Petit à petit, le blocage du réseau pétrolier français semble se déserrer : hier soir, après une journée très difficile durant laquelle près de 5 000 camions-citerne ont ratissé la France pour alimenter les stations-service, seules 25% d'entre elles étaient à sec ou manquaient d'un carburant, contre 75% en fin de semaine dernière. Mais l'élément le plus symbolique est sans aucun doute la fin de la grève dans trois des douze raffineries françaises, le véritable cœur du mouvement dans lequel résidait l'espoir (ou la crainte) d'un conflit longue durée une fois épuisés les stocks des dépôts de carburant, tous libérés soit par les forces de l'ordre soit par les salariés eux-même reprenant le travail.

Les grèves, un préjudice financier et moral selon Christine Lagarde

Pressée d'en finir au plus vite et même si les syndicats, loin de s'avouer battus, prévoient deux nouvelles journées d'action le jeudi 28 octobre et le samedi 6 novembre, Christine Lagarde, la Ministre de l'Economie, ne s'est pas faite prier pour dégainer sa calculette afin déterminer le coût journalier de la grève contre la réforme des retraites. Elle en a livré les résultats hier à l'antenne d'Europe : il serait de 200 à 400 millions d'euros par jour. Et d'agiter à nouveau le spectre de la crise : «  On est sorti de la crise dans des conditions plutôt bonnes et il ne faut pas aujourd'hui peser sur cette reprise avec des mouvements qui sont douloureux pour l'économie française, très douloureux pour un certain nombre de PME » a-t-elle ajouté, soutenu par François Baroin, son homologue du Budget, qui poursuit « Ça commence à coûter cher, c'est une crise dont la France n'a pas les moyens de se payer le luxe ». Les secteurs les plus touchés par le manque de pétrole, comme matière première ou comme carburant, seraient l'industrie chimique, les agriculteurs et les travaux publics.

Mais les conséquences ne se limitent pas qu'aux finances selon Christine Lagarde, qui estime que ces grèves et les incidents en marge des manifestations ont entaché l'image de l'économie française à l'étranger, causant, selon ses mots, un véritable « préjudice moral ».

Des critiques balayées du dos de la main par les syndicats qui déclarent, par la voix de Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière : « Il faut envoyer la facture au président de la République, c'est lui qui est à l'origine de ça ».

Les automobilistes ont en tout cas déjà commencé à payer l'addition, puisque le prix moyen du carburant aurait augmenté de trois à huit centimes le litre depuis le début du conflit, selon le Ministère de l'Economie.

Où trouver de l'essence ? Répartis sur l'ensemble de la France, seuls vous, lecteurs de Caradisiac, disposez de la véritable information. N'hésitez pas à la partager sur Forum-Auto.com , premier forum automobile français avec ses 870 000 membres, où vous pourrez aussi trouver des informations sur les pénuries des stations-service près de chez vous .