La gendarmerie de l’Hérault (34) qui vient aussi d'adopter la moto
banalisée n'utilise pas le même procédé. Le gendarme en civil travaille en solo. Il est muni d'une caméra miniature disposée au niveau
du casque reliée à un magnétoscope embarqué. Cette caméra filme en continu et à
la fin de la journée, les gendarmes dérushent les bandes puis traitent
les infractions. Le PV sont ensuite envoyés par la poste de la même façon que pour
les radars. Et si l'envie de contester se fait ressentir, la gendarmerie
utilise les bandes comme preuve. Radical.
"La caméra, sur une moto banalisée,
filme en continu. Quand on circule en uniforme, les conducteurs, se sachant
observés, sont prudents et respectent le code de la route. Tandis qu'avec cette
méthode, les gens ne nous voyant pas, se comportent comme d'habitude sur la
route et c'est là qu'on peut constater les délits les plus habituels : feu
rouge grillé, clignotant oublié, refus de priorité etc. Vous n'imaginez pas à
quel point le comportement des gens est alors différent", ironise l'un des
dirigeants de la gendarmerie de l'Hérault.
La prévention a bon dos
La moto moucharde commence à faire son bonhomme de chemin auprès des
escadrons de la gendarmerie nationale. Les autorités lui prêtent un caractère
préventif dans le cadre de la sécurité routière. Nous pensons que ce procédé
est un nouveau subterfuge (en plus des cabines radars, des jumelles, des voitures banalisées,
etc) pour soutirer de l'argent à l'automobiliste. Pour le moment les modèles
utilisés sont des Honda 650 Transalp. Nous ne manquerons pas de vous informer
si de nouveaux modèles viennent à être utilisés.
Vers une
généralisation ?
Alors que le nombre de morts sur les routes est descendu sous la barre
des 5000 en 2005, le Ministre des Transports, Dominique Perben a annoncé le
développement "des moyens de contrôle banalisés" et notamment des
motos, pour continuer la lutte contre l'insécurité routière. Il y a donc fort à
parier que d'ici les prochains mois, ces motos envahissent les réseaux
secondaires (nationales, départementales et villes). M. Perben a confirmé que
ce point précis sera abordé lors du prochain conseil interministériel de la
sécurité routière à la fin du mois de janvier 2005.
Caradisiac a souhaité obtenir de plus amples informations sur le sujet mais la
Direction générale de la gendarmerie nationale n'a pas souhaité s'exprimer sur
le sujet. "Ce procédé est une initiative locale qui est encore au stade
expérimental", a-t-elle toutefois précisé. Déçus mais pas découragés, nous
avons alors contacté le chef d'escadron départemental de la sécurité routière
de l'Hérault qui n'a malheureusement pas eu l'autorisation de communiquer sur
le sujet.
Un silence qui en dit long…