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À
l'aube des années trente, le Japon est totalement dépendant
des importations dans le domaine automobile. L'avènement
d'un gouvernement ultranationaliste va bouleverser les choses
en 1936, en instaurant des droits de douane élevés sur les
produits étrangers. Une décision qui s'accompagne dans le
même temps d'une loi sur l'industrie automobile accordant
de larges facilités financières aux entrepreneurs nationaux.
Toyoda Loom Works, qui inventa le métier à tisser automatique
avant de devenir l'un des géants de l'industrie textile,
saisit l'opportunité et lance (de façon prémonitoire, ou
très bien renseigné sur les changements politiques) l'étude
d'un prototype. Il est réalisé sous la responsabilité de
Kiichiro, le fils de Sakichi Toyoda, fondateur de l'empire,
et apparaît en 1933. Il s'agit d'une grosse berline, baptisée
AA, dont la ligne s'inspire de celle de la Chrysler Airflow,
sur la base mécanique d'une Chevrolet.
Toyota,
l'un des géants de l'industrie textile
Mise
en production sous l'appellation A1, elle connaît rapidement
un vif succès auprès des hauts fonctionnaires, militaires
et, dans une version simplifiée, auprès des chauffeurs de taxi.
Au
lendemain de la Seconde Guerre mondiale, si la production
de véhicules industriels reprend rapidement, celle des automobiles
particulières ne redémarre qu'en 1947. Dans un Japon ruiné
par le conflit et souffrant de la pénurie de matières premières,
la priorité est donnée aux petits modèles économiques, de
faible cylindrée, destinés aux chauffeurs de taxi. Lorsque
les Américains (la force d'occupation) finissent par lever
toutes les interdictions liées à l'industrie lourde, à l'aube
des années cinquante, le Japon entame une spectaculaire
croissance. Photographie, bureautique, audiovisuel et surtout
automobile connaissent un développement extraordinaire grâce
à une stratégie d'exportation agressive.
3e
rang mondial en 1971
Numéro
un japonais, Toyota prend rapidement ses distances avec
le marché intérieur, fort limité, et s'attaque au marché
américain dès 1957, puis à l'Europe dix ans plus tard, et
enfin à l'Afrique, à l'aube des années soixante-dix. Les
cadences de production s'affolent. Si la marque a mis vingt-cinq
ans pour atteindre son premier million de véhicules, produit
en 1962, il ne lui faudra que trois ans pour passer à deux
millions, et moins d'un an pour dépasser les trois millions,
en 1966 ! Dès 1971, Toyota se hisse au troisième rang
mondial avec une production qui dépasse annuellement le
million et demi de véhicules, dont plus de 60 % sont
destinés à l'exportation. Rien de bien révolutionnaire ou
de bien séduisant dans le catalogue : du classique sans
grande imagination stylistique, du robuste, un rapport qualité/équipement/prix
intéressant, mais, surtout, une gamme d'une cinquantaine
de modèles, eux-mêmes déclinés dans de multiples versions
propres à satisfaire toutes les demandes dans n'importe
quel pays au monde.
La
catalogue le plus étoffé du monde
Le
catalogue Toyota est d'ailleurs le plus étoffé au monde,
mais aussi le plus compliqué, avec des appellations identiques
pour des modèles différents selon les marchés, ainsi que
d'innombrables motorisations et déclinaisons. Si cette politique
agressive au niveau commercial mais conservatrice sur le
plan technique, fait le succès de Toyota pendant près de
trente ans, elle doit tout de même évoluer. À la fin des
années quatre-vingt, le constructeur japonais décide de
rajeunir son image et ses produits avec de nouveaux modèles
dessinés par des centres de style californiens, de se doter
d'un haut de gamme prestigieux en créant la division Lexus,
et enfin, de coller davantage au marché européen en fondant
des unités de production en Grande-Bretagne, puis en France
en 1998.
Aujourd'hui, Toyota, toujours aussi solide et puissant,
s'est forgé peu à peu une image plus moderne, avec des produits
séduisants comme le Rav 4
ou
la petite Yaris, et innovants comme la Prius, le premier
véhicule bi-énergie (thermique/électrique) commercialisé.
Enfin, le constructeur japonais reste l'un des leaders incontestés
du marché du 4X4, avec le Land Cruiser devenu presque mythique
depuis cinquante ans.
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L'histoire
du logo

L'emblème
actuel a été adopté en 1990. Il est constitué de trois
ellipses : celles au centre, verticale et horizontale,
symbolisent l'union des cœurs des consommateurs et
“l'âme des produits”, tandis que la troisième sert
de cadre aux deux autres. Enfin, l'ensemble représente
le T stylisé de Toyota.
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