Caradisiac utilise des cookies pour assurer votre confort de navigation, à des fins statistiques et pour vous proposer des services adaptés. En poursuivant votre navigation, vous en acceptez l'utilisation. En savoir plus

Endurance - 8h d'Albacete - Réaction : Yannick Bureau du team 18 : "il faut lancer une vraie démarche sécurité"

Dans Moto / Sport

Endurance - 8h d'Albacete - Réaction : Yannick Bureau du team 18 : "il faut lancer une vraie démarche sécurité"

Pour le team 18 de Yannick Bureau, le début de saison est difficile : des problèmes de roue arrière au Mans, et une grosse chute pour Jérôme Tangre à Albacete en Espagne. Pour Yannick, qui baigne dans un métier où le risque est présent partout, ce dernier accident est celui de trop. Pour lui, il est grand temps de lancer une démarche sécurité afin que les accidents et incident soit analysé. Il nous en dit plus après nous avoir résumé une course trop courte pour eux.


Bonjour Yannick. Le week-end espagnol a été très difficile pour vous. Comment vois-tu les choses ?


C'est vrai que ça a été très difficile et décevant. Nous avons eu beaucoup de mauvaises surprises et nous n'avons rien eu pour nous. C'est une nouvelle année noire pour nous.


Vous avez encore eux des soucis avec la roue arrière que vous avez réussi à régler. Que s'est il passé ?


Depuis le Mans, nous avons dépensé beaucoup d'argent pour faire des tests avec Mavic et trouver des solutions. Nous pensions avoir trouvé des hyperfréquences dans le châssis. La première séance s'est bien passée mais ensuite, nous avons de nouveau connu des problèmes et détruit encore du matériel. Un mécanicien du YART est venu voir notre souci afin d'avoir un œil extérieur. Et le problème s'est révélé venir des entretoises.


Quel était-il ?


Nous avons voulu partir avec des entretoises neuves cette année dans un souci de fiabilisation, mais celles qui nous ont été fournis ne correspondaient pas à la cote utilisée sur notre châssis. Cela a provoqué un mauvais maintien de l'axe arrière et les vibrations synonyme de destruction. Cela aurait pu être dangereux pour les pilotes.


Une fois ce problème réglé, vient le temps des qualifications.


Nous avons fait une bonne qualif puisque nous partons 11e après la superpôle juste derrière le GMT 94. Et à 14 millièmes de la Yamaha, c'est plutôt encourageant.


Endurance - 8h d'Albacete - Réaction : Yannick Bureau du team 18 : "il faut lancer une vraie démarche sécurité"


Puis vient le temps de la course qui pour vous s'arrête très vite. Que s'est-il passé ?


Au bout de 3 tours, nous avons vu voler notre moto et Jérôme avec depuis notre stand. C'est dire, la force de la chute. En fait, une trace d'huile était présente sur la piste qui n'a pas été signalé et les 12 motos de tête sont tombées. Pour le moment, une enquête de la FIM est en cours pour en savoir plus.


Comment va Jérôme Tangre ?


Après la chute, Jérôme ne bougeait plus. Il a été transporté vers le centre médical puis vers l'hôpital d'Albacete. Il souffre d'un traumatisme crânien et de nombreuses contusions. Il est bien chiffonné mais s'en sort très bien contrairement à Gregorio Lavilla du GMT 94.


J'imagine que cette chute va avoir des incidences sur la vie du team ?


La moto est pulvérisée : la fourche et le cadre ont été touchés. Il est clair que pour le team, la course de Suzuka n'est plus envisageable. Il va falloir aussi que l'on se batte pour finir notre saison et honorer nos contrats.


Après l'accident de Guillaume Dietrich, l'incendie de la 55 au Mans et cette grosse chute d'Albacete, l'endurance connait un début de saison mouvementé. Qu'en penses-tu ?


C'est vrai et ce, depuis quelques temps déjà avec des commissaires blessés par exemple. Mais on a tendance à dire que tout va bien car il n'y a pas de blessé ou très peu. Mais ce n'est vraiment pas bon pour notre sport. Statistiquement, et les assurances s'en servent comme d'un outil, plus il y a d'accident sans gravité et plus la probabilité d'avoir un accident grave augmente. Et cette mécanique fonctionne à tous les niveaux. Plus on a d'accident grave et plus la probabilité d'avoir un décès est grand. On va droit vers un décès sur un accident qui s'est déjà produit et on se dira « ah bah oui, on a déjà eu un truc qui ressemblait à ça ». Il faut trouver des solutions avant que cela ne se produise.


Toi qui est dans le métier, que propose tu ?


Je suis allé voir la FIM, qui m'a écouté, pour leur expliquer qu'il faut absolument se poser des questions dès lors qu'il y a un accident ou même un presque accident. En France, on attend qu'il y ait un mort pour se dire qu'il faudrait faire quelques choses. Mais il faut anticiper et réaliser des analyses, et non pas des enquêtes pour trouver un coupable qui n'est pas le but, pour comprendre ce qu'il s'est passé et trouver des mesures correctives à mettre en place. On ne peut pas continuer comme cela. Le sport moto est un sport dangereux, donc si on ne met pas en place une telle démarche dans notre sport, on ne le fera jamais. Je déclare donc qu'il faut faire du retour d'expérience sur les accidents et les presque accidents en impliquant tout le monde : les commissaires, le directeur de course, les pilotes, les teams etc.… pour lancer une démarche d'assurance qualité / sécurité.


Comment la FIM a-t-elle pris tes idées ?


Ils ont trouvé la démarche très courageuse et ils m'ont écouté. On ne peut pas en rester là. Regarde, lors des 24 H du Mans, les seules images que l'on a vu au JT de 20h, c'est la collision de Dietrich et l'embrasement de la 55. Voilà l'image que l'on donne de notre sport. Si demain, il y a 2 morts à la suite d'une chute, ce sera encore pire. Et pour les partenaires, ce n'est vraiment pas bon. Je suis donc prêt à m'impliquer directement, à donner de mon temps car il n'y a pas que la course, il y a aussi la vie des pilotes qui est en jeu, celle des commissaires qui risquent leur vie quand il entre dans un bac à gravier.


As-tu déjà quelques pistes de réflexion ?


Je pense qu'il ne faut pas s'arrêter à des solutions techniques. Il y en aura c'est sur mais pas seulement. Il faudra aussi regarder du côté de l'organisation et de l'humain. Quand je vois des ravitailleurs en tongue à Albacete, ça me met hors de moi. On nous bassine avec des règles et ça, on le laisse passer. Il faut que l'on travaille sur la formation des teams, des commissaires, des directeurs de course qui ont parfois des niveaux assez différents entre eux, d'un pays à l'autre. Oui, ils ont des formations et des validations, mais cela ne suffit pas. Sur ce type d'événement, l'expérience est irremplaçable. D'autant plus en endurance où une partie de la course se fait de nuit. Pour cela, pourquoi ne pas prévoir des formations continues où des gens plus expérimentés viennent aider les autres. Concernant le technique, il faut travailler avec tout le monde : les constructeurs, les pilotes, les teams, les manufacturiers … et ce longtemps avant la saison comme c'est le cas dans d'autre discipline de la moto. Il ne faut pas changer les règles au dernier moment sans concertation car il y a beaucoup de compétences dans tous les teams qui ne sont pas utilisées. Mais pour cela, il faut lancer une vraie démarche et je le répète, je suis prêt à m'y impliquer personnellement.


Voilà un vaste programme. Merci Yannick et bonne continuation de saison sans oublier un bon et prompt rétablissement pour Jérôme.


Mots clés :

Commentaires (0)

Déposer un commentaire

Pour déposer un commentaire, veuillez vous identifier ou créer un compte.

Identifiez-vous

Se connecter ou S'inscrire