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Le
scénario
Dans
un futur post-apocalyptique, flics et bikers anarchistes se battent pour
la suprématie
de la route. Dans chaque camp, fanatisme et violence ont force de loi.
Max est un jeune flic. En tant que pilote émérite, il est acteur de cet
affrontement sans pitié. Dans ce monde de dégénérés, Max se distingue par
sa normalité. Mais lorsque "Toecutter" et sa bande de
motards s’en prennent à sa famille, ses idéaux de justice volent en éclat.
Il tombe
alors dans une spirale vengeresse. Max devient fou, Max devient Mad Max.
Il traque, il tue. Sans pitié.
Le
film le plus rentable de l’Histoire
350.000
$ de budget. Un James Bond engloutie cent fois cette somme rien que
dans sa campagne marketing. Autant dire que Mad Max est fauché comme
les blés.
Un film
de science fiction, un budget dérisoire ; il fallait donc se serrer la ceinture
pour rester crédible. Et surtout, faire des choix. De bons choix apparemment,
puisque le côté cheap du film ne se ressent pas vraiment à l’écran et apporte
même un certain cachet. Car les producteurs ont pris le parti de privilégier
la qualité de la prise de vue plutôt que d’investir dans des artifices
qui, au final, n’auraient pas réussi à masquer le cruel manque d’argent.
En conséquence, tout ce qui se voit à l’écran est réel : paysages,
décors et véhicules.
Mad Max a été un succès planétaire. 100 millions
de dollars de recettes. Avec des gains de block-buster pour un budget de
série B, Mad Max est longtemps resté le film le plus rentable de
l’histoire. Il a finalement été détrôné en 2000 par un objet cinématographique
non identifié : Le Projet Blair Witch.
Le nouveau
western
Un soleil
de plomb. Un paysage semi-désertique, immense, sur lequel des routes tracent
un trait vers l’infini. Sur ces lignes d’asphalte, les voitures roulent à gauche.
Pas de doute : c’est l’Australie. Dans Mad Max, à chaque instant,
on s’attend à voir passer les remorques d’un "road-train",
monstrueux camion dont le pare-choc, démesuré, défierait buffles et kangourous.
A ce
paysage australien typique, s’ajoute un autre élément très "20ème
siècle" : les véhicules sortis tout droit des années 70.
Pour des raisons évidentes de budget, les voitures ne sont pas des modèles
futuristes. Même chose pour les motos. Ce sont là des véhicules d’époque,
plus ou moins modifiés pour les besoins du film. Ainsi, Max est au volant
d’un modèle
tuné de Ford XB Falcon 1973. Son grand ennemi, "le chirurgien",
chevauche pour sa part une Kawazaki KZ1000. D’autres motos du constructeur
japonais, les mythiques H2 750 et Z1 900, sont aussi de la fête.
C’est
vrai : on ne peut pas dire que le futur transpire vraiment dans Mad
Max. Pour autant, toutes ces traces du réel présent ne viennent pas
décrédibiliser le film. Au contraire, ces éléments collent bien au contexte
post apocalyptique. Ils participent aussi à instaurer cette ambiance si
particulière. Les voitures sont des colts. Les motos : des chevaux.
Et les grandes étendues sauvages deviennent le cadre de véritables duels
motorisés.
Les
personnages nihilistes, la guerre des clans, la vengeance solitaire, autant
de thématiques qui viennent compléter ce tableau. Par moment, la lumière
crue et les gros plans audacieux sur les visages burinés renforcent encore
la comparaison. Oui, Mad Max est un western.
Max is mad
Mad Max est
aujourd’hui reconnu pour ses qualités cinématographiques
d’avant-garde. Pourtant à sa sortie en 1979, le film sent le souffre. Il
dérange par sa violence, sa noirceur. On va même jusqu’à lui prêter une
idéologie fascisante. C’est précédé de cette exécrable réputation que le
film débarque en France. Et la censure ne l’épargne pas : Mad Max est
classé X. Il sort dans les circuits de distribution pornographique, amputé de
ses scènes les plus dures. Il faudra finalement attendre 1983 pour que Mad
Max renaisse dans des conditions normales et retrouve enfin sa dignité.
Autre
temps, autres mœurs… la violence du film nous paraît aujourd’hui plus relative.
Certes, Mad Max est violent. Meurtre, viol, torture : tout
y est. Cependant, grâce à une utilisation habile du hors-champ, cette barbarie
nous est d’avantage suggérée que montrée. Les nombreux crimes perpétrés
dans le film ne sont, somme toute, que rarement exhibés à l’écran.
En définitive,
la violence se révèle plus morale que physique. C’est le personnage de
Max qui dérange. Sa déchéance fait peur. On croyait voir un héros, on découvre
un vengeur implacable et cruel. Il traque ses ennemis et les tue jusqu’au
dernier.
Mais
point de salut dans cette quête sanglante : Max ne trouvera jamais
la paix.
La violence
n’a pas d’issue, elle consume tout. Voilà le message du film.
Mal compris à son époque,
George Miller ne fait donc pas l’apologie de la violence. Il choisit d’exposer
l’humanité dans toute sa noirceur et distille une vision pessimiste du
futur. So punk.
A retenir
Mad Max est
un cri. Celui d’une génération qui ne croit plus en
son avenir. Au final, George Miller réalise une œuvre brutale dont le scénario
simpliste cache une réelle profondeur. Un film dur, violent et pessimiste.
En avance
sur son temps, la réalisation du film est exceptionnelle
compte tenu de ses faibles moyens. A voir, ou revoir ne serait-ce que pour
les scènes de poursuites qui, encore aujourd’hui, font figure de références.
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Sommaire
de l'article
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MAD
MAX : vengeance,
violence et grosses
cylindrées |
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Texte
: Titien Cordani
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