Historiquement, les études de style les plus déjantées se retrouvent au Tokyo Motor Show pour assurer le spectacle. Il y a deux ans, la crise avait frappé cet événement automobile, les importateurs l’avaient boudé et les salons chinois (Pékin et Shanghai) en avaient profité pour s’octroyer les premiers rôles asiatiques. Cette nouvelle édition du salon de Tokyo, déménagée dans des bâtiments plus près du centre de la ville, mais aussi plus petits, revient un peu à ses premières amours. Voici une sélection de voitures que l’on ne verra probablement jamais sur la route. Et parfois, c’est très bien comme ça !


Les plus sage est probablement Honda. Le constructeur présente EV-STER, un sympathique roadster 100 % électrique, qui laisserait donc aux oubliettes le chant d’un beau moteur V-TEC et alors que sur le salon, chez Nissan, on nous disait bien que sportive et électrique sont deux choses contradictoire. Bref, si Honda veut bien installer un petit moulin thermique sur ce roadster de 3,57 m de long, ce serait plus excitant que de savoir que son autonomie est de 160 km. Deuxième concept, plus sobre, le FC-X, une grande berline (4,70 m) hybride dont le 1,6 litre thermique s’accouple à un bloc électrique rechargeable ; presque du classique. Enfin, le Micro Commuter, sorte de Renault Twizy vue par Honda, qui roule électrique, ne dépasse pas 60 km/h et dont les roues au carénage ajouré lui donnent un profil de Roller Blade…
Petit cru chez Nissan où l’on présentait le Pivo 3 qui a perdu l’allure d’extra-terrestre des deux précédents pour n’en conserver que l’intérêt technique : les roues avant et arrière qui braquent généreusement pour pivoter sur place. Cette voiture électrique n’a que peu d’avenir d’autant que Nissan estime que le développement des voitures électriques de masse ne passera pas par des voitures aussi courtes: à l’échelle mondiale, les toutes petites voitures, chères qui plus est, sont rarement convoitées à part… en Europe.
Chez Suzuki, le Concept-Q reste dans l’esprit voiture micro, avec deux places en tandem et aurait, elle, pu s’appeler Pivo 3 tant son style rappelle les anciens concepts de Nissan. Mais ici, pas de roues qui tournent dans tous les sens.
Un peu de tout et n’importe quoi chez Toyota, et c’est bien sûr le n’importe quoi qui nous intéresse. Passons sur la FCV-R aux allures de cétacé, grande berline (4,75 m) à pile à combustible peu inspirée. Arrêtons-nous sur la Fun-Vii. Un monolithe censé rapprocher les gens, dont l’affichage extérieur mais aussi à l’intérieur peut être modifié à volonté (comme support publicitaire par exemple, ou pour faire évoluer l’ambiance à bord) et qui est en contact avec les voitures de vos connaissances environnantes… On en reparle dans 50 ans… ou jamais !
Gardons le meilleur pour la fin avec Daihatsu. Et son amusante Pico, encore une émule de Twizy (bien que le concept de micro voiture soit développé depuis des lustres à Tokyo), qui par son affiche lumineux communique avec les piétons et peut ainsi écrire « merci » (en japonais bien sûr…). Et surtout, le très insolite FC Sho Case, une belle boîte respectant les cotes réglementaires des « k-cars » (3,40 m de long, 1,48 m de large maxi). Il fonctionne avec une pile à combustible (secondaire ici) et qui se distingue par son immense porte latérale qui se relève sur un habitacle dont les sièges peuvent tous s’encastrer dans le plancher, y compris celui du conducteur, tandis que le volant se rétracte. Reste alors une vraie pièce à vivre, avec un écran géant embarqué. Le salon de Tokyo, on l’aime aussi pour ça !