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De
La Chapelle : l'homme des chefs-d'uvre
L'histoire
des automobiles de De la Chapelle est complexe. La
marque actuelle tient son nom de Xavier de La Chapelle,
un authentique passionné d'automobiles. Il révèle
sa première voiture au Salon de Genève 1978. Il s'agit
d'une réplique de la Bugatti 55.
Établi
à Lyon, il reprend le nom d'une marque régionale avec
laquelle il a des liens d'origine familiale :
Stimula.
A
lorigine Stimula
La
première Stimula 55 est motorisée par un moteur six
cylindres en ligne d'Opel Commodore. La voiture se
caractérise par un soin très poussé des finitions
ainsi que par un châssis poutre. La carrosserie est
en polyester armé de fibres de verre. Xavier de la
Chapelle parle a l'époque plus "d'évocations"
que de répliques, tant il est vrai que la voiture
moderne n'a rien à voir sur le plan du confort de
conduite et du comportement avec sa glorieuse aînée.
Le travail sur le style est tout aussi important,
car les proportions des pneumatiques sont radicalement
différentes entre les automobiles des années 30 et
celles des années 70 et 80. Ce sera une partie du
succès de ces modèles tout au long de leur carrière.
1979
voit Xavier de La Chapelle diversifier ses activités
avec les mini-répliques pour enfants (aux parents
fortunés) de BMW 328 et de Bugatti 55. Viendra ensuite
la Ferrari 330 P2. Ces répliques animées par de vrais
moteurs seront produites jusqu'à la fin des années
90, à près de 1 500 exemplaires.
En
1982, Xavier de La Chapelle obtient deux consécrations :
la première vient de chez BMW France, qui homologue
les Stimula, ce qui leur permet de bénéficier à la
fois des moteurs de la marque et d'un service après-vente
sur l'ensemble du territoire. Cela permettra aussi
à Xavier de la Chapelle de puiser dans la vaste gamme
de moteurs de la firme munichoise. Tous les six cylindres
en ligne seront proposés, de 2 litres de cylindrée
jusqu'à 2,5 litres, y compris les préparations
Hartge et Alpina. Dernièrement, ce sont les préparations
Schnitzer qui ont été homologuées.
Des
"De La Chapelle-Bugatti"
Deuxième
consécration : le droit d'apposer la marque Bugatti
sur les calandres des voitures produites par De La
Chapelle. Ce droit, exceptionnel, sera accordé par
le groupe aéronautique Messier-Bugatti jusqu'à la
cession de la marque Bugatti au sulfureux Romano Artioli,
qui sera à l'origine des EB 110 et EB 112.
Parallèlement,
à la même époque, De La Chapelle distribue en France
des karts tout-terrain. Ceci l'amène à déménager une
première fois, pour rejoindre le quai Gillet, à Lyon,
sur les bords de Saône.
En
1988, Xavier de la Chapelle travaille avec le bureau
de design du styliste lyonnais Bertrand Barré. De
cette collaboration naîtront plusieurs modèles, modernes
ou de style ancien.
Dans
les années 80, les versions vont se multiplier, avec
portes, capote ou hard-top, sans oublier des versions
4 places à la façon de l'Excalibur américaine. Cette
dernière prendra le nom de Tourer et sera introduite
au catalogue en 1990. La clientèle très fortunée n'hésite
pas alors à débourser plus de 91 470 euros pour faire
l'acquisition de ces voitures de rêve. Chez De La
Chapelle, tout est possible en matière de couleur,
de finition ou de sellerie. Cela va même l'amener
à créer des versions avec volant à droite, pour les
exporter jusqu'au Japon. C'est à cette époque que
la marque déménage une nouvelle fois et s'établit
à Brignais, en région lyonnaise.
Conscient
des limites de son potentiel de clients, Xavier de
la Chapelle propose un modèle "d'accès",
le roadster Grand Prix. Il s'agit d'une évocation
plus spartiate et sportive du modèle 55. Le concept
est de créer une réplique plus accessible, sans portes,
mais respectant la philosophie des modèles dessinés
par Jean Bugatti (le génial fils d'Ettore). Le modèle
De La Chapelle Grand Prix sera exposé pour la première
fois au Mondial de l'Automobile 1992.
Cette
même année, Xavier de la Chapelle va réaliser son
chef-d'uvre : une évocation de la Bugatti
57S Atalante, qui sera disponible en versions fermée
ou découvrable. Elle sera révélée au Salon de Genève
1992. De La Chapelle expose, au Mondial de l'Automobile,
le monospace Parcours. Ce sera le premier monospace
de prestige réalisé dans le monde, animé par un moteur
V8 d'origine Mercedes-Benz. Il en sera produit trois
exemplaires et son style porte la griffe du bureau
de style Barré Design.
Ce
dynamisme s'explique par l'arrivée d'un investisseur
d'importance. À cette époque, Xavier de la Chapelle
bénéficie des capitaux du groupe Primwest, qui va
donner à la firme lyonnaise une autre dimension. C'est
le même groupe financier qui va, à la même époque,
s'intéresser à la Manufacture de voitures de sport,
plus connue sous le nom de son unique modèle :
Venturi.
Hélas
! la crise économique du milieu de la décennie 90
va fragiliser ce constructeur. Primwest se retire,
laissant Venturi une seconde fois au bord de la route,
tandis que De La Chapelle se voit repris par Barré
Design, qui devient alors Barré et Associés. Un projet
de roadster sportif est en gestation. Une première
fois révélé en 1996, il doit faire face à une concurrence
féroce : en même temps apparaissent le Spider
Renault et la Barquette Hommell, sans oublier la redoutable
Lotus Élise. De plus, le projet prend du retard. De
La Chapelle "réduit la voilure" et devient
DLC Technologies, tout en poursuivant le développement
du roadster. Un temps, il est envisagé de le produire
en kit à l'étranger, puis de l'assembler en France.
Ce choix amène DLC Technologies à fermer ses ateliers
de Brignais, pour ne plus conserver que des bureaux
au sein de la structure Barré et Associés.
Une
première version du roadster De la Chapelle est présentée
en 1996, mais ce modèle sera réellement commercialisé
à petite échelle à partir de 1998. Trois moteurs sont
prévus, tous d'origine PSA Peugeot-Citroën :
un 2 litres, de 135 ch ; un 2 litres,
de 167 ch ; et plus tard, le V6 monté dans
la 406 Coupé et la 607. Inutile de préciser qu'avec
moins de 1 000 kg en ordre de marche, le
roadster V6 devient réellement "méchant".
Depuis,
De La Chapelle vit dans la semi-clandestinité et poursuit
à la commande la fabrication de ses voitures ô combien
originales.
[images
des voitures sur le site De La Chapelle : www.delachapelle.com]

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