|
Ford
Europe et la course
Si
Ford USA s'est réservée le domaine des compétitions internationales
(24 Heures du Mans, F1, 500 Miles d'Indianapolis),
dans ses programmes, la firme a toujours mis à contribution
ses filiales européennes. Ainsi, l'offensive Ford au Mans
fut-elle largement soutenue par Ford Angleterre, qui mit
à la disposition de l'équipe une imposante base européenne
et qui engagea sous sa bannière quelques voitures et influença
leur développement technique.
Il
en alla de même pour le programme F1, sous l'impulsion du
"patron" de Ford Angleterre qui obtint le financement
de la part du siège et géra l'accord avec la firme britannique
Cosworth en 1966. Ford Angleterre fut d'ailleurs le fer
de lance du programme sportif de Ford en Europe jusqu'au
milieu des années 1970, avant d'être relayée par Ford
Allemagne. Aujourd'hui, Ford est toujours très active, en
rallyes notamment. Si la définition des programmes et la
conception des voitures dépendent de la volonté de Ford
Europe, la préparation et l'engagement sont toujours assurés
par un service courses basé en Grande-Bretagne.
Circuits
Depuis
l'aube des années 1950, Ford fait partie du décor des courses
britanniques. En tant que motoriste d'abord, avec le quatre
cylindres de 1 172 cm3 des premières Anglia, que
l'on retrouva sous le capot de pratiquement toutes les petites
barquettes anglaises (Cooper, Lotus, etc.) pendant des décennies ;
ensuite, ce fut le 1 000 cm3 de la seconde génération
des Anglia qui donna naissance à toute une gamme de moteurs
préparés par Cosworth pour les monoplaces de Formule 3
entre 1964 et 1970. Enfin, le quatre cylindres 1600 de la
Cortina, toujours dopé par Cosworth, fut pratiquement
invincible entre 1967 et 1971.
Autant
de mécaniques brillantes qui s'exprimèrent également dans
les épreuves réservées aux voitures de tourisme, très populaires
en Grande-Bretagne. Les Anglia, d'abord, livrèrent des duels
impressionnants aux Mini Cooper, puis les Cortina Lotus
triomphèrent sans partage dans les championnats britanniques
et européens et enfin les Escort se payèrent parfois le
luxe de s'imposer la même journée en catégories 1300, 1600
et 2 litres !
Le
championnat d'Europe des voitures de Tourisme devint ensuite
la chasse gardée de Ford Allemagne, qui engagea de redoutables
Capri RS à partir de 1970. Elles s'y imposèrent en 1971
et 1972, avant de subir la loi des BMW.
Après
avoir longtemps laissé à des équipes semi-officielles le
soin de représenter ses couleurs, Ford revint officiellement
en Tourisme en 1983, avec des Sierra Cosworth RS 500 développant
plus de 500 ch, puis avec des Mondeo, plus sages, à
l'aube des années 1990.
Rallyes
Hormis
les engagements (et parfois les victoires) d'équipages privés
au volant de grosses Ford V8 dans les années 1930,
la participation de Ford dans les rallyes prit une dimension
professionnelle au milieu des années 1960. Souveraines
sur les circuits, les Cortina Lotus se révélèrent aussi
de redoutables routières. Elles s'imposèrent au Safari en
1964, à l'Acropole en 1966, puis au RAC et en Suède l'année
suivante. Avec l'arrivée de l'Escort, la razzia devait prendre
une tout autre dimension, avec un titre mondial en 1979
et 24 victoires en championnat du monde entre 1968
et 1981, dont 8 succès consécutifs au RAC entre 1972
et 1979 !
Arrivée
trop tard avec sa magnifique RS 200, Ford ne pourra
cependant jamais jouer un rôle déterminant dans la lutte
opposant les Groupe B (Peugeot 205 Turbo 16, Audi Quattro,
etc.), pas plus que dans les premiers combats des nouvelles
Groupe A à partir de 1987, avec des Sierra (hormis
une victoire de Didier Auriol, en Corse, en 1988) un peu
encombrantes. Le lancement de la nouvelle Escort
Cosworth, en 1992, va donner de nouvelles ambitions à Ford.
François Delecour s'imposera en Corse en 1993, puis triomphera
à Monte Carlo l'année suivante, offrant ainsi à Ford sa
première victoire en principauté. Aujourd'hui, la firme
Ford, avec la Focus WRC, est toujours bien présente en rallyes
et compte parmi les favorites au championnat du monde, au
même titre que Peugeot et Subaru.

|