Caradisiac utilise des cookies pour assurer votre confort de navigation, à des fins statistiques et pour vous proposer des services adaptés. En poursuivant votre navigation, vous en acceptez l'utilisation. En savoir plus

 

Krach du diesel : la faute à qui ?

Dans Ecologie / Electrique / Autre actu écologie

Krach du diesel : la faute à qui ?

"Le krach annoncé du diesel", titrait le Parisien lundi dernier. Krach, pas encore, mais les prix ont baissé de 10 à 15 %, les délais de revente s'allongent et on voit mal comment cela va s'arranger. L'épitaphe du diesel est en train de s'écrire : "qui vit par l'écologie meurt par l'écologie".

Même en admettant que la poussière du scandale Volkswagen retombe, tout plaide désormais contre l'achat d'un diesel. D'abord, les zones à circulation restreinte (ZCR) se multiplient et le durcissement de leurs "crit'air" est déjà programmé. Bientôt, pour être certain de pouvoir démarrer un HDI ou un TDI Euro 4 quelle que soit la position de l'anticyclone, la direction du vent ou la température au sol, il faudra circuler en Bretagne, Picardie, Landes ou Limousin ou aller d'un village dans un autre village. Ensuite, l'alignement progressif des fiscalités du gazole et de l'essence va retirer la moitié de l'avantage économique du diesel, même pour les gros rouleurs. Et même l'intégralité de cet avantage si l'on tient compte du surcoût d'entretien et du durcissement prochain du test de pollution au contrôle technique.

Surtout, l'irrationnel est de la partie. De même que l'engouement pour le diesel reposait sur la perspective d'une meilleure revente - ce qui était faux depuis dix ans au moins -, son rejet actuel est motivé par la crainte de ne pas parvenir à s'en débarrasser sans une moins-value dissuasive. Crainte infondée concernant les modèles récents, car la nouvelle prime à la casse encourage l'achat de diesels Euro5 et Euro6 d'occasion en remplacement de plus anciens.

Mais peu importe, comme toujours, le phénomène s'auto-alimente et "le krach annoncé du diesel" est en train de devenir une prophétie auto-réalisatrice.

 

Les sociétés immatriculent encore 85 % de diesels !

Krach du diesel : la faute à qui ?

Bref, il se pourrait que d'ici peu, revendre un diesel relève du même challenge que se débarrasser d'une grosse berline essence au début des années 2000, quand la décote réelle atteignait 60 % en moins de deux ans et que l'on ramassait une familiale 2 litres au prix d'une Twingo. Dans ce cas, effectivement, quelques centaines de milliers d'automobilistes pleureront, tous ceux qui ont acheté un diesel au prix fort et peineront à le revendre 2, 3 ou 4 000 euros moins cher que prévu. On voit mal ce qui pourrait empêcher cette chute des prix sachant que les entreprises - essentiellement par le biais des sociétés de location longue durée - et les loueurs, soit la moitié du marché français, continuent aujourd'hui encore d'immatriculer 85 % de diesels. Des voitures qui encombreront le marché pour encore au moins trois ou quatre ans. Comment les revendront-ils et surtout à quel prix sachant que les particuliers, eux, se convertissent massivement au moteur essence ou hybride et que le "diesel bashing" frappe toute l'Europe ?

Inversement, des centaines de milliers d'autres automobilistes feront d'excellentes affaires, tous ceux qui ne mettent jamais les pneus à Paris, Lille, Grenoble, Rouen, Bordeaux et autres "villes propres", tous ceux qui ne roulent que le week-end et en vacances. Ceux-là paieront moins cher pour consommer moins.

 

"Transfert de richesse" ou "cocufiage" ?

 Si les économistes appellent cela un transfert de richesse, les vendeurs préféreront le terme "cocufiage" et on peut difficilement leur donner tort. Car après tout, ces voitures, ne les ont-ils pas achetées avec bénédiction et subvention de l'Etat ? Les politiques qui aujourd'hui signent ou applaudissent le bannissement du diesel et votent l'augmentation de la fiscalité du gazole sont aussi ceux qui ont signé et applaudi l'instauration du bonus-malus écologique que l'on aurait dû appeler le "bonus diesel" et devrait aujourd'hui être rebaptisé "malus essence".

Krach du diesel : la faute à qui ?

C'est sous la pression des Verts, à la suite du Grenelle de l'environnement de 2007 qu'a été instauré ce système qui, à coup de billets de 200 €, a incité des millions d'automobilistes à se convertir au gazole. Système qui aujourd'hui encore pénalise plus fortement le moteur à bougies d'allumage que celui à bougies de préchauffage. Cette usine à gaz - au sens propre du terme - aura couté plus d'un milliard d'euros aux finances publiques et rempli les centres-villes de diesels avec les conséquences que l'on connaît.

Soyons justes, ces acheteurs de diesel ont souvent agi en dépit de toute logique économique : la moitié d'entre eux parcourent moins de 15 000 km par an alors qu'il en faut 20 000 à 25 000 annuels pour amortir son surcoût à l'achat et à l'entretien.

Mais c'est surtout la logique écologique qui a été méprisée. Dès qu'avait été annoncée l'hypothèse d'un bonus-malus fondé sur les seules émissions de CO2, des voix s'étaient élevées pour que soient prises également en compte celles de NOx et de particules et que des tests de pollution en conditions réelles soient instaurés. Il n'en a rien été, seul comptait l'affichage de beaux résultats et le résultat est celui que l'on constate désormais : la plupart des constructeurs ont optimisé leurs voitures pour les tests d'homologation à coup sde stop & start et autres artifices moins avouables. Les consommations réelles n'ont aucunement diminué - en témoignent les statistiques de vente de carburants - pas plus que la pollution, et ce qui devait être une avancée écologique est devenu un scandale sanitaire et in fine une lourde perte financière pour des centaines de milliers de ménages.

Merci les Verts !

 

Portfolio (2 photos)

Commentaires (79)

Déposer un commentaire

Pour déposer un commentaire, veuillez vous identifier ou créer un compte.

Identifiez-vous

Se connecter ou S'inscrire

Lire les commentaires

Par

Un peu de tout (et beaucoup de n'importe quoi) dans ce qui est écrit.

Par

A puissance et agrément équivalent le.malus qui frappent l essence est ahurissant. Le diesel se vendra encore bien 2018 et l.offre hybride est quasi nulle...

Cocufiage de l etat...terme bien trouvé. L offre pour les familles est quand meme bien restreint écologiquement parlant. Ou sont les monospaces ou suv 7 places hybrides ou électriques et bon marchés???

Par

Les sociétés immatriculent encore 85 % de diesels !

Les plus intelligents sont deja passés chez Toyota en Hybrid.

Par

Moi je suis plutôt un anti-diesel, pour diverses raisons, bruit, vibration, complexité.

Mais je trouve le constat un peu alarmiste, les ventes de diesels n'ont pas chuté de moitié non plus, je dirais que la plupart des gens qui roulaient en diesel de manière inappropriés ne se feront plus avoir.

Et comme les sociétés achètent encore beaucoup de diesel, les particuliers achèterons des occasions plutôt que des neuves et voilà tout.

Et il y a des catégories (gros SUV, monospace) ou le diesel est juste obligatoire si on ne veut pas payer plus cher en essence compte tenu du malus, regardez un Espace essence 225 ch avec son malus de 4000€ alors que le diesel 165ch y échappe

Le diesel est encore tout a fait adapté à plein d'utilisation, notamment à la campagne et dans toute ville moyenne assez loin des métropoles, c'est juste qu'il ne faut plus compter arnaquer les gens en leur vendant des clio/mégane diesel (208/308/polo/golf ...) alors qu'ils habitent en petite couronne

On était juste habitué à se faire escroquer par l’état et nos constructeurs nationaux et Européens c'est tout

Par

Dès que les politiques s'entend mêlent, c'est la même histoire, des mouvements irrationnels dans un sens ou dans un autre.

On a été assommés par les diesels, alors qu'ils étaient franchement sales, et vendus pour n'importe quel usage...

Maintenant que le diesel est moins sale, il est banni, et on va tomber dans l'excès ou inverse du tout essence !

Or y a pas de miracle, les citadines et compactes n'auraient jamais du être diesel, et les catégories supérieur devraient le rester. En attendant du moins une vraie démocratisation de l'hybride chez tous les constructeurs pour toutes les gammes.

Par

La faute à qui ? À Vévé Gang biensur :bien:

Par

En réponse à MotherKaiser

Moi je suis plutôt un anti-diesel, pour diverses raisons, bruit, vibration, complexité.

Mais je trouve le constat un peu alarmiste, les ventes de diesels n'ont pas chuté de moitié non plus, je dirais que la plupart des gens qui roulaient en diesel de manière inappropriés ne se feront plus avoir.

Et comme les sociétés achètent encore beaucoup de diesel, les particuliers achèterons des occasions plutôt que des neuves et voilà tout.

Et il y a des catégories (gros SUV, monospace) ou le diesel est juste obligatoire si on ne veut pas payer plus cher en essence compte tenu du malus, regardez un Espace essence 225 ch avec son malus de 4000€ alors que le diesel 165ch y échappe

Le diesel est encore tout a fait adapté à plein d'utilisation, notamment à la campagne et dans toute ville moyenne assez loin des métropoles, c'est juste qu'il ne faut plus compter arnaquer les gens en leur vendant des clio/mégane diesel (208/308/polo/golf ...) alors qu'ils habitent en petite couronne

On était juste habitué à se faire escroquer par l’état et nos constructeurs nationaux et Européens c'est tout

Pour les SUV/monospaces je pense qu'il y'a quand même du choix niveau sans plomb sans malus ou presque autour des 150 chevaux et avec une conso "raisonnable" autour de 7L5/100 (genre touran tsi 150 ou autre).

C'est plus chaud au dessus mais peu de monde a besoin de 200ch, voir même de 150.

Ce malus uniquement au Co2 a toujours été con de toute façon !

Par

En réponse à MotherKaiser

Moi je suis plutôt un anti-diesel, pour diverses raisons, bruit, vibration, complexité.

Mais je trouve le constat un peu alarmiste, les ventes de diesels n'ont pas chuté de moitié non plus, je dirais que la plupart des gens qui roulaient en diesel de manière inappropriés ne se feront plus avoir.

Et comme les sociétés achètent encore beaucoup de diesel, les particuliers achèterons des occasions plutôt que des neuves et voilà tout.

Et il y a des catégories (gros SUV, monospace) ou le diesel est juste obligatoire si on ne veut pas payer plus cher en essence compte tenu du malus, regardez un Espace essence 225 ch avec son malus de 4000€ alors que le diesel 165ch y échappe

Le diesel est encore tout a fait adapté à plein d'utilisation, notamment à la campagne et dans toute ville moyenne assez loin des métropoles, c'est juste qu'il ne faut plus compter arnaquer les gens en leur vendant des clio/mégane diesel (208/308/polo/golf ...) alors qu'ils habitent en petite couronne

On était juste habitué à se faire escroquer par l’état et nos constructeurs nationaux et Européens c'est tout

Ce que tu vois ceux sont les ventes... c'est a dire la fin de la chaine.

Je peux te dire que coté production donc le debut de la chaine, on est a -40%...

Par

En réponse à BZHC

Pour les SUV/monospaces je pense qu'il y'a quand même du choix niveau sans plomb sans malus ou presque autour des 150 chevaux et avec une conso "raisonnable" autour de 7L5/100 (genre touran tsi 150 ou autre).

C'est plus chaud au dessus mais peu de monde a besoin de 200ch, voir même de 150.

Ce malus uniquement au Co2 a toujours été con de toute façon !

et peu de gens roule en monospace.. C'est loin d'etre le gros des ventes..

Renault vend des clio et des captur, le reste c'est pour la forme..

Et une famille rente facile dans une 308 SW ou bien une prius + si vraiment besoin d'espace....

Par

Depuis le dieselgate, comme par hasard, les tsi ont la côte ...:cyp:

Mais le diesel consomme moins, c est technico-chimique mdr . Et ça, les gens le voient, eux.

Déposer un commentaire

Pour déposer un commentaire, veuillez vous identifier ou créer un compte.

Identifiez-vous

Se connecter ou S'inscrire