En effet, après désormais quelques années de recul, on constate que les ventes de véhicules électriques chutent là où les incitations fiscales à l'achat sont les plus importantes, comme c'est le cas notamment en France mais aussi au Royaume Uni. Le développement de ces autos a coûté des milliards d'euros aux constructeurs qui se sont lancés en pensant que l'on basculerait un peu plus vite vers ce type de motorisation alternative au pétrole mais à ce jour, les ventes ne représentent que 1 % du marché global.


Si l'on met de côté la Norvège qui possède un positionnement particulier (pays 100 % dépendant des exportations de pétrole, production d'électricité 100 % renouvelable, pas d'industrie automobile, petit pays de 5 millions d'habitants dont une grande partie concentrée géographiquement), les analystes commencent à pointer du doigt le fait que les incitations fiscales à l'achat ne sont que de faible impact sur les ventes et qu'elles pourraient même être contre-productives comme le montre la hausse des ventes de voitures électriques en Hollande et en Californie où les aides sont bien moindres. Au Royaume Uni, le gouvernement a annoncé qu'une enveloppe de 500 millions de £ serait dédiée à l'aide à l'achat de voitures « propres » entre 2015 et 2020, dont 200 millions rien que pour financer une aide de 5 000 £ à déduire du prix de la voiture. Dans le même temps, les investissements dans les infrastructures nécessaires de recharge ne dépasseront pas 32 millions de £.


Au final, la problématique bien connue de la poule ou de l'œuf (voire du serpent qui se mord la queue) se pose à nouveau car ceux qui accusent le manque d'infrastructure de recharge comme frein au développement des ventes d'électriques se voient répondre par « ceux d'en face » que si l'on ne construit pas d'infrastructures, c'est parce que les électriques ne se vendent pas. D'une façon plus pragmatique, il suffit d'écouter les clients qui expliquent ne pas vouloir acheter de véhicules électriques pour 2 raisons essentielles : le manque d'autonomie et la lenteur de recharge (Messieurs les constructeurs au boulot) et le manque de zones de recharge batterie dans le pays qui oblige à anticiper un déplacement (et à le modifier) en fonction des chargeurs existants (les autorités, c'est quand vous voulez).


En dehors de ces considérations très concrètes qui pourraient permettre d'aboutir à un meilleur équilibre entre thermiques et électriques, il faudra ensuite, pour passer à un stade supérieur, se convaincre des bienfaits globaux d'une électrification de masse dans un pays où déjà 70% de l'électricité est nucléaire. N'est pas Norvège qui veut.