Caradisiac : Quand
on est une championne d'escalade, on s'intéresse
à l'automobile ?
Isabelle Patissier : C'est le moins
que l'on puisse dire ! Je venais juste de passer mon permis,
je n'y tenais plus, j'ai emprunté la 4L de mon frère
Ensuite, j'ai eu une Renault 5 pendant un an.
Caradisiac
: C'étaient des voitures plutôt sages !
Isabelle
Patissier : Oh, c'était une question d'argent.
Mais je me suis quand même amusée avec la R5,
au point d'avoir deux accidents dans la semaine qui a suivi
son achat, mais ce furent les seuls.
Caradisiac :
Des imprudences ?
Isabelle Patissier : Un petit peu
: en plein hiver, j'ai glissé sur une plaque de verglas
et j'ai heurté la voiture de devant. La seconde fois,
j'ai doublé sans trop de visibilité, et j'ai
frotté une voiture, mais rien de grave. En fait,
peut-être n'allait-elle pas assez vite, cette R5 ?
Et dès que j'ai mis un peu d'argent de côté,
je me suis fait plaisir.
Caradisiac : En
achetant ?
Isabelle Patissier : Une Peugeot
205 Rallye, puis une 205 GTI 1,9 !
Caradiac : Ce
n'était plus la même chanson ?
Isabelle Patissier : Plutôt
! À l'époque, j'habitais à Lyon, et
j'allais m'entraîner avec d'autres escaladeurs du
côté d'Aix-en-Provence ou de Marseille. Tous
les week-ends, on partait à plusieurs voitures, et
c'est vrai que l'on devait rouler un peu trop vite. Je devais
bien faire 80 000 kilomètres par an.
Caradisiac : Des
frayeurs sur ces routes de montagnes ?
Isabelle Patissier : Non, ni appréhension,
ni peur.
Caradisiac : Même
aujourd'hui, alors que vous faites des courses sur circuit
?
Isabelle Patissier : Vraiment,
jamais. Je crois que cela vient du sport que j'ai pratiqué
pendant si longtemps. Pour escalader une paroi, il faut
anticiper, être précis, concentré. Autant
de qualités dont il faut aussi faire preuve au volant.
Autre point commun : la lecture du terrain. Quand on s'attaque
à une montagne, on lit à l'avance sur plusieurs
mètres la nature du revêtement qui nous attend.
En rallye-raid, c'est pareil.
Caradisiac : Justement,
votre nouvelle vie, c'est la course automobile. Comment
vous est venue cette passion ?
Isabelle Patissier : J'ai toujours
rêver de faire de la course. Tout a commencé
l'année dernière, par un coup de fil d'un
ami de Luc Alphand, qui faisait à l'époque
le Dakar. Sa proposition ? Participer à la Star Cup.
Trois jours plus tard, j'étais à Spa pour
la première course.
Caradisiac : Et
alors ?
Isabelle Patissier : Spa, c'est
terrible. Vous imaginez, c'était quand même
une sacrée mise en route ! En fait, je suis arrivée
à fond dans tous les virages et, inévitablement,
je me suis retrouvée en tête-à-queue
dans tous les virages. J'ai entendu dire : "Celle-là,
elle est folle, il va falloir la calmer !" Dès
le deuxième tour de la course, en haut du fameux
raidillon, je me suis pris le vibreur un peu de côté,
et je suis sortie.
Caradisiac : Beau
début de carrière !
Isabelle Patissier : Ça
ne m'a pas empêchée de continuer. J'ai pris
des cours, j'ai fait du kart, de la Formule Ford et, finalement,
j'ai décroché la troisième place à
ma première participation au Rallye des Gazelles.
Caradisiac : Et
la Star Cup, c'est fini ?
Isabelle Patissier : Non, je continue.
On s'amuse bien. Il y a les pros, comme Alexandre Debanne
qui roule tous les week-ends, et les amateurs, comme Gustin
et Bruno Solo.
Caradisiac : Bruno
Solo n'est pas trop coriace ?
Isabelle Patissier : Non, ça
va, d'ailleurs, je ne suis même pas certaine qu'il
ait son permis
Le plus coriace, c'est Rémy
Julienne. Je me suis tirée la bourre toute la saison
avec lui. Il est adorable, mais il m'a tout le temps fermé
la porte.
Caradisiac : Peu
galant, le vieux briscard
Isabelle Patissier : On peut le
dire. À Zolder, il m'a même doublée
sur l'herbe à l'entrée d'une chicane. Pendant
huit tours, j'étais collée derrière
lui, et finalement, il s'est sorti. J'ai voulu l'éviter,
mais j'ai filé droit dans le mur. Course finie pour
moi, pas pour lui. Après, on en a bien ri.
Caradisiac : Vos
projets pour 2001 ?
Isabelle Patissier : Trouver des
sponsors pour les rallyes de Tunisie, du Maroc, ou le Master
Rallye (l'ancien Paris-Moscou-Pékin). L'appel est
lancé.