"Mike the Bike" a disparu dans un tragique accident de la circulation. L'occasion de rendre hommage à Mike Hailwood, multiple champion du monde sur deux roues, pilote auto atypique et surtout à un homme doué pour la vie. Une occasion aussi de se souvenir de ceux qui débutèrent par la moto avant de faire des carrières plus ou moins heureuses sur quatre roues.

"Tout le monde pense que si vous savez piloter une moto, vous savez piloter une auto. Bien sûr, ces disciplines exigent les mêmes réflexes, le même coup d'oil et il est évident qu'un motard possède un rare sens de la trajectoire. Pourtant tout est différent. Le pilotage mais aussi la technique. Sur ce dernier point, il n'y a rien de commun entre une moto et une voiture." reconnaissait Mike Hailwood. S'il fut l'un des rares "Grands de la moto" à briller également en monoplace, il a toujours considéré que les voitures étaient incroyablement compliquées à régler. C'est sans doute, cette faille qui l'empêcha de se tailler un palmarès plus flatteur sur quatre roues et pourquoi pas d'égaler la performance de son ami Surtees en remportant un titre mondial. Le pilote était exceptionnel et son talent qui faisait la différence en moto ne put réellement s'exprimer en voiture à cause de trop de paramètres d'ordre technique.

Mike le surdoué a régné sur le Continental Circus comme personne, bien au-delà de ses 9 titres mondiaux. Il y avait Mike the Bike et les autres, capable de gagner le même jour en 250, 350 et 500, de creuser des écarts fantastiques, de combler des retards impossibles, de piquer de grosses colères en jetant une machine peu performante au pied de techniciens japonais interloqués...

Bien sûr, son père, Stan, riche négociant de motos à Oxford, joua un rôle déterminant lors de ses débuts à 17 ans. Ainsi, il lui loua une MV 125 et lui prêta sa Bentley et son chauffeur pour se rendre à sa première course à Oulton Park. Une semaine plus tard, il faisait la couverture de toutes les revues spécialisées après une course mémorable à Castle Combe... Dès l'année suivante, il empoche les titres britanniques en 125, 250 et 350 cm3 raflant au passage 74 victoires et 38 records du tour ! Plus que jamais confiant dans les aptitudes de son fils, Stan Hailwood lui achète alors une Honda 250 pour la saison 1959. A son guidon, il bat les pilotes d'usine et devient à 19 ans le plus champion du monde de l'histoire. Il va rester 10 ans au sommet. Surpris par le retrait de Honda en 1968, il décide d'abandonner la course moto avec tous les honneurs pour se consacrer à nouveau à l'automobile. La course auto, il l'avait déjà approcher en 1963 mais, à l'époque, il n'avait songer à s'y consacrer totalement.

Sans grand soucis financier, Mike s'était alors acheté une Brabham de Formule Junior. Il gagne dès sa troisième sortie à Oulton Park et récidive une semaine plus tard à Mallory Park. Tout va alors très vite. Reg Parnell, vieil ami de son père, lui propose le volant de l'une de ses Lotus F1 pour le GP de Grande Bretagne. Il termine 8e pour ses débuts et encouragé décide de poursuivre l'expérience. En 1964, il devient actionnaire à 50 % du Team Parnell et se lance avec assiduité dans le championnat. Malheureusement les anciennes Lotus 25 à moteur BRM ne sont plus vraiment compétitives et guère fiables. Accablé par une cascade d'ennuis (9 abandons consécutifs) et totalement écoeuré, Mike décide de mettre un terme à sa première période automobile d'autant qu'aucune offre émanant d'une équipe d'usine ne lui parvint.

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