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L'avis
d'un spécialiste : Fiona Davies, porte-parole
de l'AIE (Agence internationale de l'énergie)
Caradisiac :
La situation internationale risque-t-elle dengendrer
une flambée des prix des carburants?
Fiona
Davies : C'est possible, vu la région impliquée,
mais pour l'instant, je ne le pense pas. Il faut bien
prendre conscience qu'il n'y a pas de pétrole en Afghanistan.
Pour l'instant, pas de danger donc pour les fournitures
physiques. Les automobilistes peuvent continuer à
rouler tranquillement.
Par
ailleurs, après les attentats du 11 septembre,
les pays producteurs, membres de l'Opep, ont annoncé
clairement qu'ils allaient prendre les mesures nécessaires
pour satisfaire toute augmentation de la consommation.
Caradisiac :
On a assisté à une diminution du prix du baril. À
quoi peut-on attribuer ce phénomène ?
Fiona
Davies : Actuellement, le principal souci
des pétroliers concerne une baisse de la demande,
car tous les producteurs ont pris conscience du risque
de récession, d'où des prix qui ont tendance à chuter.
Ils ont peur, purement et simplement, que les automobilistes
et les industriels réduisent leur consommation, ce
qui entraînerait un manque à gagner important.
Caradisiac :
Il n'y a donc pas de parallèle possible avec ce que
l'on avait connu lors de la guerre du Golf ?
Fiona
Davies : Non, car le Koweït est un producteur
primordial. L'impact que nous pouvons connaître est
forcément moins important. Tant qu'il n'y a pas de
menace directe sur les productions physiques, nous
sommes tranquilles. En revanche, si un attentat venait
à toucher un pipe-line ou une raffinerie, cela changerait
tout, car, non seulement le producteur serait impliqué,
mais aussi toute la chaîne de distribution.
Caradisiac :
Faut-il céder à la panique ?
Fiona
Davies : Il n'y a pas de raison. Au lendemain
du 11 septembre, les Américains ont paniqué pendant
un jour, puis ils se sont calmés. Nous sommes actuellement
dans une situation d'attente. La demande est stable
et les stocks d'hydrocarbures sont importants, il
ne faut donc pas exagérer.
Il
y a quelques années, la situation aurait été radicalement
différente car les stocks n'étaient pas aussi importants
que maintenant. Désormais, il y a peu de chance de
voir les prix flamber en raison d'un manque de stock.
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