C'est au tour de Jean-Luc Mélenchon** (Front de gauche) et de Nicolas Sarkozy (UMP) de nous faire parvenir leurs réponses à notre questionnaire ! Sur la problématique automobile, Caradisiac a bien entendu interrogé l'ensemble des dix candidats à l'élection Présidentielle, dont le premier tour se tient dimanche. François Bayrou (MoDem), Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République), François Hollande* (PS) et Philippe Poutou (NPA) ont été les premiers à se soumettre au jeu de nos questions/réponses. En revanche, après Nathalie Arthaud (LO) et Eva Joly (EELV), Marine Le Pen (FN) est la troisième et dernière candidate à décliner notre offre... A croire que Caradisiac ne plaît vraiment pas aux dames ! Quant à Jacques Cheminade (sans parti politique), il reste muet à nos multiples relances...


Sur la Sécurité routière

L'exercice est un peu particulier pour Nicolas Sarkozy, en tant que candidat à sa réélection. Forcément, nos questions lui donnent l'occasion de justifier son bilan. Sur la Sécurité routière, c'est flagrant. Il se réjouit d'avoir décidé de rendre obligatoire un éthylotest à bord des voitures (mesure qui doit rentrer en application cet été), confirme, après l'avoir annoncé fin 2011, qu'il entend développer le Lavia, cet équipement capable de jouer automatiquement sur la vitesse des véhicules en fonction de la limitation en vigueur. Il conserve son objectif de passer sous la barre des 3 000 morts sur les routes. Objectif qu'il s'était déjà fixé lors de son actuel mandat, sans réussir à l'atteindre. Rien de nouveau pour y arriver : le dispositif automatisé des infractions routières doit se poursuivre, avec 400 radars supplémentaires déployés cette année.

Du côté de Jean-Luc Mélenchon**, on aurait pu justement s'attendre à une remise en question des radars automatiques, mais il n'en est rien. Bien sûr, on met l'accent sur la prévention, notamment sur une nécessaire réforme du permis de conduire et sur la mise en place de sa gratuité, mais sans remettre en cause la politique de répression. La grande nouveauté par rapport à ses concurrents, c'est de prévoir de brider les moteurs de tous les véhicule à une vitesse proche de 130km/h !

Au final, seul Philippe Poutou remet entièrement en cause la politique menée depuis 2002 - et a fortiori 2007 - en matière de Sécurité routière. « L’enjeu essentiel de l’automatisation est l’accroissement de la rentabilité des politiques de répression au détriment des politiques de prévention », s'indigne le candidat du NPA, qui souhaite surtout mettre fin au « tout bagnole, tout camion ». Nicolas Dupont-Aignan accuse certes le gouvernement actuel de « confondre les automobilistes avec les chauffards », mais attend plus de fermeté de la part de la justice, comme si les juridictions de Proximité et les tribunaux de Police, dans lesquels se concentre la majorité du contentieux routier, ne se montraient pas assez répressifs. NDA ne promet aucunement la fin des radars automatiques, mais parlent d'un redéploiement des machines uniquement « dans les zones véritablement dangereuses ».

François Bayrou et François Hollande* pour leur part semblent assez proches sur ce point, et insistent tous deux sur le caractère « préventif et éducatif » de la politique à élaborer en la matière, et ce sans polémiquer sur la mise en place du contrôle automatisé des infractions routières. Aucun changement n'est ainsi à prévoir de ce côté-là. A part peut-être pour les dispositifs anti franchissement feu rouge. L'équipe de Hollande s'interroge en effet sur « leur pertinence » qu'il serait « nécessaire aujourd'hui d'évaluer ».


Sur les péages d'autoroutes

Comme Nicolas Dupont-Aignan, Jean-Luc Mélenchon** souhaite renationaliser la gestion des autoroutes, mais aussi et surtout développer d'autres modes de déplacement, cette fois comme Philippe Poutou. La construction de nouvelles portions est ainsi loin d'être sa priorité ! Nicolas Sarkozy lui ne voit absolument pas de problème dans l'évolution des tarifs des péages autoroutiers, « proche du niveau de l'inflation », en 2012... Fort de ce constat, le président sortant se déclare prêt à concéder de nouvelles portions d'autoroutes à des sociétés privées, afin d'en assurer l'entretien et le maintien aux normes.

François Bayrou avait été l'un des plus frondeurs en 2005, à l'époque où les sociétés d'autoroutes avaient été privatisées par le gouvernement de Dominique de Villepin. Depuis, le candidat du MoDem semble avoir fait son deuil. Il promet certes de ne pas renouveler l'expérience pour les nouvelles portions d'autoroute, mais ne présente aucun remède miracle pour alléger la facture des Français dans ce domaine. Du côté de François Hollande*, on parle d'élaborer un « pacte de modération tarifaire avec les concessionnaires »... Et on s'inquiète surtout de l'état du réseau routier.

Plus radical, Nicolas Dupont-Aignan souhaite, en plus de renationaliser les concessions, retirer les péages sur les portions amorties... Enfin, Philippe Poutou évoque lui la « gratuité pour (…) les trajets domicile-travail », mais conserve surtout sa ligne directrice qui entend en finir avec « le tout voiture » ! « La priorité aux transports collectifs, la réduction des obligations de déplacement sont des actes fondamentaux », assène-t-il.


Sur les prix à la pompe

Point de blocage des prix, ni de nationalisation de Total prônés par Nicolas Sarkozy, qui souhaite simplement développer des véhicules moins polluants, électriques et hybrides, pour prémunir les Français de l'envolée des prix des carburants. En cela, il se rapproche de François Bayrou qui se limite à encourager les carburants alternatifs, et pour lequel la nationalisation de Total représente de toute façon une mesure qui fait « miroiter aux Français des merveilles irréalistes » !

A l'inverse, le clan de Jean-Luc Mélenchon** réitère bien son projet de ramener dans le giron public l'entreprise pétrolière, en plus de fixer par décret un prix maximal des carburants. Du côté de François Hollande*, on confirme aussi son intention de bloquer les prix à la pompe durant trois mois juste après le 6 mai s'il est élu, en plus de rétablir la « TIPP flottante ». « A plus long terme, il faut poursuivre le développement de moyens de transports sobres en hydrocarbures », les « transports collectifs », « le co-voiturage ou l’autopartage »... Des pistes que Jean-Luc Mélenchon** et Philippe Poutou ne peuvent également qu'approuver !

Comme le candidat PS, Nicolas Dupont-Aignan répète lui aussi qu'il est possible de baisser les prix des carburants, et ce de 10 centimes. Et si les Français lui en donnent mandat, il projette bien lui aussi de nationaliser 33% de Total, pour acquérir une minorité de blocage.


Sur l'industrie automobile

Nicolas Sarkozy considère qu'il a « tout simplement sauvé » l'industrie automobile en France ! Et le président sortant souhaite encore améliorer son bilan en baissant notamment le coût du travail et en mettant en place un « impôt minimal sur les grands groupes », pour les dissuader notamment de délocaliser. Du côté de Jean-Luc Mélenchon**, il n'est bien sûr pas question d'assouplir les contraintes qui peuvent peser sur les groupes industriels, et « la réquisition » des outils de production des entreprises qui ne joueraient pas le jeu pourraient même être rendue possible !

Mais pour Philippe Poutou, il est inutile de se focaliser sur les délocalisations, qui ne sont certainement pas les plus grandes responsables des suppressions d'emplois dans ce secteur. « La multiplication par 4 ou 5 de la productivité du travail sur les 30 dernières années et les restructurations à l’intérieur du pays (externalisation, sous-traitance) sont les causes essentielles », pour le candidat NPA, d'où sa volonté de réduire le temps de travail, à « 32 heures hebdomadaires sans perte de salaire ni flexibilité ».

Comme François Bayrou, Nicolas Dupont-Aignan prône « l’incitation à acheter français », et défend l'idée d'« un protectionnisme intelligent ». Enfin, du côté de François Hollande*, on prévient les entreprises - qui feront le choix de partir - qu'elles « devront rembourser l’intégralité des aides publiques qu’elles ont perçues ». Et si elles persistent malgré tout dans leur projet de se délocaliser, « elles auront l’exigence de prendre en compte les offres de reprise. »


Sur le développement durable

Comme François Bayrou et Philippe Poutou, l'équipe de Jean-Luc Mélenchon** apprécie guère les aides développées ces dernières années, comme le bonus/malus écologique et la prime à la casse, pour soutenir les ventes de véhicules en France, et contribuer au renouvellement du parc en faveur de voitures moins polluantes. Contrairement à Nicolas Dupont-Aignan qui souhaite cependant les conditionner à « l'achat de véhicules produits en France ». Sans surprise, Nicolas Sarkozy ne renie pas son bilan et annonce le maintien des bonus de 5 000 € à l'achat d'un véhicule électrique et de 3 500 € à l'achat d'un véhicule hybride, s'il est réélu. Dans le clan de Hollande*, on semble y être également favorable, mais on insiste surtout sur l'urgence « de réduire l’impact environnemental des transports », « un élément clé pour répondre aujourd’hui au défi du développement durable ».

Enfin, sur la question des ZAPAs, ces zones à l'intérieur desquelles la circulation de certains véhicules (considérés comme les plus polluants) serait interdite, seule l'équipe de Jean-Luc Mélenchon** met en garde contre le caractère potentiellement injuste, d'un point de vue social, de la mesure. De fait, selon les premiers décrets publiés sur le sujet au début de l'année, les véhicules diesel les plus puissants ne devraient pas être inquiétés, tandis que les plus âgés le seraient à tous les coups... Du côté de François Hollande*, on fait valoir également que la rédaction des textes ne permettrait pas non plus à « l’ensemble des véhicules de transport public de pouvoir circuler à l’intérieur de la zone ».


Sur la Sécurité routière, les réponses complètes de :

François Bayrou (MoDem)

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République)

François Hollande* (PS)

Jean-Luc Mélenchon** (Front de gauche)

Philippe Poutou (NPA)

Nicolas Sarkozy (UMP)


Sur l'augmentation des prix péages autoroutiers, les réponses complètes de :

François Bayrou (MoDem)

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République)

François Hollande* (PS)

Jean-Luc Mélenchon** (Front de gauche)

Philippe Poutou (NPA)

Nicolas Sarkozy (UMP)


Sur l'envolée des prix des carburants, les réponses complètes de :

François Bayrou (MoDem)

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République)

François Hollande* (PS)

Jean-Luc Mélenchon** (Front de gauche)

Philippe Poutou (NPA)

Nicolas Sarkozy (UMP)


Sur l'industrie automobile, les réponses complètes de :

François Bayrou (MoDem)

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République)

François Hollande* (PS)

Jean-Luc Mélenchon** (Front de gauche)

Philippe Poutou (NPA)

Nicolas Sarkozy (UMP)


Sur le développement durable, les réponses complètes de :

François Bayrou (MoDem)

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République)

François Hollande* (PS)

Jean-Luc Mélenchon** (Front de gauche)

Philippe Poutou (NPA)

Nicolas Sarkozy (UMP)


Sur ce que pensent personnellement les candidats de la voiture, les réponses complètes de :

François Bayrou (MoDem)

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République)

François Hollande* (PS)

Jean-Luc Mélenchon** (Front de gauche)

Philippe Poutou (NPA)

Nicolas Sarkozy (UMP)


*Du côté de François Hollande, c'est Roland Ries, chef du Pôle Transport, qui a été chargé de nous répondre. Mais nos questions étaient bien dirigées à l'attention de Monsieur Hollande. Caradisiac considère donc que les réponses apportées sont en adéquation avec la politique que le candidat PS envisage de mener en cas d'élection le 6 mai prochain.

 

**Du côté de Jean-Luc Mélenchon, c'est Pascale Le Néouannic, animatrice du Front de Gauche chargée des transports qui a été missionnée pour nous répondre. Mais nos questions étaient également bien dirigées à l'adresse de Monsieur Mélenchon. Caradisiac considère donc que les réponses apportées sont en adéquation avec la politique que le candidat à la Présidentielle envisage de mener en cas d'élection le 6 mai prochain.