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Interview de Marc Mothré, boss de Motors Events.

Dans Moto / Sport

Interview de Marc Mothré, boss de Motors Events.

Bonjour Marc. Dans un premier temps, peux-tu nous dire qui tu es et comment tu es venu à créer Motors Events Europe ?


J'ai commencé par le journalisme à Moto Journal vers la fin des années soixante-dix début quatre vingt. Ensuite, j'ai monté une agence de communication puis une agence de pub pour revenir à ce qui me plait le plus, c'est-à-dire le contact avec les motards en organisant des courses de motos, et des évènements liés à ça. Voila un petit peu mon parcours de base. Au milieu des années quatre vingt, j'ai engagé une moto aux 24 heures du Mans ; à l'époque, c'était une Yamaha FZ avec l'aide de Coluche. Nous avons beaucoup travaillé dans la course moto pour arriver au final à la création de Motors Events, qui devient à partir du mois d'avril le Team Motors Events grâce à l'arrivée de deux personnes qui me rejoignent au sein de la société. Il y a d'abord Hervé Moineau, quadruple champion du monde qui a le rôle, hormis de coatcher les motos en endurance, de prendre les pilotes en main, c'est-à-dire s'occuper de tout ce qui est formation pédagogique, et Bruno Le Bihan qui a également été champion du monde en 1987. Donc, avec ces deux personnes, on a la volonté de faire un peu le chaînon manquant entre l'amateurisme qui est, on va dire, le sport loisir mis en place dans différentes disciplines, et le professionnalisme que l'on a cherché avec la roadster Cup et l'implication dans le championnat du monde d'endurance. Dès l'année prochaine, nous allons nous impliquer en Superbike France, en Supersport France, avec de jeunes pilotes de chez nous pour aboutir dès 2013 à une implication dans le championnat d'Europe.


OK. Faisons dans un premier temps, le point sur la saison 2010…


Alors, la saison 2010 dans les différentes catégories a été un bon crû. En trophée de France Roadster, cela a révélé de nouveaux pilotes et ça, déjà, c'est important. Ils ne sont peut-être pas encore aguerris pour faire des courses d'endurance ou du Superbike, c'est encore un peu tôt, mais ils auraient tout à fait leur place en Supersport. La grande nouveauté pour l'année prochaine, c'est que l'on fêtera les dix ans de la Roadster Cup avec l'arrivée des 800cc et notamment le challenge Yamaha Fazer avec la FZ 8. D'autres machines comme la Z750 ou la GSR rejoindront la catégorie. Nous irons sur les circuits traditionnels tels que Dijon ou Le Vigeant, et nous ferons l'ouverture des 24 h du Mans pour la dernière épreuve.


La promotion Cup, c'est un petit peu l'antichambre de ce que l'on veut faire en endurance. Malheureusement, au Mans, la 211 ne s'est pas qualifiée parce qu'il fallait que les pilotes apprennent à se qualifier avec une limite au niveau du chrono. La formule que nous avons mis en place en WERC avec une course rapide et une course d'une heure avec des relais leurs permet de faire beaucoup de roulage. Mais au Mans, il n'y a que quarante places et nous avons été le premier team à ne pas être qualifié. Nous avons pris notre revanche au Bol avec une 18ème place je crois après une petite chute. Cela veut dire que la formule Promotion Cup que nous avons mis en place fonctionne.


En 2011, il n'y aura pas de gros changements, hormis l'implication de Yamaha au sein de la Promotion Cup avec des challenges 600 et 1000 pour la R6 et la R1.


Ce qu'il faut voir, c'est que nous sommes l'antichambre du Promosport puisque notre règlement interdit l'accès aux pilotes de cette catégorie. Nous ne sommes pas là pour déshabiller la fédération de ses pilotes, mais au contraire de fournir des candidats pour ces formules.


En 600, cela a été la grosse révélation pour plusieurs pilotes. Maxime Gucciardi qui fini deuxième, va aller en Supersport au sein du team Motors Events, Xavier Demarey qui, lui, est arrivé troisième va aller en Superbike et Nicolas Majastre va continuer encore une année avec nous. Le vainqueur, Laurent Derine, ira en Promotion 1000.


Ce qui est intéressant pour nous par exemple avec Maxime Gucciardi, c'est de prendre un pilote et de l'amener à des compétitions comme le Supersport pour lui apprendre à être un battant et figurer aux avants postes.


La twin Cup, c'est la formule de promotion économique. Cela permet à des pilotes qui ont arrêté la coupe Kawasaki de continuer à courir. La formule est la même que dans les autres catégories, à savoir une course classique et une endurance d'une heure, toujours dans le but de favoriser le roulage.


Pour le mondial d'endurance, c'est un truc qui nous est venu afin de donner une autre image de WERC. D'ailleurs, Dunlop ne s'y trompe pas puisqu'ils ont décidé d'investir en communication pour montrer que l'on peut rouler avec des pneus type 211 dans une formule de sport loisir avec de bons résultats, tout comme la FFM qui nous donne le rôle de filière de découverte de nouveaux pilotes. En 2011, la 211 sera pilotée par Maxime Gucciardi, 2ème de la promotion 600cc, Franck Deneque, vainqueur de la promotion 1000cc, et Johan Macé, 4ème promotion 1000. Le pilote remplaçant sera Julien Thielen.


Quant à la n°50, le guidon est confié à Emilien Humeau, Vincent Bocquet et Mathieu Gines afin de disputer l'intégralité du championnat du monde. L'objectif pour nous est de faire mieux que l'année dernière. Vu que nous sommes vice-champion du Monde, nous visons donc le titre.


Interview de Marc Mothré, boss de Motors Events.


Tu peux nous parler un petit peu de la « Classic 17 » ?


Bien sûr ; cette formule est née d'une discussion entres amis. On s'est aperçu que la formule en endurance marchait bien, mais que certaines machines étaient un peu fatiguées et pas forcément faciles à réparer. On a donc décidé de créer la « Classic 17 » ; pourquoi 17 ? Parce que 17 pouces, une taille de monte pneumatique plus performante. Du fait de notre partenariat avec Dunlop, cela nous permettait d'accepter des machines style Stinger, GSXR ou encore RC30. C'est vrai que sur certaines courses, nous n'avons pas eu une grosse fréquentation, mais c'est comme tout, il faut d'abord franchir une première marche. On se donne deux ans pour arriver à un plateau convenable. Bon ! Cette année, Frédéric Protat, de par ses qualités de pilote a tué un peu le championnat. Mais d'un autre coté, il a donné une certaine image à la formule.


As-tu déjà des accords avec d'autres styles de formule de promotion genre Protwin ou Challenge des Monos ?


Nous, aujourd'hui, nous avons décidé de travailler de façon intelligente car le tarif de location des circuits est de plus en plus prohibitif. C'est pour cela que nous nous sommes rapprochés du Challenge des Monos, d'abord parce que c'est une discipline très amusantes à voir, mais également parce que les motos sont très belles, avec un coté Géo Trouvetout très sympa. L'organisateur est un garçon charmant, ce qui fait que nous allons travailler ensemble. En plus, nous devrions recevoir une épreuve européenne de ce challenge avec cette fois-ci, non pas des machines limitées à une cinquantaine de chevaux, mais des motos qui atteignent les 100 cv. Donc on s'attend à recevoir des machines provenant de Belgique ou de Hollande.


Ensuite, pour les autres formules de promotion genre Protwin ou Motos Anciennes, ce sera en fonction de la place qu'il nous restera. Si nous sommes obligés de doubler certaines catégories, il sera plus difficile de recevoir d'autres compétitions.


D'accord. Est-ce que tu peux nous donner ton avis sur la situation actuelle du circuit Carole ?


En ce qui nous concerne, nous sommes des consommateurs puisque nous l'utilisons pour nos compétitions. Comme d'habitude, il y a des conflits d'intérêts, des conflits politiques. On a l'impression que certains veulent laisser pourrir la situation afin de pouvoir dire que le circuit n'est pas rentable. Jacques Bolle, le président de la FFM tient à l'image du circuit Carole parce que c'est un circuit parisien, et surtout parce que si demain les écologistes font tomber le circuit Carole, ce serait un pas important dans leur démarche anti sports mécaniques. C'est très paradoxal car on se rend compte d'après un sondage Ipsos que les français sont dans leurs majorités favorables aux sports mécaniques.


Tu souhaites rajouter quelque chose ?


Oui, c'est vrai que des fois, j'ai un point de vue un peu acide envers certaines choses peut-être parce que je suis dans le milieu de la moto depuis plus de trente ans, et que c'est avant tout un univers de passionnés. Quand je vois à quel point il est difficile d'arriver au plus haut niveau dans ce sport et comment certains se saignent pour pouvoir pratiquer leur sport favori, c'est vrai que c'est frustrant. Au grand prix d'Espagne, tu vois le roi Juan Carlos qui descend sur la grille de départ pour saluer tous les pilotes espagnol, en France, ce n'est pas demain la veille.


OK. Merci Marc pour ce bilan. Bonne saison 2011 et à bientôt sur les circuits.


Merci à toi et au plaisir de te recevoir sur les différentes épreuves.


Crédit photo: www.esprit-racing.com


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