La patronne Mary Barra l'a entendu de la part de la sénatrice républicaine du New Hampshire Kelly Ayotte au second jour de son audition devant les parlementaires américains : « pour moi, ce n'est rien d'autre que criminel. C'est un aveuglement criminel ». Une violente charge qui n'a pas été freinée par un camp démocrate représenté par le sénateur du Connecticut, Richard Blumenthal : « plus j'écoute et plus je regarde ces documents, plus je suis convaincu que GM s'expose à des poursuites pénales » a-t-il glissé en faisant état de courriers internes du groupe montrant que ce dernier était bien au courant du problème de commutateur qui vaut à la GM tant de déboires.


Le même élu a réclamé la création d'un fonds pour les victimes tandis que l'opinion générale commence à se convaincre que le constructeur avait mis en place une « culture de la dissimulation ». Qui continuerait puisque les autorités regrettent qu'aucun responsable n'ait été encore désigné en interne ni sanctionné, alors que pendant dix ans, la marque a écoulé des millions de véhicules avec une pièce défectueuse.


Enfin, les politiques américains ont aussi de la mémoire. En 2009, la General Motors était en état de mort clinique et c'est l'Etat fédéral qui est venu à son secours pour lui permettre de survivre. Un déroulé qui n'a pas échappé au département de la Justice qui a lancé une enquête criminelle sur « l'illégalité flagrante des dissimulations de GM » alors que les parlementaires ont fait savoir que « compte tenu du rôle crucial que le gouvernement des Etats-Unis a joué dans la création de l'actuel General Motors, le gouvernement fédéral a l'obligation morale, si ce n'est légale, de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger des consommateurs innocents.» 


Conclusion ? « Les dissimulations délibérées de la General Motors ont causé la mort, des dommages, et constituent une fraude auprès du tribunal des faillites qui a approuvé la restructuration ». Le constructeur automobile a ainsi « déçu de manière criminelle le gouvernement des Etats-Unis et le public ». Un terme « criminel » décidément largement mis en avant et une ambiance générale de défiance et de rancoeur qui n'augure pas une sortie de crise favorable pour le blason.