La flambée des prix du carburant changent les habitudes des automobilistes : en plus de réduire leur consommation à la pompe, les usagers commencent à bouder les autoroutes.
Face à la crise et à la baisse du pouvoir d'achat, les automobilistes et les motards réduisent un maximum leur consommation de carburant : le mois dernier, la consommation d'essence a baissé de -3,5% par rapport au mois de mars 2011. Cette baisse en continu a d'ailleurs provoqué une chute de -9,1% des livraisons de SP 95 et 98 et une diminution de -2,1% des livraisons de gazole. Mais les stations services ne sont pas les seules à constater une baisse d'activité.
D'après les sociétés Vinci et Eiffage, les usagers empruntent moins les autoroutes pour des questions de budget.
Les réseaux autoroutiers concédés à Vinci (Autoroutes du Sud de la France, Escota et Cofiroute) prévoient en effet une baisse du trafic en 2012 par rapport à 2011, « où là il avait augmenté de 0,6% ». D'après le patron de Vinci Xavier Huillard, cette prévision se base sur la baisse du trafic constatée depuis le début de l'année.
Même analyse pour Eiffage, qui a déjà noté une réduction de -0,5% du trafic sur ses autoroutes Paris-Rhin-Rhône. Pour être plus précis, la baisse s'élève à -0,2% pour les véhicules légers et -2,4% pour les poids lourds.
Le ralentissement du trafic en 2012 sera moins important que la baisse enregistrée en 2008
Malgré une tendance économique peu avenante, la diminution de l'activité autoroutière sera moins importante que celle enregistrée il y a quatre ans : en 2008, une baisse de -1,2% avait été relevée pour les véhicules légers (qui représentent 85% du trafic), et -2,4% pour les poids lourds. Il s'agissait de la première baisse du trafic autoroutier depuis 1980.
Si Vinci et Eiffage s'inquiètent pour le réseau autoroutier français, ils ne sont pas aussi mal en point que leurs homologues espagnols ou portugais, ayant pour leur part relevé un repli du trafic de l'ordre de -6% en 2011. De plus, les hausses des prix au péage opérées en février dernier (+2,4% pour Vinci Autoroutes et +2,6% pour Autoroutes Paris-Rhin-Rhône) permettront même d'afficher un chiffre d'affaires en légère augmentation.
Les automobilistes se serrent la ceinture et boudent l'autoroute... pendant que Vinci et Eiffage gagnent encore plus d'argent. Le monde à l'envers n'est-ce pas.