En effet, dans l’immédiat après guerre, le sport automobile reste un "sport d’aristocrates" où le pilote possède plus aux yeux du public l’image d’un gentilhomme aisé que celle de "Monsieur tout le monde".

Tout avait commencé… en vélo

Jean Behra pourtant est l’une de ces exceptions. Issu d’une famille de commerçants, il est né le 16 février 1921 à Nice dans le même quartier où résidait le grand pilote René Dreyfus, il est très tôt animé par le virus de la compétition. Ayant obtenu son certificat d’études, il reçoit la traditionnelle récompense de l’époque une bicyclette, et peu après il remporte le championnat amateur des Alpes-Maritimes. Cependant, les courses cyclistes, si elles lui permettent d’assouvir son tempérament de gagneur ne nourrissent guère leur homme et Jean trouve du travail chez un marchand de cycles où il est chargé de préparer des cadres spéciaux destinés aux réunions locales. Mais bientôt, dans ce petit atelier où les vélos côtoient motos et vélomoteurs, Jean s’intéresse de plus en plus à la mécanique et en 1936. Il achète pour 35 francs son premier vélomoteur : un Monet-Goyon 125 cm3.

Il fait ses premières armes avec cette modeste monture qui à force de savants bricolages est devenue plus performante, mais pas encore assez cependant au goût de son pilote et quelques mois plus tard il revend la Monet-Goyon dix fois son prix d’achat ! pour une Terrot 100 cm3. Avec la Terrot, la période d’apprentissage est terminée et Jean signe, avec elle, trois victoires en course de côte dont la Turbie. L’escalade se poursuit les années suivantes avec tout d’abord une 175 cc, avec laquelle il connaît son premier accident : fracture de la jambe dans les rues de Nice, puis une 250 cc Magnat-Debon et enfin en 1939 une Monet-Goyon 350 cc ; malheureusement, la guerre allait mettre un terme à ces premiers succès car la Monet-Goyon se voit attribuer des taches beaucoup plus prioritaires et patriotiques par un ordre de réquisition. A la libération, Jean achète une ancienne Terrot 350 cc d’usine de 1938 et à son guidon il est vainqueur à Nice et à Saint-Cloud devant Georges Monneret qui pilote une Vélocette de l’année.

Grâce à ses deux succès qui lui permettent d’obtenir des machines plus performantes, le jeune niçois est "propulsé" au niveau national et il est couronné champion de France "motos" de 1946 à 1951.

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