|
Indépendante
au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, puis dévastée
par un long conflit avec sa voisine du Nord, la Corée du
Sud n'est entrée dans l'ère industrielle qu'à la fin des
années cinquante. Largement soutenu par les États-Unis (garants
de l'indépendance nationale), ce décollage industriel fut
alors des plus spectaculaires. En quelques années seulement,
d'énormes conglomérats s'érigèrent dans la péninsule. D'abord
orientées vers la production lourde (métallurgie, chantiers
navals, chimie), ces sociétés se lancèrent ensuite dans
la commercialisation de biens de consommation (TV, hifi,
etc.), avant de se consacrer à l'automobile. Développée
initialement en étroite collaboration technologique et financière
avec les "grands" américains mais aussi japonais,
cette industrie consacre une large partie de sa production
aux véhicules industriels (camions, bus, 4X4 pour l'armée).
A lorigine,
des voitures peu innovantes mais bon marché
C'est
seulement à la fin des année soixante que la part dédiée
aux véhicules particuliers commence à devenir significative,
avec la commercialisation de modèles étroitement dérivés
des productions européennes ou japonaises. Après cette phase
"d'échauffement", les constructeurs coréens lancent
la production de modèles originaux qui partent alors à la
conquête de marchés extérieurs. Des véhicules souvent guère
innovants mais extrêmement bon marché, qui ne tardent pas
à rivaliser avec les productions japonaises sur les marchés
américain puis européen à partir des années 1993-1994. Un
peu désuètes, parfois baroques dans leurs lignes, desservies
par un réseau commercial balbutiant, les coréennes sont
d'abord à la peine sur les marchés européens, notamment
français, avant de se faire plus fiables et plus attrayantes.
Une percée ralentie cependant par une crise économique secouant
le Sud-Est asiatique, doublée de vastes mouvements sociaux
dans un monde ouvrier coréen privé des droits les plus élémentaires.
Après
quelques années de tourmente, qui ont vu les fusions de
Hyundai avec Kia et de Daewoo avec Sang Yong, l'industrie
automobile coréenne se veut toujours aussi conquérante,
même si elle doit faire face au remboursement de dettes
énormes.

Retrouvez
nos dernières sagas des marques:
|
|
|