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Interview team 18 - Yannick Bureau : "le potentiel est énorme, l'esprit est là"

Dans Moto / Sport

Interview team 18 - Yannick Bureau : "le potentiel est énorme, l'esprit est là"

C'est un peu la grande nouveauté de cette année dans le monde de l'endurance. Le team 18 s'engage à nouveau mais sur une BMW S1000RR. Nouvelle moto, nouveau challenge pour les hommes de Yannick Bureau qui nous explique où en est la préparation de la BMW rouge et comment se sont passé les premiers roulages à l'occasion des essais pré-bol.


Bonjour Yannick. Cela fait un peu plus d'un mois que tu as annoncé rouler sur une BMW. Où en êtes-vous de la préparation à 15 jours du départ du Bol d'Or ?


On galère car nous avons des soucis d'approvisionnement de pièces. Nous n'avons qu'un bras oscillant, nous n'avons aucune pièce d'avance, les carénages que nous avons reçu n'avait pas les bonnes cotes pour les mettre en place et il nous manque une fourche. Bref, c'est vraiment très compliqué pour que l'on arrive à être prêt pour la course mais on se bat et on travaille dur pour réussir. Nous avons un peu de malchance mais nous avons tout de même réussi à rouler au pré-bol.


Quelles sont les premières sensations pour les pilotes ?


Ca va très vite. Nous avons pu faire une première journée le 11 mars dernier lors de test BMW puis nous avons participé aux essais pré-bol. Lors de ces roulages, nous avons pu dégrossir les réglages châssis et obtenir les premières informations sur cette machine ultra sophistiquée. Nous n'avions pas le droit de tomber car nous n'avions aucune pièce de rechange. Les pilotes devaient en garder sous le coude ce qu'ils ont très bien fait.


Quels ont été les temps réalisés ?


Je n'ai pas forcément trop regardé les chronos mais je sais que Thomas, qui roulait pour la première fois avec nous et sur une BMW a roulé en 1mn 42''. C'est un excellent temps quand on pense qu'il avait la consigne de ne pas tomber et d'autant plus excellent au vu de notre niveau de préparation. Connu pour être un très bon metteur au point, Thomas a dit que nous n'étions pas loin de la vérité. David et Stéphane sont aussi très contents de la moto. Cela donne vraiment envie de bosser et de travailler sur le long terme car la S1000RR a vraiment du potentiel.


Après avoir dégrossis lors de la première journée, qu'avez-vous pu faire pour la seconde ?


En fait, nous n'avons pas pu rouler lors de la seconde journée. Lors de la dernière séance de la journée, David a chuté à 10 minutes de la fin. Pas de sa faute mais un pilote est venu faire un gros gros freinage et a failli percuter David qui était pleine angle. A quelques centimètres de l'impact, David a attrapé les freins mais sur l'angle et avec la puissance de freinage de la S1000RR, il a perdu l'avant et a glissé. Sauf qu'au moment de taper le vibreur, la moto est partie en tonneau ce qui nous a donné une moto détruite.


La catastrophe en somme ?


Un peu oui parce que maintenant, nous avons une moto à préparer de A à Z puisque nous n'avons eu la seconde moto que le 16 mars dernier et une machine à remettre en état sachant que l'on n'a pas de pièce.


Le stress doit être au niveau maximum en ce moment ?


C'est certain. Mais je suis content de voir que l'on a une équipe magnifique. Car réussir à faire marcher une moto aussi bien dans des conditions de préparation très précaire, c'est une réelle performance.


Cette chute ne t'a donc pas permis de travailler la stratégie pour connaître la machine ?


On part de 0. Je vais devoir, pendant la semaine avant la course du Bol, prendre des données. Mais il va falloir choisir car il faudra aussi que l'on travaille sur les réglages. Je devrais déjà être en train de travailler dessus mais c'est bien évidemment impossible. Du coup, la stratégie ne pourra pas être aussi précise car je n'aurais qu'une semaine pour connaître la moto. On fera des choix humbles mais raisonnable en terme de stratégie pour ne pas être déçu.


Comment vous avez été accueilli dans le paddock avec vos nouvelles couleurs ?


Tout le monde à découvert que nous roulions en BMW à la lecture des engagés. Tous les journalistes sont venus nous voir et ont été très surpris. C'est une nouvelle preuve que le team 18 sur une Suzuki, c'était presque institutionnel. Mais on nous a surtout dit que notre défi était couillu, que c'était audacieux.


Mais vous aviez besoin d'un nouveau challenge. Vous êtes servis.


C'est certain et c'est réussi. Quand on a annoncé notre décision à l'équipe, j'ai vu des yeux qui pétillaient. Aussi bien chez les mécanos, comme Guy à qui on redonne un nouveau défi, que les pilotes ravis de repartir. Pleins de pilotes m'ont écrit dont des pilotes professionnels. Et c'est d'autant plus un nouveau défi que cette moto est très complexe. C'est un vrai pur-sang. Un cheval de trait, tu le dresse facilement alors qu'un pur-sang, il faut du temps. La S1000RR est un pur-sang. On doit apprendre cette nouvelle moto, toute l'électronique. Je sais que l'on va mettre un peu de temps mais on va travailler à fond pour progresser. En effet, nous voulons faire de ce nouveau challenge une aventure de longue durée avec BMW, pavée de très bons résultats futurs.


C'est un challenge osé et courageux, d'autant plus que les difficultés s'ajoutent. Quel objectif te fixes-tu pour cette première course ?


Quand on voit les problèmes que l'on rencontre en ce moment, il est clair que l'on va rester humble. Ce serait être mytho de dire que l'on va être dans un top 5 à notre première course. On ne va pas chercher à faire un podium car on peut avoir tout type de souci. Je sais que l'on va souffrir car il nous reste 10 jours de dingue, que l'on va être fatigué et que nous avons peu d'essais. Alors on peut avoir la chance du débutant mais je me fixe un objectif d'être dans les 15 ce qui serait, au vue de notre niveau de préparation actuel, un résultat honorable. Nous avons des pilotes très rapides donc dans les 15 serait notre place.


L'objectif sera d'être fin prêt pour Donington qui sera la 2e course pour le team 18 ?


Effectivement. Nous allons nous servir du bol pour faire une énorme séance de travail grandeur nature en faisant de toute façon une belle course pour être encore mieux au Mans et viser un place qui est la nôtre dans les 10, voir dans les 5. L'esprit est là, bien présent dans l'équipe, je suis sûr que l'on va y arriver. Notre objectif est de toute façon de travailler à long terme avec cette moto car le potentiel est énorme et que toute l'équipe est prise d'un esprit et d'une envie d'aller loin.


Merci beaucoup Yannick et bon courage pour la suite de la préparation


photo : Yannick Bureau-team18


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