Les bonus/malus ne concernent que les véhicules neufs. Pourtant, l’âge moyen du parc français est de 8 ans, et durant ces quelques années les progrès en matière d’émissions ont été simplement fulgurants. En 2000, une Peugeot 306 1.6l 90ch émettait 172g/km de CO2, ce qui l’aurait taxé de 750€ aujourd’hui. Son équivalent actuel, la 308 1.4l 95ch n’a ni bonus ni malus avec ses 155g/km de CO2. Même constat pour les très petites motorisations : les 161g/km d’une Ford Fiesta 1.25i de 2000 lui aurait valu un malus de 200€, tandis qu’une Ford Fiesta 1.25i de 2008 passe entre les gouttes avec ses 139g.

Et même si le bonus écologique favorise grandement les motorisations diesel, les différences entre les véhicules de quelques années qui courent encore les rues aujourd’hui et les voitures actuelles sont aussi étonnantes. Par exemple, en 2000, une 206 2.0l HDI 90ch n’aurait eu droit à aucun bonus avec ses 136g/km de CO2, tandis qu’une 207 1.6l HDI de 90ch émet 117g et a droit à un bonus de 700€. Une baisse de 16% ! A l’époque, le haut de gamme diesel du Renault Espace était le 2.2dt de 115ch : ses 216g/km de CO2 lui aurait valu un malus de 1600€. Aujourd’hui, il s’agit d’un 2.0l DCI de 175ch qui n’émet que 197g, et n’écope que d’un malus de 750€. 10% d’émissions de CO2 en moins pour 52% de puissance en plus !


Bonus/malus CO2 : les voitures les plus polluantes ne sont pas celles que vous pensez

La championne de l’époque était la Lamborghini Diablo VT et ses 575g/km de CO2. Pas la peine de chercher, c’est plus qu’une Bugatti Veyron pour presque la moitié de la puissance.

Difficile ensuite de considérer la taxe écologique comme une mesure antipollution véritablement efficace, mais il est facile de comprendre pourquoi le Gouvernement a préféré mettre de côté les véhicules d’occasion par peur de l’impopularité que cela n’aurait pas manqué de susciter. Mais sans aller jusqu’à la taxe, le système de primes à la casse d’un véhicule ancien pour l’achat d’un véhicule neuf aux émissions moindres a déjà fait la démonstration de son succès précédemment. Après les Jupettes et autres Baladurettes, pourquoi pas une Fillonnette ?