Sur la route, tous les citoyens sont égaux, mais devant la mort, il en est qui sont plus égaux que d'autres. Tout dépend du pays où l'on roule. C'est ce froid bilan que l'on pourrait tirer d'un rapport sur la sécurité routière sur notre planète venu non pas d'une prévention routière quelconque ou d'une association militante particulière, mais bien de l'OMS.


Dotée d'un département pour la prévention des accidents, l'institution rappelle que la route a emporté en 2010 pas moins de 1,24 million de personnes. A ce titre, elle est à considérer comme la huitième cause de décès dans le monde mais aussi, et surtout, comme la première dans la classe d'âge des 15-29 ans. Cinq grands facteurs de risque sont pointés du doigt : conduite en état d'ébriété, vitesse, non-utilisation des casques pour motocyclistes, des ceintures de sécurité et des dispositifs de sécurité pour enfants.


Selon le rapport. 88 États ont été capables de réduire la mortalité routière mais elle a augmenté dans 87 pays. Aucun de ceux-ci n'est à l'unisson en matière de réglementation. Ainsi, seulement 39% de la population mondiale connaît le principe de la vitesse limitée à 50 km/h en agglomération tandis que 66% de celle-ci est soumise à une législation complète sur la conduite en état d'ébriété. 90 pays possèdent une législation sur le port du casque, 111 nations se sont dotées d'une législation complète sur le port de la ceinture de sécurité et 32 % des populations possèdent une législation sur les dispositifs de sécurité pour enfants.


Pour réduire la mortalité sur les routes, il sera essentiel de s'assurer que plus d'États adoptent des lois couvrant les cinq facteurs de risque, estime une OMS dont son directeur, le Dr Margaret Chan, a insisté sur la nécessité d'une « volonté politique affirmée au plus haut niveau pour garantir que la législation sur la sécurité routière soit adaptée et qu'elle soit strictement appliquée par tous."