Le
dossier du véhicule : faites des recherches
Lorsque
vous achetez une voiture d’occasion, vous devez impérativement
chercher à connaître la vie du véhicule. Si c’est une "première
main", cela ne posera sans doute pas trop de problèmes.
Le propriétaire vous présentera probablement le carnet d’entretien
rempli en bonne et due forme. Par contre, il ne sera pas aisé
de vous procurer des pièces qui racontent la vie du véhicule
si celui-ci a changé plusieurs fois de propriétaire. Dans
ce cas, ne laissez rien au hasard et épluchez la moindre facture.
Le
carnet d’entretien
Grâce
à lui, vous saurez si les révisions ont été scrupuleusement
effectuées aux périodes préconisées par le constructeur. Vous
aurez ainsi connaissance des contrôles basiques et vous pourrez
aussi savoir si des opérations mécaniques d’importance ont
été réalisées. Exemple : le remplacement de pièces comme
la courroie de distribution. Si le vendeur est dans l’incapacité
de vous présenter le carnet, méfiance. Le véhicule n’a peut-être
pas reçu les soins nécessaires à son bon fonctionnement et
à sa longévité. S’il s’agit d’un "pro", celui-ci
pourra vous rassurer en vous offrant une garantie.
Les
factures
Elles
donnent une idée de l’entretien qui a été apporté à la voiture
à travers les remplacements de pièces d’usure (pneumatiques,
plaquettes de freins,
ligne d’échappement,
suspensions,
etc). Relevez les noms des garages. Tant mieux s’il s’agit
toujours du même établissement et qu’il fait partie du réseau
de la marque. Le véhicule aura probablement fait davantage
l’objet de soins minutieux que s’il avait été déposé dans
différents centres spécialisés.
Si vous
vous retrouvez face à un vendeur professionnel, vous en saurez
une nouvelle fois un peu plus. Il vous indiquera clairement
les différentes opérations déjà effectuées et vous dressera
éventuellement la liste des travaux mécaniques qu’il serait
souhaitable de réaliser dans un proche avenir.
La
notice du constructeur
Il ne
s’agit pas d’un détail. Ce carnet de bord, véritable mode
d’emploi du véhicule, est indispensable pour comprendre toutes
ses fonctionnalités. Vous pourrez y trouver, par exemple,
le nombre de litres de carburant restant dans le réservoir
lorsque le signal lumineux indique que vous êtes
sur la réserve. Bref, en cas de panne, ce carnet est très
utile.
L’examen
statique : ayez l’oeil
Cet examen
est déterminant dans le processus d’achat. Si vous n’êtes
pas un expert, n’hésitez pas à vous faire accompagner d’un
ami qui connaît bien la mécanique. Ses conseils seront utiles.
Vous devez inspecter votre future voiture sous toutes les
coutures : extérieures et intérieurs. Ces contrôles doivent
être effectués en plein jour. Refusez un rendez-vous à 20
heures un soir d’hiver. Dans la pénombre, rayures et défauts
ne seront pas décelables.
Si vous
achetez à un "pro", vous aurez au moins la certitude
de voir le véhicule au grand jour. Par ailleurs, le professionnel
engage sa marque et la réputation de son établissement en
exposant des voitures d’occasion dans ses locaux. Il ne peut
donc se permettre de vous présenter un modèle en mauvais état.
Il aura au préalable été préparé.
L’inspection
de points référencés ci-dessous présente une double utilité.
Eviter de tomber sur une voiture piègeuse ou bien faire quelques
économies. En effet, qu’il s’agisse d’un "pro" ou
d’un particulier, le vendeur comprendra que la vente ne sera
pas si facile que cela à conclure si vous dénichez quelques
imperfections. Un joint abîmé, un siège taché, et vous pouvez
toujours tenter de réclamer une petite réduction.
L’extérieur
- Une
peinture neuve : il est possible que le vendeur ait
honnêtement voulu faire un effort pour se débarrasser rapidement
de sa voiture. Mais attention, une couche d’apparat peut
révéler un accident et un passage au marbre. Méfiez-vous
si les portes ou le capot ne sont pas correctement alignés.
Ce peut être un indice. La tôlerie doit être lisse, sans
trace de coups ou de boursouflures dues à la rouille. N’oubliez
pas que faire redresser une tôle vous coûtera quelques milliers
de francs.
- Glaces :
elles doivent descendre et remonter sans à-coups, et venir
s’accoler parfaitement contre les jointures. Attention aux
futures douches froides !
- La
rouille : les voitures d’occasion d’aujourd’hui ne
présentent plus comme autrefois d’importants points de rouille.
Les carrosseries sont de plus en plus résistantes. Mais
regardez tout de même les faces intérieures des portes,
les entourages de vitres, les bas de caisse, les passage
d’ailes et le plancher du coffre. Tout éclat de peinture
peut préfigurer la naissance de points de rouille.
- Les
joints : vérifiez que les caoutchoucs de portière,
de couvercle de hayon ou de malle sont en bon état. Si le
véhicule est équipé d’un toit ouvrant, inspectez aussi ses
jointures.
- Les
pneus : attention, il est obligatoire qu’ils soient
de mêmes marque et de dimension identique sur un même essieu.
Vérifiez ensuite leur niveau d’usure. Bien évidemment, il
ne doit y avoir ni hernie ni déchirure sur le flanc. La
profondeur des sculptures doit être conséquente. Un petit
truc fonctionne toujours. Lorsque vous insérez une pièce
d’un franc dans une sculpture, les pieds de Marianne ne
doivent pas apparaître. Par ailleurs, une usure irrégulière
démontre un défaut dans le parallélisme ou un gonflage à
des valeurs erronées.
En secouant
les roues avant dans l’axe horizontal, il est également possible
de se rendre compte s’il y a un jeu dans la direction. L’ensemble
de cet examen doit être minutieux. Prenez votre temps :
il s’agit de votre sécurité.
Un pneu en mauvais état risque d’éclater et d’entraîner un
accident. Si vous avez des doutes et que vous souhaitez en
changer, dites-le au vendeur et faites entrer cet élément
dans la négociation.
L’intérieur
- Le
compteur : vérifiez que les numéros sont correctement
alignés. A défaut, cela peut vouloir dire qu’il a été "révisé"
à la baisse à l’aide d’un tournevis. Autre astuce de Caradisiac
pour débusquer l’arnaque : assurez-vous que le kilométrage
indiqué n’est pas inférieur à celui de l’étiquette de la
dernière vidange collée sur le carter d’huile.
- Les
housses : la présence de housses est une arme
à double tranchant. On peut considérer que c’est un avantage
car votre habitacle
sera protégé. Mais on peut aussi penser qu’elles sont
là pour cacher des trous ou des brûlures de cigarettes.
N’hésitez pas à les retirer pour vérifier l’état des tissus
de sièges. Si cet examen n’est pas concluant, réfléchissez.
Ce n’est pas une raison pour ne pas acheter la voiture,
mais c’est un motif pour demander une petite ristourne.
- Les
tapis de sol : il ne s’agit pas de se contenter de
la propreté de ses éléments. Le vendeur les aura forcément
nettoyés. C’est l’humidité qu’il faut traquer. Soulevez-les
et voyez si vous apercevez quelques traces révélatrices
de problèmes d’étanchéité.
- Commandes
de bord : ce serait trop bête d’acheter une occasion
dont le feu de recul ne fonctionne pas. Malgré cela, l’auto
peut être une bonne affaire. Mais on n’a pas envie de faire
immédiatement des travaux sur un véhicule que l’on vient
d’acheter. Alors, même si ces vérifications vous semblent
simplistes, assurez-vous du bon fonctionnement de toutes
les commandes : phares, feux (de recul, de position,stop,
clignotant). Vérifiez ensuite le chauffage, les warnings,
le désembuage, les essuie-glaces etc. Les témoins du tableau
de bord doivent s’allumer lorsque vous mettez le contact.
Sur votre lancée, testez aussi l’autoradio et, le cas échéant,
sa commande au volant.
- La
climatisation : après avoir actionné le compresseur,
on constate sa mise en route à une légère baisse de régime
du moteur. Le froid doit s’évacuer des aérateurs au bout
de quelques secondes.
- La
roue de secours : peut-être pensez-vous cette vérification
inutile ? On ne sait jamais : assurez-vous tout
de même de sa présence.
- Attache
de remorque : peu de véhicules en possèdent, mais méfiez-vous
si c’est le cas. La voiture a peut-être été amenée à faire
d’importants efforts pour tracter une lourde caravane. L’embrayage
et le moteur ont pu en souffrir.
Le
moteur
Les fuites
d’huile
A l’arrêt,
les traces de suintement sont aisément repérables. Mais ne
vous affolez pas. Il n’est pas inquiétant d’en voir sur un
moteur : aucun ne peut être parfaitement propre. En revanche,
s’il s’agit d’une fuite, soyez méfiant.
Quatre
cas de figure sont possibles.
1.
Il peut s’agir d’une fuite d’un joint-spi placé près de la
polie. C’est ennuyeux, mais pas gravissime : il est possible
d’effectuer une réparation pour un montant compris entre 500
et 2000 francs soit 75 à 305 euros.
2.
Le joint-spi placé près de l’embrayage et de la boîte de vitesses
peut être également à l’origine de la fuite. Dans ce cas,
le problème est plus sérieux. Il vous en coûtera de 3000 à
5000 francs soit 450 à 760 euros.
3.
Le joint de culbuteur est en cause. Ce n’est rien. Il faut
le changer. Coût : 300 francs environ soit 45 euros.
4.
Le joint d’arbre à cames est à remplacer. Cette fuite peut
occasionner le remplacement de la courroie de distribution,
opération qui reviendra à plusieurs centaines d'euros.
On le
voit, une fuite d’huile n’indique pas forcément une panne
inquiétante. Cela dépend du type de la panne. Mais il est
justement très difficile de réussir à l’identifier. Au mieux,
en vous penchant sous la voiture, vous apercevrez des traces
d’huile. Mais, à défaut d’être un mécanicien professionnel,
vous ne pourrez pas en déceler l’origine.
Il est
préférable de ne pas trop s’attarder sur le véhicule que vous
vous apprêtiez éventuellement à acheter si vous constatez
des coulées d’huile.
L’huile
brûlée émet aussi une odeur caractéristique. Si vous la sentez,
n’achetez pas.
Et, n’oubliez
pas que ces conseils sont surtout valables pour les voitures
vendues par les particuliers. Pour celles des garages, les
garanties offertes vous assurent a priori que vous ne rencontrerez
pas ce genre de mauvaise surprises.
- Les
bornes de batterie :
elles ne doivent pas être recouvertes d’une substance blanchâtre
et sèche. Cet indice traduit un faible niveau d’entretien
de la voiture et peut préfigurer un problème au démarrage.
- Les
durits : ces tuyaux de caoutchouc qui assurent le passage
de liquides nécessaires au bon fonctionnement du moteur
doivent être totalement hermétiques. Aucune trace de fuite
ou de coulure ne doit apparaître.
- Le
radiateur : il risque de s’entartrer si vous décelez
des fuites de liquide blanchâtre. Il refroidira donc moins
bien le moteur.
L’essai
routier : indispensable
Vous
ne devez en aucun cas acheter une voiture sans l’essayer sur
route. Avec un professionnel, vous obtiendrez systématiquement
satisfaction : aucun concessionnaire ne vous refusera
cet essai. En revanche, vous pouvez tomber sur un particulier
qui ne vous donnera pas cette possibilité, en invoquant un
risque d’assurance ou la peur de se faire voler son véhicule.
Dans ce cas, aucune hésitation, passez votre chemin.
Le bruit
: démarrez le moteur et tendez l’oreille. Tourne-t-il rond
?
N’entendez-vous
pas de curieux bruits de cliquetis ?
Méfiance,
si vous entendez des bruits de cognements. Des jeux internes
importants sont à craindre et peuvent à court terme entraîner
la casse de pièces. Un axe de piston qui a du jeu peut durer
quelques temps, mais pas un maneton de bielle. Entendre au braquage
des claquements au niveau d’une des roues est mauvais signe.
Les cardans ou les bras de suspension sont peut-être en mauvais
état.
Le moteur
émet un sifflement aigu
Le bruit
du moteur doit être régulier. Vous ne devez pas entendre subitement
un sifflement, par exemple. Si c’est le cas, tenez-vous en
alerte. Il peut s'agir d'une banale prise d'air si le bruit
s'évanouit au dessus du ralenti. Il peut s’agir aussi du sifflement
traditionnel d'une courroie. Ce n’est pas inquiétant. Plus
grave : un roulement (aussi appelé galet) est peut-être
en train de gripper. Attention la courroie de distribution
peut alors lâcher entraînant des dégâts irrémédiables (soupapes
et pistons) dans le moteur.
- L’embrayage :
une méthode simple pour le tester. Serrez le frein à main
et engagez la troisième vitesse puis relâchez l’embrayage.
Si la voiture cale, c’est bon signe. Sinon, prévoyez le
remplacement du disque d’embrayage. Cette réparation peut
coûter jusqu’à 4000 francs, soit 610 euros.
- La
boîte de vitesses : effectuez un parcours permettant
de passer toutes les vitesses. Une fois engagées, elles
ne doivent pas sauter ni craquer au moment de leur changement.
- Le
maintien de cap : en ligne droite, lâchez le volant
pour ne plus que l’effleurer des doigts. La voiture ne doit
tirer ni à droite, ni à gauche. Si c’est le cas, plusieurs
explications à cela : un problème de parallélisme,
un jeu dans la direction ou un mauvais redressage au marbre.
Bref, de sérieuses raisons de s’inquiéter.
- Le
freinage : freinez en ligne droite après avoir constaté
que vous n’étiez pas suivi. La voiture doit rester dans
l’axe de la route.
- Les
fumées d’échappement : la couleur bleue traduit l’usure
d’un moteur qui consomme trop d’huile. La fumée blanche
indique la présence de vapeur d’eau et laisse supposer que
le joint de culasse est bien fatigué. La fumée noire est
moins préoccupante : le moteur est mal réglé ou
encrassé.
Bien acheter sa voiture