Première petite berline sportive, la R8 Gordini offrait des performances étonnantes pour l'époque. Spartiate, mais bon marché, efficace et exigeante à la fois, elle fait vibrer toute une génération d'amateurs de conduite sportive.

A l'origine, rien ne laisse supposer un tel destin pour cette petite familiale taillée comme un cube. Appartenant à la grande famille des propulsions de la Régie (4 CV, Dauphine), la R8 lancée en 1962 s'est faite un peu plus confortable et spacieuse que ses aînées. Si elle se veut moderne, avec ses quatre freine à disque, elle offre des performances plutôt modestes. Le lancement de la Major animée par un moteur 1100 cm3 marque une étape importante dans sa carrière. Plus tonique, elle séduit une clientèle plus jeune et offre des capacités de développement qui n'ont pas échappé à Amédée Gordini

Gordini double la mise

Renonçant à la compétition faute de moyens en 1958, Amédée Gordini a démarré une étroite collaboration avec Renault avec des Dauphine "musclées". En1963, celui que tous ont surnommé affectueusement "le Sorcier" prépare la succession de ces Dauphine. Le secret est bien gardé et ce n'est qu’à la veille du salon de Paris 1964, que le grand public découvre la R8 Gordini, agressive avec sa robe "bleu France". Rehaussée de deux bandes blanches, elle respire la santé: la puissance de son quatre cylindres a pratiquement doublé (passant de 45 à 95 ch), la caisse est abaissée. Ainsi métamorphosée, la R8 est devenue une vraie sportive, capable d'avaler le kilomètre départ arrêté en moins de 35 secondes et d’atteindre 170 km/h, alors que la DS 19 plafonne à 155 km/h. Phénomène de mode

II y eut pourtant un décalage entre son lancement et sa rencontre passionnelle avec le public. Le lancement de la version 1300 en 1966, liée à la naissance de la fameuse Coupe Gordini va lui apporter une immense popularité. Reconnaissable à sa calandre à quatre phares, la 1300 arrive à point nommé. Matra et Alpine redonnent le goût de la victoire au public français et la "Gord" fait rêver aussi bien sur les pistes que garée au bord d'un trottoir. Sa notoriété dépasse le simple cercle des passionnés. Tout ce qui va vite se voit affubler du label Godrini dans les conversations et même les sages Renault. familiales, "virent au bleu" et se "gordinisent" avec une panoplie d'accessoires, pas toujours du meilleur goût. Et puis en 1970, la belle mécanique se grippe. Renault ne jure plus que par les tractions avant et la "Gord" quitte la scène pendant l'été. La R12 Gordini lui succède, mais elle ne la remplacera jamais dans les coeurs.

Forum :

Lire aussi :