En choisissant le Chrysler Voyager pour remplir la case monospace familial de son portefeuille Produit, Lancia n’a rien fait d’original ni de scandaleux puisque le Phedra auquel il succède était un engin commun avec PSA. Toutefois, contrairement à la Thema, c’est sans hypocrisie patronymique que cet immense voyageur venu d'ailleurs intègre la famille. Découvrons donc ce vaisseau familial d'Outre Atlantique qui, avec le Renault Espace, fut à l'origine du segment des monospaces il y a bien longtemps.

Essai - Lancia Voyager : plus mamma que Monica

Taux d'émission de CO2 et bonus/malus
de la version la plus écologique de : Lancia Voyager

207 g/km - Malus : 8 000 €

Début de commercialisation du modèle :
Lancia Voyager

Octobre 2011

On l’a vu la semaine dernière, il a fallu attendre la fin du discours marketing officiel qui cherchait à nous vendre la Thema comme une auto italienne pour que les responsables commencent à parler franchement. Avec le Voyager, l’ambiance est toute autre puisqu’en l’absence d’histoire de Lancia sur ce segment, les responsables ont choisi d’utiliser celle du Chrysler originel qui est clairement mis en avant pour évoquer ce nouveau modèle. Après 27 ans d’existence et 13 millions d’exemplaires vendus, Lancia se vante de proposer le « meilleur Voyager de tous les temps », un monospace familial mélangeant « l’expertise du voyage de Chrysler avec celle du plaisir de conduite de Lancia ». Dans les faits, cela se ressent nettement moins que dans la Thema.
Essai - Lancia Voyager : plus mamma que Monica

En effet, alors que les efforts pour améliorer la Thema se perçoivent rapidement à travers sa prestance extérieure et un habitacle flatteur, le Voyager est loin de proposer la même expérience sensorielle. Son gabarit de grosse camionnette (5.21m de long, 1.99m de large, 3.1m d’empattement et 1.75m de haut) n’a rien de transcendant alors que le soin apporté à l’habitacle n’est en rien comparable à celui qui a prévalu dans la Thema. Du coup, à bord, on ressent bien plus la « fast finition » à l’américaine que le « goût du Made in Italy » vanté dans les textes officiels. Les plastiques ne sont pas flatteurs ni à l’œil ni au toucher mais le Voyager à d’autres atouts, bien américain ceux là.


En effet, le segment des grands monospaces a subi de plein fouet les problématiques énergétiques (malus écolo, hausse du prix de l’essence) et les ventes se sont contractées au profit du segment inférieur. Pourtant, tout l’intérêt de la philosophie monospace réside dans ces grands véhicules qui permettent réellement de transporter jusqu’à 7 personnes tout en emportant leur bagages ce qui n’est jamais le cas sur le segment inférieur ! Sur ce plan là, le Voyager est irréprochable et offre toute la praticité attendue. Quant aux dames qui s’inquiéteraient déjà à l’idée de le manœuvrer en ville, le système ParkView avec camera de recul permet de se garer aisément.


L’espace à bord est en rapport avec son gabarit extérieur et même la troisième rangée de 3 sièges accueille parfaitement les passagers adultes normalement (bien) constitués. Le passage entre les fauteuils est aisé et avec ses 7 places de série, le coffre contient toujours 900l ! C’est là que l’on découvre l’intérêt d’un vrai monospace familial. Le système de repli des sièges dans le plancher sur les deuxième et troisième rangées (par ailleurs fractionnable 60/40) est d’une facilité déconcertante et outre le fait d’offrir un plancher plat, il augmente le volume de chargement à 2394l après avoir supprimé la 3eme rangée puis à 3912l une fois la deuxième rangée effacée. Lorsque les sièges sont en place, les coffres destinés à les accueillir font office de rangements volumineux qui s’ajoutent à tous les autres, on trouve aussi 3 prises 12V, le système Uconnect et son cortège de prises et de connexions (USB, Bluetooth, AUX, DDur de 30Go, écran tactile, commande vocale, GPS, lecteurs DVD). On notera entre autres le miroir panoramique qui permet d’observer d’un seul regard l’intégralité des places arrière (idéal pour surveiller les enfants sans se retourner) et la présence d’une petite lampe amovible situé dans le coffre qui devrait permettre de trouver le doudou au fond de la valise du fond lors des départs en pleine nuit. Les familles recomposées pourront partir en vacances sans nécessairement acheter un utilitaire, ni une remorque et encore moins un coffre de toit. Sauf peut-être si le nombre de filles est plus important que celui des garçons ….


Essai - Lancia Voyager : plus mamma que Monica