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Dakar 2011 : Interview David Casteu, loin des objectifs, déçu mais revanchard

Dans Moto / Sport

Dakar 2011 : Interview David Casteu, loin des objectifs, déçu mais revanchard

Nous avions rencontré David Casteu à l'embarquement au Havre et avions convenu de nous appeler le Dakar terminé, quel que soit le résultat.


David a fait son 1er Dakar en 2003, et en 2007, il finit 2ème du dernier Dakar en Afrique sur une KTM officielle aux couleurs Gauloise.


En 2009, pour le premier parcours sud-américain, il finit 4ème derrière David Frétigné.


Au guidon de sa Sherco l'an passé, une cabriole le retire de la course à la 5ème étape.


Au Havre, David ne cachait pas ses ambitions vu le règlement du tout 450, qui nous l'avons vu, n'a rien changé de la hiérarchie marque-pilotes pour le moment.


David Casteu a surement surestimé ses possibilités, être le responsable de son team, le metteur au point, l'organisateur de tout, le pilote, le coordinateur avec les sponsors et j'en passe, pour jouer dans les 4-5 premiers, c'est beaucoup pour un seul homme, aussi bon pilote et aussi motivé qu'il soit.


De plus sur cette édition du Dakar, le manque de fiabilité de la boite de vitesse de sa moto l'a détruit totalement.


D'ailleurs, David est rentré usé dans tous les sens du terme, il va s'isoler quelques semaines, faire une grosse coupure avec la moto, prochaine course prévue, le Brésil en aout.


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David, ton arrivée à Buenos-Aires, c'est la très grosse déception ?


Heu……Oui, quand tu pars sur le Dakar avec un titre de champion du monde, avec le travail fait avant, çà a été un échec de folie. 69ème place, quand je suis monté sur le podium avec mon équipe, j'étais content d'être là mais pas comme je voulais, c'était mon 9ème Dakar. J'ai beaucoup souffert, je m'étais préparé à piloter une 450cc 5 heures à fond, concentré, tout mon entrainement était basé là-dessus. J'ai passé des journées avec 15 heures de motos, 17 heures, 12 heures, etc, moralement je n'étais pas près à cela.


Tu as multiplié les problèmes de boite sur ta moto, avec 2010, tu avais un an de recul ?


On a regardé les boites de près, c'est un problème de crabot, une pièce à « 3 € ». L'an dernier, mon 2ème pilote est allé au bout, on changeait les moteurs tous les 2 jours. Avec le nouveau règlement, on a réduit à 3 moteurs. Sur tout le mondial, on a roulé avec l'ancien moteur pour assurer le coup sans trop penser au Dakar. En parallèle on travaillait sur un nouveau moteur et on a fait des tests, sans faire de course. C'est une erreur qu'on a faite, on aurait du faire le Maroc ou l'Egypte avec, on aurait surement cassé.


Nous avons fiabilisé les carters, l'embiellage et la boite de vitesse. Cette boite était un proto et en septembre on a industrialisé cette boite en Allemagne. Arrivée avec 3 semaines de retard, la boite a été montée sur les motos et après rodage, direction le Havre sans plus de tests que çà de cette boite version industrielle.


Dans ta structure, tu es beaucoup de chose en même temps ?


Je suis le patron, le manager, le pilote et je me dois de tout organiser.


J'ai mon atelier, mes mécaniciens, mon camion, mon 4 X 4, mes sponsors, mes suspensions, mes vêtements, je dois m'occuper de tout. Sherco me fourni le moteur en nous disant faites ceci et cela, on le monte dans la moto, et on redonne le moteur.


En 2009, j'étais pilote d'usine KTM, j'arrivais avec mon sac, je montais sur la moto, j'allais à l'hôtel que l'on me disait, je ne m'occupais de rien. Et là KTM m'a dit, si tu veux rester avec nous, il faut que tu amènes un sponsor comme avec Gauloise, ils m'ont demandé 300 000 € pour faire le Dakar.


Là j'ai dit je vais monter ma propre écurie. On est donc parti avec KTM pour monter un team satellite : Vectra Racing. Avec le caractère que j'ai, j'aime bien être indépendant et j'ai toujours géré ma carrière comme bon me semble. Mais pour gagner, le pilote ne peut pas tout gérer comme je le fais, ce n'est pas possible. Les journées sont courtes, on ne peut pas s'entrainer et s'occuper de toute la structure.


Tu as malgré tout fait de bonnes spéciales, 10ème au général le 3ème jour et 3ème de la 9ème étape.


J'étais 3ème le 2ème jour, je prends une pénalité qui me recule, mais les écarts étaient faibles. La 9ème étape, je suis pilote de rallye avec de l'expérience, j'ai bien navigué, j'avais mal au ventre de crainte que la boite me lâche, et je finis l'étape avec les premiers à un gros rythme, cela me fait d'autant plus regretter tous ces ennuis. Les 2 premiers, je les mets à part pour le classement mais faire des coups pour leurs casser les pieds, c'était faisable.


En fin de rallye, dans le peu d'images que l'on a vu, il fait nuit, ta boite est encore cassée, tu repars tiré par une corde, tu en a ras le bol de cette moto ?


Pour moi c'était la fin. La spéciale faisait plus de 500 kms, la boite casse après 30 bornes. J'étais « mort » moralement. J'ai pris la carte, il y avait une route à 20 kms en hors piste. J'ai trouvé la route, mon assistance est revenue me changer le moteur. Je suis reparti le dernier de cette étape et j'ai terminé à 2 heures du matin.


En fait, je fais un concours dans un lycée professionnel, c'est pour eux que je voulais aller au bout. Je leurs demande des choses de « malades » toute l'année, partir à 5 heures du mat', travailler comme des « dings », pour eux, je ne pouvais pas laisser tomber.


Tes ennuis récurrents de boite mettent-ils en cause ta collaboration avec Sherco ?


Je suis allé les voir de suite en rentrant, à chaud, la 1ère question a été, « Avez-vous envie de continuer ? » J'ai encore deux années de contrat avec eux. Au niveau de l'image, ils ont pris un gros coup mais le Dakar est porteur de l'image du tout-terrain. Ils ont envie de faire, ils m'ont proposé plein de choses.


Je pars au Maroc 3 semaines pour réfléchir, me poser. Si je pars de chez Sherco, j'aurais l'impression de ne pas avoir été au bout de quelque chose. C'est dommage que tout s'arrête là.


De plus cette année, j'avais 2 clients que j'avais amené sur le Dakar, ils avaient payé pour cela, c'est sympa, mais encore une fois, je ne peux pas m'occuper de tout cela en même temps, il me faut faire des choix. Pour gagner, il faut que je restructure tout cela. Je veux un autre top pilote avec moi, une implication de Sherco plus importante. Je vais me poser quelque temps, mais je vais faire des choix rapidement.


Merci David, à bientôt.


Dakar 2011 : Interview David Casteu, loin des objectifs, déçu mais revanchard


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