Hier à Flins, on a découvert que Renault avait deux ouvriers de marque. Dans une cohue de communicants, un ministre et un patron ont communié en veste de travail plus ou moins ajusté frappé du losange. Il n'y manquait que quelques traces de cambouis sur le tissus et l'épiderme pour que l'illusion soit parfaite. Qu'on se le dise, nos caciques mettent les mains dans le cambouis et réussissent à la sueur de leur front.


Alors oui, parler de relocalisation industrielle en s'appuyant sur le fait qu'à l'horizon 2016, plus ou moins des centaines d'embauches se feront, c'est bien, et ça fait du bien. Mais pourquoi stigmatiser une autre marque nationale dans une célébration qui se veut aussi une résurrection d'un « made in France » fédérateur ? Lors de l'événement, le sémillant ministre a en effet lâché : « Contrairement à une autre entreprise qui a fermé des sites, qui a proposé des licenciements et mis des gens à Pôle Emploi, je suis heureux que des entreprises décident de ne pas licencier et de ne pas fermer de sites. C'est le cas de Renault. »


En écoutant ces propos, le patron de Renault, qui est aussi le ponte de Nissan, n'a pas desserré la mâchoire et a su garder les yeux dans le vague. Tout en buvant, intérieurement, du petit lait. Quelle plus-value a apporté cette précision qui enfonce un groupe Peugeot Citroën qui engage ses propres négociations sur la compétitivité de ses sites ? On ne sait et on s'interroge encore. En tout cas, vu d'ici, ça ressemblait beaucoup à une mauvaise bisbille gauloise.