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En
remportant le dernier rallye de Monte Carlo, Sébastien
Loeb, sur Citroën
Xsara WRC, a frappé un grand coup. Malheureusement
pour lui, il a été rétrogradé
à la seconde place pour avoir changé de pneus
dans une zone interdite. Tommi Makinen a donc été
déclaré vainqueur devant le français.
Le Finlandais détient désormais avec 24 victoires
le record de succès en mondial. Malgré cet incident,
Sébastien Loeb, 28 ans seulement, a éclaboussé
ce Monte Carlo de sa classe et de son talent. Rencontre avec
un futur grand.
Caradisiac : Vous avez dominé
le Monte Carlo de la tête et des épaules, quel
élément a été le plus déterminant
dans votre suprématie ?
Sébastien
Loeb : La gestion de la pression. Quand nous avons débuté
le rallye, nous en avions aucune. Ensuite, quand on s'est
retrouvé premier devant Makinen, il a fallu la gérer
et ce n'était franchement pas évident. Cette
victoire est donc encourageante et surtout importante pour
nous car cela démontre que nous pouvons résister
à une forte pression malgré notre faible expérience
à ce niveau.
Caradisiac
: Citroën ayant retiré son appel, vous avez
été déclassé à la seconde
place par la FIA pour avoir changé de pneus dans
une zone interdite. Comment réagissez-vous à
l'annonce de cette nouvelle ?
Sébastien Loeb : Cela ne change pas grand
chose pour moi : je sais que j'ai gagné. Une victoire,
cela se remporte sur le terrain car sur tapis vert c'est
toujours plus facile. Tous les autres pilotes savent que
c'est moi qui ai emporté ce rallye. Même si
les autorités me retirent quelques points en me déclassant
de la première à la seconde place, cela n'est
pas vraiment important car je reste toujours bien classé
au championnat du monde. Le grand vainqueur, c'est moi
Caradisiac
: Quelles ont été les réactions des
autres pilotes après votre arrivée ?
Sébastien
Loeb : Sainz, McRae, Makinen, entre autres sont venus
me féliciter. Ce n'est pas étonnant car vous
savez, il y a une bonne ambiance entre pilotes dans le championnat
du monde des rallyes.
Caradisiac
: Après votre titre Mondial en Saxo 1600 et ce succès,
vous apparaissez comme le pilote en forme de chez Citroën.
Peut-on dire que vous êtes le N°1 ?
Sébastien Loeb : Non, pas vraiment. Citroën
a bâti un programme pour cette année autour
de 7 rallyes ( Monte Carlo, Suède, Catalogne, Acropole,
Kenya, Finlande et Deutschland) et nous nous répartissons
les courses entre pilotes. Radstrom, Bugalski et moi avons
les mêmes voitures car nous sommes en phase d'apprentissage
avant l'an prochain où nous serons engagés
sur tout le championnat ; il n'y a donc pas de hiérarchie
entre nous.
Caradisiac
: Pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, pouvez-vous
nous parler de vos débuts ?
Sébastien
Loeb : Après avoir été pendant
deux années consécutives finaliste du Volant
Rallye Jeune, j'ai vraiment fait mes débuts de rallye
en 1997 grâce à l'association privée
"Ambition Sport Auto" qui m'a permis de courir
en achetant une Peugeot
106 et j'ai été élu Espoir par
le magazine Echappement. L'année suivante, j'ai continué
avec une Citroën
Saxo dans le Trophée Kit Car, et je suis devenu
membre de l'équipe de France Espoirs FFSA. En 1999,
j'ai remporté cette compétition et Citroën
a commencé à me soutenir. Ensuite, en 2000,
j'ai participé au championnat de France des rallyes
sur terre et fait mes grands débuts en championnat
du monde au volant d'une Toyota
Corolla. Cette même année, j'ai terminé
à la 2e place du San Rémo avec la Xsara. Enfin,
en 2001, j'ai été sacré champion du
monde FIA Super 1600 avec une Saxo et champion de France
des rallyes avec une Xsara.
Caradisiac
: Quelles sont vos ambitions personnelles ?
Sébastien
Loeb : Ce serait bien de réaliser de belles performances
sur le rallye de Catalogne que l'on connaît bien et
sur celui de Deutschland qui est nouveau. Etre performant
sur la terre est également l'une de mes priorités.
En 2000, je suis allé courir sur terre car je voulais
apprendre et acquérir de l'expérience sur
cette surface. Malgré tout, il me manque des connaissances,
il faut donc que je travaille encore afin d'obtenir des
références.
Caradisiac
: Dans la vie de tous les jours, êtes-vous reconnu
dans la rue ?
Sébastien Loeb : Oui, ça commence,
mais vous savez ce n'est pas cela que je recherche. Etre
reconnu dans la rue n'a aucune importance pour moi. Ce que
je veux c'est gagner ! A la limite, je préfèrerais
être champion du monde et totalement inconnu
Caradisiac
: Quotidiennement, quelle voiture utilisez-vous ?
Sébastien
Loeb : Pour circuler régulièrement, je
dispose d'une Citroën
Xsara 16 v VTS. Pour ceux qui ne connaissent pas ce
modèle, il s'agit de la version la plus sportive.
Caradisiac
: Quand vous étiez jeune, aviez-vous une idole ?
Sébastien Loeb : Non pas vraiment, car je
n'ai jamais été fan de quelqu'un en particulier.
J'admirais tous les pilotes de rallye dans leur globalité.
Ma motivation vient de mon envie de me dépasser et
de me mesurer aux autres, c'est tout.
Caradisiac
: En ce début d'année que peut-on vous souhaiter
?
Sébastien
Loeb : De faire aussi bien et d'aller aussi vite. Si
on pouvait avoir la même réussite sur terre,
ce serait formidable car cette surface offre des sensations
extraordinaires avec énormément de glisse.
C'est une conduite qui peut être assimilée
à celle sur glace. J'attends d'ailleurs avec beaucoup
d'impatience la prochaine épreuve, le rallye de Suède
qui se déroulera du 01 au 03 février prochain,
car il est très rapide et l'on peut parfois atteindre
des moyennes approchant les 200 km/h.
Propos
recueillis par Olivier Pagès
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