Forza 6, le fils prodige de la Xbox One


Forza 6 c'est bien simple, on approche de la perfection dans le genre. Je précise bien « dans le genre » car ceux qui préfèrent une simulation ultra punitive, ou les jeux de rallye ou encore les simulateur de voilier au grand large ne vont pas y trouver ce qu'ils cherchent. Il y a aussi ceux qui ont malheureusement acheté une autre console que la Xbox One et peuvent faire preuve de mauvaise foi.


Bref ceux qui ne peuvent pas y jouer peuvent se montrer difficile, les autres vont se régaler comme jamais.



Forza Motorsport 6 : le test sur Xbox One


Réalisation technique sans faille


Forza 6 surpasse techniquement tous les jeux automobiles sur console. Affiché en définition maximale et en soixante image par seconde, les pros de l'oscilloscope ont sorti leurs instruments de mesure (ici en anglais) et le résultat est que ça ne rame pas. Jamais. Même à 24 joueurs sous la pluie au premier virage. De temps à autre, aussi souvent qu'une année comporte un 29 février, on peu avoir une micro saccade mais sinon le jeu est une véritable démonstration de savoir faire technique de la part de Turn10, l'entité de Microsoft en charge du jeu.


Bien entendu rien n'est jamais parfait et un pc de combat ferait mieux, mais sur console c'est du jamais vu, le jeu est absolument superbe, les intérieurs beaux comme jamais et cela sans contrepartie très visible.


Côté voitures c'est d'ailleurs encore plus beau que Forza 5 car la lumière sur les carrosserie et le contraster entre le tableau de bord et l'extérieur a été diminué pour faciliter la lecture, un peu comme dans les photos de type HDR on peut toujours lire le cockpit même le soleil dans les yeux, un accroc au réalisme pour continuer de piloter aux instruments et répliquer la plus grande versatilité de nos yeux ? Peut être, en tout cas le résultat est plus qu'appréciable.



Forza Motorsport 6 : le test sur Xbox One


Forza 6 contient l'intégralité des jeux concurrent plus Forza 5


Bon, là on a droit à un intertitre un peu racoleur. Mais devant l'absence de concurrents sérieux sur les consoles de dernière génération cet effet de style me semble véridique si l'on compte les voitures, un peu exagéré si l'on compte les circuits.


Coté circuits Forza 6 en annonce 26 (liste des circuits de Forza 6) et n'hésite pas à les décliner dans plusieurs formats comme toujours. Si la crème de la crème était déjà présente dont Spa et le Nürburgring, on peut noter l'arrivée séduisante de Brands Hatch que j'adore, dans plusieurs versions. Ceux qui suivent le sport auto américain remarqueront Watkins Glen et le Daytona International Speedway (absent de Forza 5 mais déjà présent dans Forza 4) et un nouveau circuit fictif dans la ville de Rio, circuit aux abords hyper coloré.


Petit plaisir de gourmets on notera que le Nürburgring GP et la Nordschleife peuvent enfin se parcourir interconnectés (la version GP étant tronquée de deux fois deux virages du coup) comme pendant les 24h VLN et d'autres épreuves mythiques et ça ça veut dire beaucoup pour nous.



Forza Motorsport 6 : le test sur Xbox One


Le plus beau garage du monde, chez vous


Côté voitures c'est simple, aucun jeu ne lui arrive à la cheville. Pour la modélisation seul Project Cars joue dans la même catégorie mais quand vient le décompte on parle ici de plus de 450 (liste des voitures de Forza 6) véhicules. Et là c'est le KO technique. Et attention, ce ne sont pas d'interminables liste de variation de la même auto, non.


On parle bien ici de centaines de voitures modélisées dans les moindres détails, que l'on peut photographier sous tous les angles, que l'on peut ouvrir, observer, dont on peut entendre l'histoire dans le mode Forzavista et ce pour toutes les autos. Le son de chacune a été enregistré, les parties mobiles sont mobiles, etc.


A ce niveau là c'est déjà l'orgie et ceux qui adorent l'aspect collectionnite sont déjà aux anges.


Rajoutez à cela deux petit plaisirs que seul Forza distille aussi facilement d'un coup de bouton A : les livrées, sorte d'habillage esthétique que l'on peut récupérer avec les voitures dès leur achat ou dans votre garage. Des centaines d'amateurs se relaient pour vous offrir les livrées historiques ou des idées originales pour votre voiture. Vous venez d'acheter une Audi Quattro ? Croyez moi vous allez hésiter longtemps pour savoir si vous préférez la laisser rouge ou lui appliquer la livrée de Michèle Mouton ou du record de Pikes Peak (les livrées sont importables depuis Forza 5).




Le second plaisir c'est la modification technique des voitures. Dans Forza on aime le swap moteur / transmission sans limites autres que de rester dans la même marque. Ce pick-up Ford n'avance pas assez à votre goût ? Et si je jetai un v8 de course sous le capot de ce pick-up poussif en passant la voiture en propulsion ? Et cette vieille et sublime Ferrari ne serait-elle pas classe pour les courses online entre amis si je lui rajoutais le moteur de la F458 et sa transmission diabolique ? (les réglages sont importables depuis Forza 5).


On frise ici le grand n'importe quoi et si l'on a déjà occis l'hérétique qui débarque dans nos rendez vous multijoueur en ligne avec une Honda S2000 à turbo il faut avouer qu'une certaine vieille Datsun 510 bien modifiée avec des dessous de Skyline R34 GTR et une puissance à quatre chiffres a longtemps amusé la camaraderie. Franches rigolades garanties quand le méticuleux de la bande a enfin fini trois soirées de mise au point d'une F40 type LM qui envoie du bois et se fait dépasser dans un nuage de fumée par un de ces parpaings qui trajecte le virage par la fenêtre dans une fumée digne d'une locomotive à vapeur. Mais dieu a bien fait les choses et la 510 finira sans doute sa trajectoire d'expert dans mur de pneus qui s'envoleront tels un feu d'artifice en l'honneur de super-parpaing. C'est ça aussi Forza, le LSD du jeu automobile. D'ailleurs on peut modifier les DGL je vous l'ai dit ?


Plaisir de jeu illimité


Un jeu comme Forza 6 c'est à la fois le nirvana pour le joueur et un véritable non sens économique tant on pourrait partir sur une ile déserte avec Forza 6 et s'amuser dix ans dessus.


La carrière solo est déjà énorme, il faudrait soixante dix heures pour la finir. Les épreuves sont classiques pour ne pas dire monotones, sont coupées par de petites invitations spéciales à des évènements autos originaux, vous font découvrir toutes les autos et tous les circuits et ainsi va la vie dans les 5 catégories proposées (super street, sport icons, grand touring, professionnal racing, ultimate motorsport) elles mêmes sous-découpées suivant le type d'autos qui peuvent y participer.


Ajoutez à cela l'absence de micro-paiements pour booster la carrière, les petits défis, les cartes de mods qui permettent une amélioration temporaire ou un challenge à réaliser à la prochaine course pour gagner plus et enfin une loterie à chaque montée de niveau qui vous récompense en argent ou directement en véhicules.


Ça c'est le quart solo du jeu. Ensuite on mets les doigts dans l'ouverture au multijoueur et là...



Forza Motorsport 6 : le test sur Xbox One


Et là tout est possible. Évènements temporaires organisés par Turn 10 avec récompenses à la clef, défis asynchrones que l'on se lance entre amis et dans le club avec le mode rival, la meilleure invention depuis les toasts qui ne se cassent plus quand on les beurre. Et qui n'existent pas d'ailleurs.


Courses d'endurance avec deux améliorations qu'on peut ne pas remarquer mais qui ont ici leur importance. Le passage aux stands répare enfin l'aéro des voitures, fini les courses au Mans gâchées au premier virage par un spoiler oublié dans le moteur de votre pire ennemi. Après un passage au stand et un savon de votre concurrent par micros interposés on remets les autos en piste comme neuves - imaginez une seconde les courses de F1 avec les pilotes qui papotent tous sur un seul canal, Bernie sort le chéquier j'ai une idée ! - et surtout la consommation devient enfin réaliste et il faudra surveiller votre réservoir. Enfin !


La conduite est comme toujours un savant mix de simulation, d'accessibilité (le jeu est jouable par un débutant avec toutes les aides + l'auto freinage) et de subtilité en mode simulation tout désactivé. Comme toujours au pad le jeu est un vrai plaisir où l'on peut rouler propre et vite ou large et généreux.


Le sous-virage punitif est là pour vous rappeler que Forza est une simulation et qu'il faut freiner lourdement votre bolide, l'inscrire en courbe en pratiquant un peu de freinage dégressif puis doser la sortie de virage pour ne pas jouer au derviche tourneur. Le survirage est dosable comme jamais avec le pad de la Xbox One qui a gagné en précision sur la génération précédente et les vibreurs dans les gâchettes qui rajoutent un peu d'immersion à un tableau déjà agréable.


Les défis, les modes, les nouveautés, les courses en ligne entièrement éditables, privées ou ouvertes, les défis à heure fixe qu'il faut vite maitriser, et des dizaines d'autres détails que j'ai surement oublié en plus des modes un peu alternatifs de drift, dragster, mode zombie, etc.


Le mode rival contre une star du moment ? Romain GrosJean et Phil Spencer sur le circuit de Spa dans la F1 Lotus, pas forcément la voiture la plus agréable à rouler car très violente et rapide, mais quel défi ! Le fantôme du meilleur tour que vous suivez n'est autre qu'un pilote de F1 ! Les détails sur forzamotorsport.fr ou dans le mode rival de votre Forza 6.


(défiez Romain Grosjean c'est pas tous les jours que ça arrive, non ?)



Plaisir de jeu renouvelé sous la pluie et de nuit


Attention ici c'est le malabar bi goût car Forza a décidé de rajouter de la pluie et de la nuit à ses circuits.


Hourra, champagne qui coule à flot, bonbons à la fraise pour tout le monde, c'est la joie dans les chaumières mais vous connaissez déjà la suite. Déjà la nuit et la pluie ne sont pas dispo pour toutes les pistes. Le détail des circuits qui ont droit à l'un ou à l'autre est disponible sur notre forum circuit par circuit et condition par condition : liste des circuits et météo.



Forza Motorsport 6 : le test sur Xbox One


Officiellement on nous explique que la nuit a été mise sur des circuits connus pour leurs épreuves de nuit et la pluie sur des pistes qui, idem, sont réputées pour cela. De plus chacune de ces conditions de course n'a pas été ajoutée comme ça dans la cave par un développeur mais bien en allant sur la piste constater ce que ces conditions changent, la visibilité de nuit, où les flaques se forment, etc.


Ok, mais pour les endurances et le plaisir, une météo variable comme un cycle couché / lever de soleil, ça aurait été sympa quand même. Ce sera le seul défaut de Forza 6 à mon goût, peut être avec l'absence de tout scénario dans la carrière solo.




Mais du coup c'est comment ? Eh bien pour la nuit vos repères s'envolent aussi vite que l'impression de rouler dans une bulle de lumière vous prend à la gorge. C'est un véritable challenge de rouler aussi vite de nuit pendant une course serrée, c'est vraiment une expérience intense.


Côté pluie c'est plus une histoire de coup de volant et de connaissance de la piste. Tant que l'on roule propre et que l'on évite les flaques tout va bien, il faut juste gérer des distances de freinage et des ré-accélérations nettement différentes. Par contre mettez les roues dans une flaque à 150km/h et la sanction sera immédiate, aqua-planning brutal, décrochage de la voiture qui part du côté en appui voire coup de volant si vous ne mettez qu'un côté dans la flaque. A ce moment il faudra corriger vite l'équilibre de l'auto et prier pour que le mètre de marge que vous conserviez suffira à gérer votre glissade sans finir dans l'herbe mouillée qui glisse autant que du verglas à ces vitesses là.


La nuit ? Oppressante et immersive. La pluie ? Violente et géniale à maîtriser. Mais vous serez aussi très content de faire des courses sur le sec, quasiment pour vous reposer.


Forza 6 est une réussite majeure


On ne va pas se mentir. A chaque nouvel épisode de Forza c'est l'orgasme. Les services généraux déposent le courrier sur mon bureau, j'ouvre l'enveloppe, je vois « Forza 6 » et là je suis pris du même rire que Wolfgang dans Amadeus. Je bondis sur ma veste, je poste six mois de RTT (sur un malentendu si ça passe...) et je continue de ricaner au vent en filant comme l'éclair chez moi déguster ça avec un volant.


Cet épisode est réussi, superbe à piloter, bourré de contenu et de modes de jeu en ligne ou solo.


Maintenant si vous n'avez jamais accroché à la série, vous n'y accrocherez pas plus aujourd'hui. Il existe quelques jeux (encore) plus exigeants sur la conduite et si c'est ce que vous aimez, prenez Project Cars qui va un cran plus loin dans la difficulté pour les plus chevronnés (et prenez le sur PC du coup). Si vous aimez les simulations où l'on peut rouler un (petit) cran au dessus de la réalité, si vous aimez vous faire plaisir, modifier les voitures à l'infini, charger facilement des livrées et réglages d'autres joueurs, relever des défis divers au milieu de votre salon avec vos amis, des pilotes stars invités pour l'occasion ou des inconnus du même niveau que vous c'est Forza 6 qu'il vous faut.



Forza Motorsport 6 : le test sur Xbox One


Clairement pour 95 ou 99% des joueurs de simulation automobile, du débutant à l'expert, c'est le jeu le mieux fini, le plus complet, le plus beau, le plus jouissif. Et il revient plus beau, plus fort, plus complet et plus intéressant que jamais. Le jeu est disponible depuis ce vendredi 18 septembre 2015, exclusivement sur Xbox One. Si vous aviez déjà joué aux versions précédentes, vous recevrez toute sorte de bonus au lancement du jeu, ainsi que des autos dans des livrées spécifiques pour récompenser votre assiduité comme c'est devenu la règle dans Forza.


Vivement les journées de 48h, que l'on puisse jouer encore plus longtemps à Forza 6 !


@MasterLudo



Forza Motorsport 6 : le test sur Xbox One