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De
nouvelles énergies pour l'automobile
Des
normes antipollution de plus en plus draconiennes, la
pénurie
de pétrole qui se profile à l'horizon
2043... tous ces problèmes agitent sérieusement
le microcosme des constructeurs automobiles. Ceux-ci rivalisent
de prouesses technologiques pour tenter de trouver des
solutions, quitte à se tourner vers de nouvelles
énergies pour parvenir à leurs fins. Caradisiac
a fait le tour de toutes ces nouvelles voitures, qui "carburent"
différemment.
BMW
750 hL : H2 + O = H2
Le
moteur de la 750 hL fonctionne à l'hydrogène.
Un carburant non polluant (ce qui s'échappe de
l'échappement n'est que de la vapeur d'eau), mais
qui présente de nombreux inconvénients,
comme ceux d'offrir un moins bon rendement que l'essence
(consommation élevée) et d'être très
inflammable au contact de l'air (la moindre étincelle,
et c'est l'explosion !). Pour résoudre ces problèmes,
le constructeur allemand utilise l'hydrogène sous
forme liquide (ce qui permet d'obtenir la densité
d'énergie nécessaire à son utilisation
dans un moteur d'automobile).
Pour cela, il refroidit l'hydrogène à -
253 °C (l'hydrogène se liquéfie à
- 252,87 °C), et le stocke dans un réservoir
réfrigéré. Enfin, BMW a élaboré
un circuit d'alimentation totalement étanche entre
le moteur et le réservoir, qui empêche la
moindre fuite dans l'atmosphère.
Il reste que la production de ce gaz, pour le moment très
confidentielle, coûte très cher (trois fois
plus que pour un litre de pétrole). Pour baisser
les coûts, on peut obtenir de l'hydrogène
par électrolyse de l'eau dans une centrale thermique
solaire. Malheureusement, cette méthode écologique
n'est pas la plus fréquente, on lui préfère
la technique de décomposition catalytique des hydrocarbures
par vapeur d'eau. Ce système, on s'en doute, entraînant
de nombreux rejets polluants, BMW envisage une production
de série à l'horizon 2010. Actuellement,
quinze BMW 750 hL parcourent ainsi le monde et font la
démonstration de ce nouveau mode de carburation.
Ford
Focus FCV : la pile à combustible
La
Ford Focus FCV, présentée à Genève
cette année, utilise, elle, une pile
à combustible. Cette invention ancienne (1839),
remise au goût du jour, a été découverte
par l'Anglais sir William Robert. C'est le premier à
avoir concrétisé le principe énoncé
en 1802 par sir Henry Davy, à savoir que l'hydrogène
combiné à de l'oxygène produit du
courant électrique. Employée auparavant
par l'armée (sous-marins) ou la Nasa (capsules
Apollo), la pile à combustible touche à
présent l'automobile.
Cette technique permet à un véhicule électrique
d'être autonome, tout en ne dégageant que
de la vapeur d'eau pour produire son électricité.
Pour faire fonctionner son moteur électrique, la
Focus FCV utilise de l'hydrogène liquide. Malheureusement,
l'utilisation de ce gaz n'est pas exempte de tout problème
(voir également BMW 750 hL). Il faut le stocker
à - 253 °C, dans un réservoir réfrigéré.
De plus, le poids et le volume du réservoir pénalisent
les performances de la voiture (capable tout de même
d'atteindre les 128 km/h). Mais c'est surtout l'absence
de réseau de distribution qui ne facilitera pas
la pénétration de ce type d'auto dans un
avenir proche.
Pour contourner ce problème, Mercedes utilise du
méthanol pour sa Necar 5 (une Classe A aménagée
à cet effet). Ce carburant est transformé
en hydrogène par un matériel embarqué
utilisant un procédé électrochimique
: le reformage de vapeur d'eau. Cette transformation entraîne
une pollution au dioxyde de carbone (toutefois, en dessous
des valeurs d'un moteur Diesel) ; de plus, le méthanol
étant corrosif, il est nécessaire d'employer
des joints, Durit, etc. spéciaux. En revanche,
la distribution de ce carburant ne nécessite pas
de grosses modifications en infrastructures, une station-service
normale pouvant en fournir. Par ailleurs, de gros progrès
ont été réalisés ces dernières
années pour rendre de plus en plus compacts les
matériels embarqués, si bien que la Classe
A Necar 5 peut transporter confortablement cinq personnes.
Mercedes envisage de commercialiser des voitures "à
pile" dès 2004.
Nissan
Hypermini : tout électrique
La
Nissan Hypermini est une petite auto tout électrique.
Au lieu de transformer une auto à moteur thermique
en électrique (style Peugeot 106 ou Citroën
Saxo électriques), Nissan a conçu une auto
spéciale. Écologique dans l'âme, l'Hypermini
emploie des matériaux recyclés (provenant
de véhicules en fin de vie [VFV]) pour ses éléments
de carrosserie (boucliers, tableaux de bord, tapis de
sol). Elle utilise des batteries lithium-ion, légères
et performantes, qui procurent trois fois plus de capacité
énergétique qu'une batterie traditionnelle
et qui se rechargent en quatre heures pour un coût
réduit (environ un euro, soit 6,56 francs).
Pour le moment, la production (500 exemplaires) de cette
Hypermini est réservée au marché
japonais (administrations, services officiels). Mais elle
fait également l'objet d'une étude grandeur
nature dans la ville d'Ebina, où elle est utilisée
quotidiennement par les résidants et les pouvoirs
publics. Nissan n'envisage pas de l'importer pour le moment
en Europe. Il est vrai que si l'Hypermini dispose de réelles
qualités et de performances très acceptables
pour une citadine grâce à son moteur de 33
ch (100 km/h en pointe, autonomie de 115 km), elle possède
un gros défaut, son prix : 150 000 francs !
Opel
Zafira GNV : branchée sur le gaz
Opel
propose une Zafira utilisant du gaz naturel (gaz naturel
pour véhicules GNV).
Du fait du manque de stations GNV, il est réservé
en priorité aux marchés captifs (taxis,
autobus). Par rapport à l'essence et au gazole,
ce gaz n'exige pas d'être raffiné à
partir du pétrole brut, puisqu'il est composé
à plus de 90 % de méthane, mais
aussi d'hydrogène (en Suède et en Suisse,
le mélange est constitué de gaz naturel
et de Biogaz, produit par les déchets ménagers).
Les avantages du GNV sont identiques à ceux du
GPL. Carburant bon marché, il a moins d'influence
sur l'environnement que l'essence ou le gazole (émissions
de NOX et de CO réduites de 90 % ; de
CO2, de 30 % ; de HC, de 45 % ). De
plus, il contient moins de soufre (facteur limitant les
performances du catalyseur) que le GPL, et les véhicules
équipés en GNV ne subissent pas les mêmes
restrictions pour se garer dans les parkings en sous-sol.
La Zafira GNV réalise 172 km/h en pointe et, grâce
à ses quatre réservoirs de gaz de 110 l
(+ 14 l essence), elle a une autonomie de 550 km.
Toyota
Prius : l'hybride vendue dans le commerce
Prenez
deux moteurs électrique et thermique, couplez-les
à un système électronique chargé
de les mettre en marche indépendamment. Installez
le tout dans une compacte à coffre, et vous obtenez
une Toyota Prius. Bien sûr, c'est le mode de fonctionnement
schématique de cette voiture hybride, mais il a
au moins le mérite d'être simple. Car, en
réalité, le fonctionnement de la Toyota
Prius est bien plus complexe. Au ralenti et à basse
vitesse, seul le moteur électrique (45 ch) fonctionne.
Quand la voiture prend de la vitesse, c'est au tour du
bloc essence (1 497 cm3, 72 ch) de se mettre en route.
Au passage, il alimente également le propulseur
électrique, qui en profite (grâce à
un convertisseur) pour ajouter un peu de puissance - une
accélération un peu forte. Un supplément
d'énergie provenant des batteries donne un peu
de tonus à la voiture. Énergie que les accus
récupèrent à la moindre décélération
ou au moindre freinage, alors que le moteur thermique
se coupe.
Enfin, si la charge n'est pas suffisante, ce dernier se
met en marche pour une recharge rapide. Au volant, toutes
ces opérations se font en douceur, sans que le
conducteur ne s'en doute. Seul un écran de contrôle
sur le tableau de bord indique instantanément à
quoi roule la Prius. Cette hybride se montre, selon le
constructeur, "presque deux fois plus économique
qu'une berline à essence de taille comparable,
et jusqu'à 75 % moins polluante".
Aujourd'hui, s'il existe deux modèles de voiture
vendus dans le commerce, la Toyota Prius et la Honda Insight,
seule la première est disponible sur le marché
français, au prix de 150 770 francs.
Et
le GPL ?
En
perte de vitesse après l'explosion du réservoir
d'une voiture GPL à Vénissieux, le 1er février
1999, le gaz de pétrole liquéfié
a reçu un autre coup bas avec les nouvelles normes
antipollution (Euro III), plus draconiennes. Réputé
moins polluant que l'essence ou le Diesel, le GPL pouvait
se voir condamner en raison du matériel employé
dans les voitures.
Pendant que l'énergie et les moteurs conventionnels
faisaient beaucoup de progrès pour réduire
leurs émissions, le GPL, par la faute du matériel
employé, qui consomme excessivement, produit encore
trop de rejets polluants. Heureusement, les industriels
ont décidé, malgré le coût
élevé de la technique, de passer à
une alimentation beaucoup plus fine (injection multipoint),
qui satisfait dorénavant aux exigences environnementales.
De plus, grâce à l'obligation de pose d'une
soupape de sécurité, les problèmes
d'explosion semblent définitivement résolus.
Ces "sales" histoires terminées, le gouvernement
est venu lui apporter de l'aide en créant un crédit
d'impôt de 10 000 francs pour l'achat d'une voiture
"gépélisée". Il a également
poursuivi sa politique de taxation réduite sur
le litre de GPL à la pompe (30 % de taxes
pour le GPL, contre 60 % pour le gazole). Toutes
ces bonnes nouvelles permettent aujourd'hui d'assurer
au GPL un avenir, sinon radieux, du moins un peu plus
rose. D'autant que l'offre des constructeurs (réduite
à une peau de chagrin en raison des problèmes
de sécurité) a tendance à augmenter.
Ainsi, Renault vient de relancer une Twingo et un Kangoo
GPL, tandis que Saab et Volvo proposent une gamme complète
de modèles. Pourvu que ça dure !
Conclusion
: À quand la vie sans pétrole ?
Comme on le voit, l'essence et le gazole ont encore de
beaux jours devant eux. Les énergies nouvelles,
si elles sont plus écologiques (si on occulte la
pollution pour produire l'hydrogène, le retraitement
des déchets comme les batteries, etc.), ont encore
faire beaucoup de progrès à faire pour équiper
la voiture de M. Tout-le-Monde. Il est nécessaire
de réaliser de nombreux efforts sur la réduction
du volume de matériel embarqué. Les réseaux
de distribution d'hydrogène et de méthanol
doivent se créer ; les coûts, se réduire ;
l'autonomie, le rendement et l'offre, augmenter... Resteront
les problèmes liés à la toxicité
et à la dangerosité de certains produits,
qui freineront forcément leur développement.
Pour le moment, réservées aux flottes captives
(transports en commun, bus), les énergies nouvelles
ne devraient faire leur apparition sur les voitures de
série que dans, au mieux, une dizaine d'années.
Mais, pour rester sur une note optimiste - comme dans
le domaine de la recherche, on ne peut être sûr
de rien -, l'avenir peut aussi nous réserver plein
de bonnes surprises
dont nous ne manquerons pas
de vous faire part dans les prochains mois.
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