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Brexit : l'automobile dans la tourmente

Le verdict est tombé ce matin : le Royaume-Uni quitte l'Union européenne. Avec des perspectives plutôt sombres pour de nombreux constructeurs automobiles.

Pour l'industrie automobile britannique en pleine renaissance, la confirmation du Brexit est très inquiétante.
Pour l'industrie automobile britannique en pleine renaissance, la confirmation du Brexit est très inquiétante.

Et les premières "victimes" du Brexit sont… Peugeot et Renault, dont les valeurs chutaient respectivement de plus de 15 et de 14 % en milieu de matinée. Une évolution logique à en croire une note d'analyse de Barclays qui annonçait la semaine dernière que les constructeurs français seraient très exposés en cas de variation du cours de la livre. Or, celle-ci a perdu jusqu'à 10 % en début de matinée, tombant à son plus bas niveau depuis 1985.

Au-delà de cette secousse conjoncturelle, le Brexit devrait avoir des conséquences plus douloureuses à long terme pour l'automobile britannique, alors même que celle-ci est en pleine renaissance. Ce vendredi matin, une fois les résultats des urnes officialisés, la SMMT (Society of Motor Manufacturers and Traders), association des constructeurs locale, s'exprimait ainsi : "le gouvernement doit maintenir la stabilité économique et sécuriser un accord avec l'Union Européenne qui sauvegarde les intérêts de l'automobile au Royaume-Uni. Cela inclut un accès libre au marché européen et à d'autres marchés globaux, ceci permettant notamment d'assurer le recrutement de talents issus de l'UE et du reste du monde." Précisons que l'industrie auto y représente 800 000 emplois, contribue à plus 15,5 milliards de livres chaque année à l'économie, et que 80 % de la production est destinée à l'exportation (dont 57,5 % pour l'Europe). Avec le Brexit, une surtaxation de 10 % à l'export est en effet probable.

Le coup est rude, mais ce n'est pas faute d'avoir reçu le soutien des constructeurs, de Toyota ("Nous rappelons fermement qu’une adhésion continue du Royaume-Uni à l’UE est meilleure pour nos opérations et notre compétitivité à long terme") à BMW ("le Royaume-Uni doit rester un membre actif et influent de l'UE"), en passant par Jaguar Land Rover ("nous ferions face à une hausse des prix qui rendraient nos produits moins compétitifs en Europe") ou Nissan par la voix de Carlos Ghosn : "Notre préférence en tant qu’entreprise est, évidemment, que le Royaume-Uni reste dans l’Europe – cela est plus logique du point de vue de l’emploi, du commerce et des coûts".

Ce matin, les constructeurs jouaient toutefois la prudence. Nissan, qui produit un demi-million de véhicules par an dans son usine de Sunderland, n'a toujours pas officiellement réagi à l'heure où nous publions cet article. "À partir de maintenant, nous allons surveiller de près et analyser l'impact sur nos activités au Royaume-Uni, et voir comment nous pouvons maintenir notre compétitivité et assurer une croissance durable", annonce Toyota dans un bref communiqué à l'AFP. Le groupe possède deux usines au Royaume-Uni employant plus de 3 400 personnes. "Nous n'avons d'autre solution que de nous montrer très prudent dans notre stratégie d'investissement, et notamment ce qui concerne la mise en production d'un nouveau véhicule au Royaume-Uni", déclare à Automotive News le représentant d'un constructeur asiatique établi en Angleterre, qui tient à l'anonymat. "La grande question pour les constructeurs est de savoir quels traités seront négociés avec l'UE. C'est la grande inconnue", renchérit un autre.

Un porte-parole de PSA assure quant à lui à l'AFP que "PSA a démontré son savoir-faire pour gérer avec succès son business dans des contextes de forte volatilité de la monnaie, comme en Argentine [...] Nous ne donnons pas d'indication chiffrée concernant les conséquences du Brexit sur les résultats du groupe dans la mesure où les impacts moyen et long termes ne sont pas identifiés". Un réajustement des tarifs de l'ordre de 10 % fait toutefois partie des pistes envisagées à court terme. Face au choc du Brexit, l'industrie automobile ne peut que faire sienne le slogan de 1939 : Keep calm and carry on.

 

 

 

 

 

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Commentaires (275)

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" l'industrie automobile ne peut que faire sienne le slogan de 1939 : Keep calm and carry on."

C'est à dire se mettre à fabriquer des blindés ou des navires de guerre ?

Par

Pour la France c le moment d'en profiter, flexibilité de l'emploi, "tapis rouge" pour les entreprises qui veulent venir, dumping fiscal, avantages pour les sièges sociaux des multinationales, investissements défiscalisés, etc... tout ce que faisait les Anglais en fait = plein d'emploi = plein de pognon pour nous... sinon tout va partir à l'est et en Allemagne.

Par

Le passager clandestin du navire à decidé de sauter par dessus bord... Quelqu'un pour le pleurer???

Par

N'importe quoi. Ca ne changera rien, les accords de pays à pays seront bien entendu passés (comme pour la Suisse ou la Norvège). A la limite pour l'industrie auto british la nouvelle est bonne puisque les coûts de production vont (temporairement) baisser de 10 à 15% avec la dévaluation du sterling.

Plus de souveraineté pour le UK, tant mieux pour eux, ils resteront maîtres de leur destin. Ils ne sont ni dans l'euro ni dans Schengen, tout cela est donc une tempête dans un verre d'eau.

Par

C'est bien, comme ça TVR ne mourras pas une deuxième fois et ça laisse suffisamment d'espace à un nouveau grand constructeur national qui remettra Renault à sa place de camelot charlatan et tireras PSA vers le haut.

Par

Tirer des conclusions le jour du résultat du référendum, trop fort :bien::bien::bien:

Les négociations vont durer des années et à ce jour précis, aucune règle douanière n'a changé entre le Royaume Uni et les pays de l'union européenne. :ptdr::ptdr:

C'est beau la spéculation des marchés..... En tout cas, il y en a qui vont se faire des fortunes dans les jours qui suivent.

Par

En réponse à mdb92

Pour la France c le moment d'en profiter, flexibilité de l'emploi, "tapis rouge" pour les entreprises qui veulent venir, dumping fiscal, avantages pour les sièges sociaux des multinationales, investissements défiscalisés, etc... tout ce que faisait les Anglais en fait = plein d'emploi = plein de pognon pour nous... sinon tout va partir à l'est et en Allemagne.

The dreamer comme dit Blek le Roc

Ciao bello

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En réponse à Azzurra1

Commentaire supprimé.

C'est vraiment couillu de sortir d'un truc dans lequel t'es jamais complètement rentré, en effet...

Tu dirais pas la même chose si tu vivais en italie et qu'elle sortait de l'UE ;)

Par

En réponse à Bonfim

N'importe quoi. Ca ne changera rien, les accords de pays à pays seront bien entendu passés (comme pour la Suisse ou la Norvège). A la limite pour l'industrie auto british la nouvelle est bonne puisque les coûts de production vont (temporairement) baisser de 10 à 15% avec la dévaluation du sterling.

Plus de souveraineté pour le UK, tant mieux pour eux, ils resteront maîtres de leur destin. Ils ne sont ni dans l'euro ni dans Schengen, tout cela est donc une tempête dans un verre d'eau.

Ca reste à voir... que ça ne change rien certainement pas. Ca va être terrible pour les Britons, quand à la prospérité ça commence mal, effondrement des valeurs bancaires et de la livre Sterling, délocalisation envisagée d'une partie de la City et de l'industrie auto, indépendance de l’Écosse de retour, négociations très difficiles pour la GB dans les accords de sortie de l'UE qui n'aura aucun contre pouvoir, retour des "chambres de compensations" de la city vers la BCE empêché une 1ere fois car la GB faisait partie de l'UE, droits de douane, etc... ça va être chaud, je leur souhaite bien du plaisir... à suivre donc.

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