir être monté face et dos à la route, rentre parfaitement en avançant un peu le siège passager. Avantage d'un véhicule surélevé : pas besoin de se casser le dos en plus pour l'installer. Et grâce à la vitre arrière horizontale juste devant son nez et l'appuie-tête enlevé, Junior profite d'une vue imprenable sur d'où l'on vient et peut faire des sourires de toutes ses six dents aux autres voitures.

C'est bon, on peut partir maintenant ? Dès les premiers kilomètres, le Ford Ranger Wildtrak frappe par son silence : le moteur se fait complètement oublier, les bruits de roulement sont au minimum, couverts par ceux de l'air probablement au niveau des très larges rétroviseurs mais restant tout à fait acceptables pour un tel véhicule. Les suspensions offrent un très bon compromis entre fermeté et souplesse à une seule exception : sur l'A6 au niveau de Ris-Orangis, là où le bitume est particulièrement dégradé, elles ne parviennent pas à absorber la fréquence des imperfections, d'où d'étranges mouvements de caisse. Mais comme cette portion est en cours de réfection, ce défaut tenant du détail sera bientôt oublié. En ajoutant la très bonne position de conduite grâce au siège réglable électriquement en tous sens, son GPS (même si un écran un peu plus grand que 5 pouces n'aurait pas été de refus) et son système audio comprenant quatre haut-parleurs et deux tweeters avec commande au volant, ce Ranger continue d'être étonnant en se révélant aussi une routière tout à fait confortable.
Ford Ranger Wildtrak au quotidien : jour 4, départ en week-end
Terminons cette nouvelle journée par un point sur la consommation. Après précisément 972 km d'autoroute avalés dans le week-end en majorité à 130 km/h au régulateur, la consommation s'est élevée à 10,7 l/100 km. En cumulant la semaine d'essai sur toute sa longueur, j'ai parcouru exactement 1 516 km à son volant mélangeant tous les profils de route, avec une consommation moyenne de 12,22 l/100 km. Ford de son côté annonce 10,4 l/100 km de moyenne, dont 13,1 l en ville et 8,9 l/100 km en extra-urbain. 2,1 tonnes, une boîte automatique et un profil de Tetrapack, ça ne pardonne pas.

Pour le cinquième et ultime épisode, terminé le bitume, on plonge le Ford Ranger dans la boue. Jusqu'au toit. Comment se comportera-t-il sur les reliefs les plus escarpés ? Vous le saurez demain.

Épisode suivant :

Twitter : @PierreDdeG