|
Mardi
14 avril : départ de Paris
C'est
le grand départ. Plus de 200 voitures d'époque
attendent, alignées sagement le long de la place
du Trocadéro à Paris, que le signal soit donné pour
un périple de plus de 2 000 km à travers
les routes départementales françaises. De la Ferrari
GTO
à la GT 40, en passant par les Aston Martin, les
Bentley,
les
AC Cobra, les Mercedes SL avec leurs célèbres “portes
papillon”, les DS et les non moins célèbres 2 CV
jusqu'aux Lancia Stratos, toutes sont là pour nous
rappeler un peu d'histoire.
Des voitures exceptionnelles
Seule
mauvaise nouvelle, il pleut, et pour faire le parcours,
en décapotable, on aurait souhaité des conditions
plus agréables… Heureusement, je suis avec un marin
qui, à force de prendre des tonnes d'eau sur la
figure lorsqu'il est sur son bateau, n'envisage
pas une seconde d'avoir la même sensation au volant
d'une voiture. Nous décidons donc de partir capotés,
priant le ciel pour que celle-ci soit étanche.
L'intérieur
de l'AC Cobra est un mélange de cuir rouge sur les
sièges, de moquette rouge, et de cuir noir pour
le tableau de bord. Quelle classe ! et dire
que cette voiture a été mise en circulation en 1963…
Dès que le contact est mis, le bruit du V8 nous
remplit de joie. Nous nous regardons, le sourire
bloqué au niveau des oreilles, et nous débutons
notre périple, fiers comme Artaban, à l'image de
deux gamins à qui l'on aurait confié un superbe
jouet. Je tiens d'ailleurs à remercier tout particulièrement
Patrick Peter, l'organisateur, qui nous a gentiment
prêté “sa” voiture.
Direction Montlhéry, Le Mans
Une
certaine agitation générale emplit le Trocadéro
à l'annonce du départ, si bien que dès la première
montée, après le pont de Sèvres, une magnifique
Ferrari est déjà dans le mur. Heureusement, la plupart
des participants étant fortunés, la tôle froissée
n'a pas l'air de les inquiéter outre mesure… Nous
prenons la direction du circuit de Montlhéry, puis
cap sur Le Mans, avec quelques tours sur le circuit
Buggati.
Au
fur et à mesure du parcours, nous apprenons à connaître
et à sentir notre machine. Avec un capot qui n'en
finit pas et un arrière plutôt court, l'AC Cobra
signe sa position de voiture sportive et agressive
: puissance, reprise et couple sont ses principales
qualités. Vu son poids plus que conséquent à l'avant,
nous allons comprendre rapidement qu'il est préférable
de rentrer tôt dans les courbes et d'arriver assez
vite sur les freins, afin d'inscrire l'avant de
la voiture. Sinon, en tentant la trajectoire normalement
idéale pour tout autre véhicule, nous avons la désagréable
sensation d'être éjectés à deux mètres de la corde,
et d'avoir à nous battre avec le volant pour ramener
l'engin dans le droit chemin. À la sortie des virages,
il nous faut remettre les gaz progressivement, sinon,
surprise, l'arrière a une forte tendance à passer
devant plus rapidement que prévu.
Mercredi 15 avril : Le Mans-Bordeaux
J'ai
oublié de vous préciser le fonctionnement du Tour
Auto. En fait, il y a deux catégories :
La
catégorie course, avec des pilotes comme notre célèbre
Jean Ragnotti
national et son homologue allemand, Walter Röhrl.
Deux types d'épreuves sont au programme : une
épreuve chronométrée sur circuit, et deux ou trois
spéciales sur route fermée.
La
catégorie régularité (dont nous faisons partie) :
nous avons les mêmes circuits et les mêmes spéciales,
mais avant chaque départ, nous avons à choisir notre
temps, et nous devons nous en rapprocher le plus
possible.
Départ
du Mans, direction le circuit du Val-de-Vienne,
en empruntant toutes les plus belles départementales
de la région et en passant aussi par les plus beaux
petits villages.
Après
quelques tours sur le circuit, la prochaine étape
sera Bordeaux.
Jeudi 16 avril : Albi-Carcassonne
Le
parcours sillonne les châteaux des grands crus bordelais.
Nous passons dans le célèbre village de Saint-Émilion,
résistant même à l'appel de certaines dégustations…
C'est
impressionnant de voir le nombre de personnes amassées
sur le bord de la route pour nous voir passer, enfin
plutôt pour voir les voitures passer !
Nous
tournons ensuite sur le circuit d'Albi, puis direction
la citadelle de Carcassonne. Nous avons la chance
d'y arriver de nuit, par une petite route qui débouche
face aux remparts, illuminés. Magnifique !
Vendredi 17 avril : Trois spéciales au programme
Départ
glacial et venté : il ne fait que trois petits
degrés dans la citadelle, et l'idée de décapoter
ne nous vient même pas à l'esprit. Aujourd'hui,
trois spéciales sur route fermée nous attendent,
avant d'atteindre la célèbre ville d'Aix-en-Provence.
Philippe conduit sur toutes les spéciales, et je
prends le relais pour les liaisons. Me connaissant,
je préfère ne pas être trop sous l'influence d'un
chrono avec un tel véhicule entre les mains !
Samedi 18 avril : Arrivée à Cannes
Dernière
étape pour rallier Cannes et sa Croisette, en passant
par les petites routes de la montagne Sainte-Victoire,
la Sainte-Baume, Draguignan et le bord de mer. Il
fait toujours aussi froid et venté, mais cela ne
décourage pas les spectateurs épris de belles voitures.
Le
rêve prend fin, mais la joie d'avoir été au volant
d'une voiture aussi mythique restera à jamais gravée
dans ma mémoire.
Vous
l'aurez compris, l'AC Cobra est un véritable bijou
à conduire, et même si quarante ans ont passé depuis
sa conception, le bonheur d'être au volant d'un
pareil bolide demeure intact.
L'histoire de
l’AC Cobra
C'est
en 1960 que Caroll Shelby, un Texan, ancien
pilote de course, entreprit des négociations
avec le constructeur anglais AC Cars, en vue
de construire, grâce à l'appui et au savoir-faire
de la Ford Motor Compagny, la voiture de course
la plus rapide et la plus agressive jamais
imaginée : l'AC Cobra. Cette voiture
fut conçue, à l'époque, pour concurrencer
les non moins célèbres Ferrari GTO. Dès 1962,
la société AC Cars Production se concentre
sur sa fabrication, et se charge de faire
ajuster minutieusement, à la main, chaque
modèle, dans l'usine de Thames Ditton.
Flanquée
d'un châssis tubulaire en aluminium et d'un
moteur Ford V8, l'AC Cobra sera inscrite au
Guinness Book des records pour avoir
atteint, en 1963, sur l'autoroute M1 à 196
mph, soit 320 km/h environ ! En 1964,
deux AC Cobra s'alignent au départ de la célèbre
course des 24 Heures du Mans et, en 1965,
cette voiture mythique remporte The Sports
Car World Championnship.
|
.
Retrouvez
nos dernières Rubrique d'Isabelle Patissier:
|
|
 |

Des
voitures légendaires
à perte de vue…

Isabelle
Patissier avec L'AC Cobra 289 Mark II

Le
numéro 220 prend le
départ de la place du
Trocadéro à Paris

L'arrivée
à Cannes.
|