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Vidéo - Sens interdit : Contester un PV juste par dépit... Pas toujours une bonne recette !

Stéphanie Fontaine

Publié dans Pratique > Vos droits
par Le 01 Février 2012
3 réactions

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Dans notre rubrique En direct des tribunaux, nous recueillons les témoignages de conducteurs, venus au tribunal se défendre seuls ou avec leur avocat, à la sortie des audiences. Le cas du jour : Un automobiliste conteste une contravention pour une circulation en sens interdit. Il est surtout révolté par les conditions de son interpellation et par l'attitude du juge qui vient de traiter son affaire... Une exaspération bien compréhensible mais qui ne peut l'aider à échapper aux sanctions.
Le cas du jour : Un automobiliste conteste
farouchement un sens interdit,
mais sans argument recevable en justice.
Infraction
Circulation en sens interdit.
L'argument de la défense
« Il s'agissait d'une zone en travaux, sans doute très récente, et personne n'a vu le sens interdit ! D'ailleurs, on m'a arrêté un feu bien orienté dans le sens de ma circulation ! J'ai été très choqué par la manière dont j'ai été verbalisé et par la manière d'être reçu au tribunal par le juge. »
Le jugement rendu par la juridiction
de proximité
Il est condamné à :
- une amende de 180€ (+ retrait de 4 points)
Combien coûte un avocat ?  Si vous souhaitez vous faire défendre par un avocat pour un excès de vitesse, comptez de 600 à 2000 euros selon la nature de la procédure et si elle a lieu à Paris ou en province. La réputation de l'avocat a également une influence sur les tarifs.
 
Les premières règles à suivre...
Lors d'une interpellation que l'on considère, à tort ou à raison, abusive, il faut savoir se contrôler et rester toujours respectueux envers l'agent verbalisateur. Il ne sert à rien de s'emporter. Au mieux, le PV sera de toute façon dressé. Au pire, le fonctionnaire pourrait avoir envie de compléter sa verbalisation d'un rapport peu élogieux à votre encontre, ce qui compliquera encore un peu la donne en cas de poursuites pénales (notamment après une contestation). Mieux vaut donc faire profil bas, et surtout rester poli, sans toutefois hésiter à la fin, quand l'agent le propose, de cocher la case « Je ne reconnais pas l'infraction », même si vous signez le PV. Une déclaration qui peut faire sens plus tard au tribunal.
Il est à noter que les agents verbalisateurs sont assermentés, et c'est ce qui donne toute la « force probante » aux procès-verbaux qu'ils établissent. Ensuite, tout « procès-verbal ou rapport n'a de valeur probante que s'il est régulier en la forme » (art.429 du code de Procédure pénale) et fait « foi jusqu'à preuve contraire. La preuve contraire » ne pouvant « être rapportée que par écrit ou témoins » (art.537 du code de Procédure pénale). Cela étant posé, il est plus facile à comprendre pourquoi tous les autres arguments ne sont pas recevables en justice. Qu'on ait été réellement mal traité au moment d'une arrestation, peu importe, à partir du moment où il n'est pas possible de le prouver ! En cas de verbalisation que l'on considère injuste, il faut ainsi tout de suite se poser les bonnes questions :
  • Y avait-il réellement le panneau (sens interdit, stop, limitation de vitesse, etc.) en place qu'on me dit que je n'ai pas respecté ?
  • Y a-t-il des témoins ?
Et dans tous les cas, il faut toujours vérifier les mentions importantes de la contravention : le lieu (est-il exact ?), la date (est-elle correcte ?), le libellé de l'infraction (est-il compréhensible ?). Et en cas de passage au tribunal, après une contestation, mieux vaut toujours vérifier que le PV a bien été signé par l'agent, dans son dossier pénal.
 
Les devoirs d'un juge
Dans notre cas du jour, si nous n'avons pas assisté à l'interpellation initiale du prévenu et sommes bien entendu incapables de confirmer ses dires, nous étions en revanche bien présents à l'audience à laquelle il comparaissait. Nous pouvons donc témoigner que le juge présentait une attitude plutôt choquante, en faisant des remarques désobligeantes, tout à fait contraires à son devoir de respecter la dignité de sa fonction. Citons quelques déclarations pour exemple : « Je vous demande de parler moins (…). Ne revenez pas sur la neige et le père Noël qui va bientôt arriver ! Histoire de ne pas parler encore pendant un quart d’heure »... Il va sans dire que notre témoin n'a jamais parlé de Noël, simplement des conditions météorologiques particulièrement mauvaises le jour de sa verbalisation, afin d'expliquer notamment le grand cafouillage dans lequel il se trouvait avec d'autres automobilistes quand il a été interpellé. On ne peut non plus reconnaître qu'il s'est montré trop bavard...
Bien entendu, le juge a effectivement des devoirs. Déjà, il lui incombe de juger des faits en droit, et non de « faire la loi ». Mais aussi et surtout, il lui est demandé d'être indépendant et impartial : « chacun a droit à ce que sa cause soit jugée par un tribunal indépendant et impartial », stipule l'article 6 de la Cour européenne des Droits de l'Homme (CEDH). Cela suppose qu'il échappe à toutes formes de pressions économiques, sociales ou idéologiques, et qu'il reste libre de ses décisions. D'autres devoirs s'imposent aussi, comme celui de ne pas déroger « à l'honneur, à la délicatesse ou à la dignité » de sa fonction. Et c'est en vertu de cela que nous avons considéré le juge de notre dossier un peu léger. Tout manquement à ce que l'on vient de citer constitue d'ailleurs une faute disciplinaire, et tout justiciable qui estimerait en avoir fait les frais, peut saisir le Conseil supérieur de la magistrature (art.43 de l'ordonnance 58-1270 du 22 décembre 1958). Ajoutons pour finir que le juge a une obligation de réserve. C'est pourquoi il ne peut pas, par exemple, manifester ses opinions politiques.
 
Voir les premiers reportages de la rubrique
 

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Commentaires de l'article (3)
  • Avatar de KALERIANE

    Par KALERIANE le 01 Février 2012 à 16h13

    Choqué, oui il peut l'être si personne ne lui avait dit que les automobilistes sont devenus des criminels aux yeux de l'état.

     
    Par contre, toujours la grosse poilade cette rubrique. Voir des gens prendre plus cher parcequ'ils contestent avec des arguments à deux balles du genre
    Xcusez-moi mssieur dames. j'espère qu'il était pas conseillé par un avocat à 1 000 Euros pour dire çà.

  • Aucun avatar

    Par Anonyme le 01 Février 2012 à 17h26

    Avec une vois comme ça, je le condamne direct :)
    Bon, ok c'est pas drôle.

  • Avatar de roc et gravillon

    Par roc et gravillon le 01 Février 2012 à 19h45

    Porter sa petite affaire devant la juridiction compétente sans le moindre élément de preuve pouvant aider à étayer son dossier. Comme si le premier
    tel portable venu n'était pas capable de prendre une photo...
    Alors, si le sens interdit était bel et bien en place et visible, tous ses arguments ne valent juste rien. Et ce n'est pas le fait de suivre tel l'ovin une file de véhicules eux même égalements en infraction qui change la moindre chose à l'affaire.

     
    Tu m'étonne qu'à force de voir défiler des neuneus pareils à longueur d'audience, les juges se laissent aller à un brin de dérision...

     
    Et une fois encore, toute cette gabegie payée par tes impôts mon ami...

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