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septembre 2005 : le rendez-vous est pris à l’APF,
l’association des paralysés de France, pour
rencontrer Franck Maille. Le jour J, nous faisons
connaissance avec Franck et nous parlons un long
moment. Franck est quelqu’un de très souriant,
chaleureux, ouvert aux autres et qui a très envie
de s’exprimer sur un sujet qui lui tient à cœur :
l’automobile et le handicap. Ma curiosité se
porte sur sa voiture : c’est bien volontiers
que Franck nous montre l’équipement de son
automobile. Nous pouvons voir que tous les éléments
sont mentionnés sur son permis de conduire. Il
faut savoir que lorsque les personnes handicapées
passent leur permis, elles ont une visite médicale
obligatoire qui détermine l’équipement automobile
en fonction de l’handicap.

Sur
le volant, nous observons une fourche, ce qui permet à Franck
de le tourner facilement. A droite du volant, il
y a la présence d’une manette noire : c’est
une manette accélérateur et frein, que l’on appelle
le "tiré poussé". Pour accélérer, il
tire vers lui cette manette et pour freiner, il
la pousse vers l’avant. Elle est reliée aux pédales.
La boîte de vitesse est automatique. Franck nous
retrace son parcours d’automobiliste et nous apporte
des explications sur les voitures aménagées.
Franck
s’était inscrit dans une auto-école en 1994.
Il a passé le code à Valenciennes, sa ville natale,
mais il est allé à Dunkerque pour passer le permis.
Il a loué pendant un mois un appartement à Dunkerque,
en juillet 1994 et il a pris des leçons pendant
ce laps de temps. Le problème, c’était qu’il était
obligé de prendre deux heures pour chaque leçon
et qu’il perdait une heure de conduite sur
les deux à cause du montage et du démontage de
l’équipement dans la voiture de l’auto-école,
qui prenait chacun 30 minutes. Il a obtenu son
permis du premier coup le 1er août 1994.
Il a payé son permis 450 euros au lieu de 1520
euros car il a été aidé par une association. Il
a fait une demande de subvention pour que l’Etat
prenne en charge une partie du paiement de sa première
voiture équipée. Il faut savoir que c’est
très compliqué d’obtenir une subvention :
il a dû attendre six mois pour en bénéficier, il
a été obligé au préalable d’avancer la totalité du
coût de la voiture équipée avant d’être remboursé d’une
partie six mois plus tard. Et il a dû attendre
encore deux semaines pour que l’équipement
soit installé. Ainsi, il n’a pas pu conduire
pendant de nombreux mois. En plus du coût normal
d’une voiture, il a payé l’équipement
qui équivaut à 8000 euros.
C’est
un luxe d’avoir une voiture quand
on est handicapé
D’après
Franck, le coût d'une voiture aménagée est une
des raisons pour lesquelles peu d’handicapés
conduisent aujourd’hui. Puis, la plupart
des assurances ne veulent pas prendre en charge
des jeunes conducteurs handicapés : Franck
a eu du mal à en trouver une. Et il existe un surcoût :
un jeune conducteur handicapé doit payer environ
2 300 euros par an ! Le prix de l’équipement
d’une voiture oscille entre 1 100 euros et
45 000 euros, en fonction de l’handicap mais
aussi des options. Sa première voiture a été une
Fiat
Punto l’équipementier
qu’il a sollicité s’appelle okey. Sa
voiture actuelle est une Toyota Yaris et
l’équipementier est Pimas. J’ai demandé à Franck
de les comparer. L’équipement de la Fiat
Punto était complet mais il était cher et peu fiable :
elle a eu une durée de vie de 7
ans. Franck effectuait souvent de longs trajets
et cette voiture équipée n’était faite en
réalité que pour des trajets courts et occasionnels.

La
voiture disposait alors d’une porte coulissante
et d’un bras manipulateur qui range le fauteuil
facilement : d’une part ce bras n’était
pas pratique car il prenait toute la place arrière
et d’autre part, il tombait en panne souvent.
Il a acheté la Toyota Yaris en 2002, qui n’était
pas équipée à la base. Il a souhaité installer
par la suite la fourche (230 euros) et le tiré poussé (1300
euros) et il n’a pas voulu d’un bras
manipulateur. Il aurait aimé avoir une porte coulissante
mais ce n’était pas possible avec la Yaris.
Il a ainsi gagné de la place et a fait des économies
mais il a été obligé de s’entraîner pour
ranger lui-même le fauteuil roulant à l’arrière.
Le
problème, c’est que s’il souhaite changer
de voiture, il ne pourra réutiliser que la fourche :
le reste ne pourra pas être adapté sur une autre
voiture et il devra acheter un nouveau tiré poussé par
exemple. Donc s’il veut passer une annonce
pour vendre la Toyota Yaris a une personne non
handicapée, cela doit prendre plus de temps pour
que la transaction se fasse : il faut trouver
un acheteur, et une fois l’acheteur trouvé,
il faut enlever l’équipement tout en retrouvant
rapidement une voiture qu’il faudra équiper
le plus vite possible pour qu’il n’y
ait pas de temps d’attente. Sachant qu’il
devra faire lui-même le démontage car l’équipementier
de la nouvelle voiture ne le fera pas : c’est également
compliqué! Sa voiture actuelle est véritablement
une voiture normale, et les automobilistes non
handicapés peuvent la conduire, en utilisant les
pédales et non le tiré poussé : ce qui est
bien, c’est que l’on n’a pas
besoin d’enlever ce dernier pour se servir
des pédales.
Les
astuces de Franck

Franck
n’a pas beaucoup de force dans les mains.
Il a trouvé un système D ingénieux qui lui permet
d’ouvrir le coffre : il a accroché une
ficelle, ce qui lui permet d’appuyer sur
le bouton tout en s’aider de la ficelle pour
parvenir à ouvrir le coffre. Il garde à sa portée
de main la portière afin de ranger ses affaires
ou son fauteuil car si elle est complètement relevée,
il est impossible pour lui de l’attraper à cause
de sa hauteur et de fermer le coffre. Afin
de rabattre le siège passager (manipulation qu’il
effectue couramment pour ranger son fauteuil roulant à l’arrière),
il a fixé une ficelle à la barre pour éviter d’acheter
une barre supplémentaire qui coûte la bagatelle
de 300 euros !
Après
ce tour d’horizon de son automobile et de
son équipement, c’est parti pour un grand
tour en voiture avec Franck !
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