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Interview Georges Lacour: 1er pilote officiel Peugeot de l'après guerre.

Dans Moto / Sport

Interview Georges Lacour: 1er pilote officiel Peugeot de l'après guerre.

A l'occasion du dernier salon Rétromobile qui s'est tenu à la Porte de Versailles, Georges Lacour, qui fut le premier pilote officiel Peugeot après la deuxième guerre mondiale, a très gentiment répondu aux questions de Caradisiac.


Quand avez-vous commencé la moto et sur quelle machine?


C'était en 1949 sur Peugeot. J'ai toujours couru sous cette marque. Mon père était agent Peugeot dans une petite localité du Territoire de Belfort à Giromagny et c'est comme ça que j'ai commencé à courir. Comme j'ai fait de bons résultats, Peugeot m'a demandé de courir pour eux. C'est comme ça que je suis devenu le premier pilote officiel après la guerre.


Et là, soixante ans plus tard, quel effet cela vous fait de vous replonger dans cet univers ?


C'est formidable pour moi de pouvoir me replonger après tant d'années dans l'univers de la moto, qui plus est dans celui de la moto ancienne et avec la marque Peugeot, mise à l'honneur ici pour ce salon.


Interview Georges Lacour: 1er pilote officiel Peugeot de l'après guerre.


Pouvez vous nous raconter comment se passait le bol d'or dans les années cinquante ?


Ça se passait déjà un petit peu comme maintenant, sauf qu'il n'y avait qu'un seul pilote par moto. C'était beaucoup plus difficile et on n'avait pas le temps de se préparer.


Lors de ma première participation comme pilote officiel au Bol d'Or avec Peugeot en 1951 à St Germain en Laye, on m'a fait arrêter au bout de la troisième heure pour un problème de volant magnétique. Les gens de chez ABG (le fabriquant de ces volants NDR) sont venus et je suis reparti à la 17ème position. A la 18ème heure, je me suis arrêté, on m'a fait bouffer et j'ai pas pu repartir. Sinon, j'aurai pu revenir sur le premier car je faisais 20 à 21 tours par heure alors que lui n'en faisait que 17 à 18. J'ai quand même fini classé 7ème de ma catégorie sans avoir couru les trois dernières heures de course. C'est à la suite de ce résultat que l'usine a décidé d'engager cinq motos au Bol d'Or l'année suivante.


Parlez-nous un peu de cette moto…


Ho, c'était une moto formidable et révolutionnaire. Elle était équipée d'un cylindre en cuivre spécialement fabriqué pour cette course pour un meilleur refroidissement. Les autres ont changé plein de moteurs alors que pas nous.


Interview Georges Lacour: 1er pilote officiel Peugeot de l'après guerre.


Pour quelle raison Peugeot ne s'est-il pas engagé au Bol d'Or 1953 après le succès de l'année précédente ?


Je ne sais pas. L'ingénieur qui s'occupait des motos, Mialon, est passé ensuite à l'automobile. Et je pense que les gens qui lui ont succédé n'étaient pas fervents de compétition. Moi, j'ai continué de courir jusqu'en 1955.


Quelle activité exerciez-vous à cette époque là ?


Quand mon père est décédé, j'ai pris sa succession à la concession de Giromagny, puis je suis parti à Montluçon pendant douze ans toujours pour tenir une concession Peugeot.


Quel est votre meilleur souvenir de l'époque ?


Ho heu… le Bol d'Or 1951 car j'aurai dû gagner, mais aussi le tour de France en 1954 avec des 175cc Peugeot. Je suis 9ème, Boin est 12ème et on rivalisait avec des motos de cylindrée bien supérieur. A la suite de ce résultat, Peugeot a vendu des motos à la pelle. C'était à cette époque là le tour de France civil et militaire.


Avez-vous continué à pratiquer la moto par la suite ?


Oui mais pour le plaisir. Après l'arrêt de la compétition, j'avais la concession à m'occuper, puis mon fils s'est mis à la compétition automobile. Il a commencé à courir en coupe Renault d'abord sur une R5 Alpine et a couru jusqu'à la coupe Clio. Moi, je m'occupais de ses moteurs.


Interview Georges Lacour: 1er pilote officiel Peugeot de l'après guerre.


Comment avez-vous vécu l'évolution de la moto pendant ces décennies ?


Ça a été une époque fantastique avec des moments formidables.


Mais vous avez aussi connu le déclin des marques françaises au début des années soixante ?


Oui, des marques françaises, mais des autres aussi car seul BMW a réussi à survivre grâce à ses ventes à l'administration. Mais il faut reconnaître que l'évolution a été fantastique, notamment après l'arrivée des motos japonaises.


Un dernier mot pour conclure ?


Ça me fait énormément plaisir d'être ici. Les organisateurs m'ont demandait de venir alors je suis venu, mais c'est formidable. J'ai retrouvé des gens que je n'avais pas vu depuis cinquante ans. Le pilote Boin est malheureusement décédé, mais son fils que j'ai vu tout petit doit venir. Ça fait cinquante ans que je ne l'ai pas vu.


Interview Georges Lacour: 1er pilote officiel Peugeot de l'après guerre.


Merci d'avoir répondu à mes questions et bon salon.


Merci à vous. Je ne m'attendais pas à un tel accueil et ce n'est que du plaisir.


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Commentaires (1)

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Par Anonyme

Bonjour grâce à votre article, j'ai enfin identifié Georges Lacour avec précision: en effet jeune garçon de 15 ans possesseur d'un BB2SP et habitant à Guéret, ,j'avais trouvé le Garage Peugeot à Montluçon,tenu par un certain Lacour ou il y avait de belles machines-une 175 "bol d'or" en effet,qui semblait avoir couru et surtout un VL2SP terrot bleu, qu'il avait gonflé avec un gros dell'orto à cuve séparée .je lui ai demandé s'il pouvait aussi gonfler le mien ilm'adit "oui" avec un accent de l'Est -que je m'explique mieux maintenant! Et ça n'a pas été simple car de carbu on n'entrouvait plus-il à fallu attendre le dell'orto de 19 monté sur les Paloma...le résultat sur le plan performance n'était pas terrible...mais quel beau bruit d'admission! Bref, je serai heureux de pouvoir contacter Georges Lacour qui doit surement se rappeler de cette histoire montluçonnaise qui date- je pense de l'année 1961! Cordiales et Motardes salutations F.T

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