Alexandre Bataille : la voiture connectée


Salon de Francfort 2013 - Le bilan de la rédaction

La grande tendance de cette édition 2013 ? ce sont les voitures connectées. Un hall de 2000 m2 est dédié à ce thème, ce qui montre l'importance qu'accordent les constructeurs à ce marché. Plusieurs constructeurs ont collaboré avec des fabricants de smartphones pour développer des standards communs. Ainsi, on a pu découvrir les tendances qui arriveront dans les prochaines années : ouverture et démarrage via un smartphone, 4G à bord, récupération des données du véhicule pour adapter l’entretien en fonction de l’usage, points d’intérêts dynamiques et mis à jour, etc. Mieux encore (ou pas) d’ici 10 à 15 ans, les voitures communiqueront entre elles et échangeront des informations concernant les dangers, le trafic, la vitesse, etc. Selon les constructeurs, ces "connected cars" devraient être opérationnelles d'ici 2020, et permettraient presque de se passer de conducteur.


Manuel Cailliot : changement d'échelle


Salon de Francfort 2013 - Le bilan de la rédaction

Lorsque l'on est journaliste auto français, on connaît en général bien le Mondial de l'automobile de Paris, le Salon de Genève et... le Salon de Francfort. Et c'est lorsque l'on arpente les allées de ce dernier que l'on se rend compte que l'échelle n'est pas la même. Genève est en général luxueux mais petit. Paris, plus populaire, prend ses aises porte de Versailles. Mais Francfort, c'est l'Amérique ! La surface offerte par les halls d'exposition est gigantesque, et je peux vous dire que mes petons s'en souviennent encore.

L'Amérique donc, mais pas pour tout le monde. Lorsque les constructeurs français se contentent de stands "classiques", à la surface calibrée au plus serré et au final plus petite qu'à Paris (encore heureux), les Allemands font dans la démesure. Un hall entier pour Mercedes, un autre pour Audi, construit de toutes pièces par la firme aux anneaux, un troisième pour BMW. Et un stand géant pour Volkswagen (8 900 m2).

Salon de Francfort 2013 - Le bilan de la rédaction

Des stands à la scénographie majestueuse. Chez Audi on circulait sur un parcours routier, surplombé par des miroirs au plafond, duquel descendaient buildings, arbres jusqu'au-dessus de nos têtes, une véritable ville suspendue, sur 7 000 m2 de surface. Chez Mercedes, trois niveaux d'exposition et un volume impressionnant. Chez BMW, une véritable piste serpentait dans le hall de 11 000 m2, et l'on pouvait y faire un tour en tant que passager avec les modèles de la gamme. Voilà pour vous situer le niveau de spectacle et d'implication des Teutons pour "leur" salon. Rien à voir avec celui des constructeurs français à Paris, où le plus grand stand est celui de Renault, dont les 4 300 m2 font chambre de bonne.

Faut-il comprendre que chez nous, c'est la résignation face à l'autophobie qui s'exprime ? Et qu'au contraire les Allemands restent optimistes et passionnés ? J'ai ma petite idée mais je vous laisse vous faire la vôtre. En tout cas, le constat est là : les Allemands mettent le paquet à domicile, et quand on aime l'automobile (et pas qu'allemande), eh bien ça fait plaisir.


Pierre Desjardins : BMW i8, ma voiture (du salon)

À la loterie des stands dans les réunions de préparation du Salon de Francfort à la rédaction, on ne peut pas dire que j'ai été verni : écoper à la fois de BMW et de Mercedes, dans un salon allemand où ces constructeurs se doivent de frapper un grand coup sur leur territoire et où la presse et les curieux se concentrent particulièrement, annonce en effet une épreuve autant physique que de patience.

Salon de Francfort 2013 - Le bilan de la rédaction

Heureusement finalement, puisque j'y ai trouvé celle qui selon moi a éclipsé toutes les autres premières mondiales : la BMW i8. Trois raisons pour la mettre sur la place la plus haute de mon podium personnel, commençons par sa fiche technique, que nous connaissions depuis quelque temps déjà. Une voiture hybride avec un 3 cylindres 1,5 l turbo de 231 ch et 320 Nm assisté par un moteur électrique délivrant 131 ch et 250 Nm, c'est en effet du jamais vu sorti des vœux pieux des concept-cars. Mais nous avons découvert deux autres choses étonnantes pendant le salon. Il y a d'abord son prix : pour un tel laboratoire roulant, 126 000 € paraissent presque donnés quand Audi propose sa R8, à la mécanique paraissant désormais obsolète et aux performances proches, au même prix dans sa version V 4,2 l S-tronic. Il y a enfin l'esthétique : la i8 est selon moi la plus belle BMW de ces dernières années sans trahir pour autant trahir ses origines, un modèle d'équilibre dont la silhouette n'est pas sans rappeler la M1, sa glorieuse aînée.

Vivement janvier 2014 et les premiers essais presse !


Patrick Garcia : pourquoi les Allemands sont (toujours) plus forts que nous


Salon de Francfort 2013 - Le bilan de la rédaction

Ce salon de Francfort a montré que la "verdisation" de l'automobile annoncée depuis des années était désormais une réalité tangible et donc achetable. Les Allemands comme les autres ne peuvent plus faire autrement que de prendre en compte cette tendance qui impose de proposer des motorisations alternatives destinées à faire baisser les émissions polluantes afin de respecter les normes et d'éviter des sanctions. Ainsi, les plus grosses surprises et les plus grandes prouesses techniques sont dorénavant à découvrir dans ce domaine particulier de l'hybridation et de l'électrification des véhicules mais, ce qui est le plus surprenant, c'est que cette tendance qui va pourtant à l'encontre de ce qui fait le succès des rois du premium allemands depuis des décennies est désormais un moyen pour eux de montrer une nouvelle fois leur grande force.


Tous proposent des autos dotées de motorisations pleinement en phase avec les futures réglementations sans pour autant qu'aucun ne trahisse son ADN. Pour être plus clair, lorsqu'on découvre les performances d'une Porsche 918 Spyder ou la complexité d'une i8, on comprend que, malgré leur lobbying acharné pour empêcher l'Union Européenne d'aller trop loin, ils sont ceux qui auront le mieux réussi à digérer le basculement. Et quand on voit leur Chancelière en chef en visite sur le salon s'afficher à côté des supersportives en expliquant que l'effort écologique ne doit surtout pas se restreindre aux petites autos, on est forcément admiratif et logiquement un peu jaloux. C'est la différence entre un pays qui aime l'automobile et le nôtre qui essaie de la tuer.



Olivier Pagès : être surpris


Salon de Francfort 2013 - Le bilan de la rédaction

On a beau être journaliste, on n’en reste pas moins des passionnés d’automobiles. Et qui dit salon, dit surprises. Or malheureusement, depuis de nombreuses années et l’avènement d’internet (oui, je sais, c’est notre faute), celles-ci sont de plus en plus rares. Heureusement, ce salon de Francfort nous en a réservé quelques-unes.

Certains constructeurs ont ainsi réussi à garder le secret jusqu’au bout. Chapeau bas donc à Nissan dont la nouvelle génération d’X-Trail n’a pas fuité mais également à Audi pour son Nanuk concept qui n’a été dévoilé qu’à l’occasion de la soirée du groupe VW la veille du salon. Mercedes avait choisi une politique légèrement différente en ne levant le voile que sur un dessin de sa Classe S Coupé. Il fallait se rendre sur le stand le jour J pour voir le modèle réel.

Au final, même si le salon de Francfort est le rendez-vous le plus détesté par les journalistes automobiles en raison de la longueur interminable de ses couloirs, il faut bien avouer que cette édition 2013 était intéressante et ce, malgré l’ambiance morose qui règne actuellement dans le monde de l’automobile. Peut-être des raisons d’espérer ?