Aixam-Méga :
petites autos deviendront grandes
Si
vous suivez le Trophée Andros, Méga doit sûrement vous dire
quelque chose
Mais sait-on que la marque Méga a pu
être lancée grâce au succès de voitures sans permis ?
L'histoire mérite d'être contée.
Retour
en arrière : 1975, en pleine crise pétrolière, naît,
à Vénissieux, l'entreprise Arola. Celle-ci élabore des voitures
à trois et quatre roues, sans permis, motorisées par des
moteurs de cyclomoteurs. En tant que pionnière, Arola bénéficie
d'une part de marché honorable, même si elle doit faire
face à une concurrence de plus en plus féroce. Mais au début
des années 80, la marque de Vénissieux perd de sa superbe
et finit par être reprise par un industriel, Georges Blain,
en 1983. Naît la marque Aixam, en référence à sa nouvelle
implantation, près d'Aix-les-Bains.
Dabord
des autos sans permis
La
firme savoyarde se développe alors rapidement et les revenus
tirés de ces voitures sans permis permettent à Georges Blain
d'envisager la production de véhicules automobiles à part
entière. En 1993 apparaît donc la marque Méga. L'idée
est simple : reprendre le créneau laissé vacant par
les constructeurs nationaux depuis l'arrêt des Citroën Méhari
et autres Renault Rodéo. Teilhol, le fabricant des Renault
Rodéo, a bien repris cette production à son compte sur des
bases de Citroën 2CV et AX entre 1987 et 1992, mais il s'y
est cassé les dents, faute de notoriété et d'un réseau de
distribution autonome. Georges Blain est conscient de ce
double handicap : il lui faut donc faire connaître
sa marque et, surtout, profiter au maximum de composants
standardisés. Son choix se portera sur des bases de Citroën
AX.
C'est
aussi un moyen de prouver un savoir-faire technique en associant
l'image de Méga à celle d'Aixam. C'est enfin un moyen de
convaincre l'acheteur de sa voiture sans permis que ce n'est
pas une "sous-voiture "! De plus, l'outil
industriel se prête bien à une telle production : les
châssis sont galvanisés et la carrosserie est en matériaux
composites. Ce type de construction est idéal pour des véhicules
de loisirs amenés à circuler en stations balnéaires. Pour
l'occasion, un nouveau site industriel est installé en bordure
de l'autoroute A7, à Chanas.
Les
premiers modèles s'appellent Méga Club et Méga Ranch. Ce
qui les distingue ? Leurs configurations : découvrable
ou hard-top, chacune des deux étant d'ailleurs réversible.
Plusieurs moteurs sont proposés aux clients : deux
unités essence 1 124 cm 3 et 1 360 cm3
et un diesel de 1 360 cm3 (qui passera à 1,5 litre
en même temps que celui des Peugeot 106). Une version 4X4,
reprenant la transmission complète des AX 4X4, sera même
proposée au catalogue. Ces modèles seront élaborés en versions
tourisme ou utilitaire.
Pour
assurer la notoriété de sa marque, Georges Blain engage
plusieurs prototypes Méga au Trophée Andros dès 1992. Un
engagement qui sera récompensé dès la saison 1993/1994 par
la victoire absolue et le titre de champion de la saison
remporté par François Chauche. Mais Georges Blain veut plus.
Avec Philippe Colançon, le directeur technique d'Aixam-Méga,
il décide de créer un successeur à la phénoménale Lamborghini
LM002. Le concept est simple, en théorie : faire un
4X4 non routier, de grand tourisme.
La
Méga Track possédera une suspension exceptionnelle et des
caractéristiques qui ne le seront pas moins. Cet imposant
coupé à 4 roues motrices permanentes est motorisé par le
plus puissant moteur de la gamme Mercedes-Benz de l'époque :
le V12 de la S600 ! La largeur de l'engin est tout
aussi exceptionnelle que ses caractéristiques techniques.
Comme la Lamborghini LM002, le moteur de ce coupé de 395 ch
est placé en position centrale.
En
1996, Méga va plus loin et reprend la société Monte-Carlo
Automobile. Il s'agit toujours de véhicules à hautes performances,
mais ici, dans une optique routière. La Méga Monte-Carlo
sera une de ses premières voitures homologuées sur la route
à bénéficier d'un châssis à coque en carbone. À l'époque,
seule la McLaren F1 avait recours à cette solution technique
Fin
1998, au Mondial de l'Automobile, est présentée une nouvelle
génération de modèles Méga Club. Celle-ci se veut plus cossue,
avec vitres descendantes à commande électrique, moquette,
pré-équipement radio, etc. Le style a fait l'objet de soins
attentifs, notamment pour l'intégration du capot, des flancs
et des éléments d'éclairage et de signalisation. Si la partie
mécanique reste identique au modèle de 1993, les versions
4X4 ont disparu de l'offre du constructeur. Sur cette génération
de Méga Club, il sera même envisagé la réalisation d'une
version GPL, présentée au Mondial de l'Automobile, mais
qui n'entrera jamais en production. Celle-ci avait pour
originalité de voir son réservoir logé dans... la porte
arrière de l'auto (en fait, à la place de la roue de secours).
Cette
nouvelle génération correspondra au nouveau dispositif industriel
d'Aixam-Méga. Pour libérer des capacités de production,
le site de Chanas sera exclusivement dédié aux châssis Aixam
et Méga ainsi qu'à l'assemblage des Aixam. Aix-les-Bains,
lui, abritera l'unité de montage des Méga et cabriolets
Aixam, ainsi que les bureaux d'études et le service compétition.
Méga
et la compétition
Méga
s'est surtout fait connaître via le Trophée Andros. Évidemment,
la base mécanique n'a plus rien à voir avec la version "tourisme",
mais l'air de famille reste le même lorsqu'on regarde la
carrosserie.
1992/1993 :
1re participation. 3e place à Chamonix
avec Paul Belmondo et Bernard Darniche au classement général
par pilote. 3e et 4e places au classement
par épreuve à la finale de Paris (B. Waldegaard/A. Coppier
et P. Belmondo/B. Darniche).
1993/1994 :
victoire au Trophée Andros avec François Chauche. 1re
place au classement par marque devant BMW et Opel. 1re
place au classement par pilote. Mais il faut également noter,
au classement final des pilotes, la 3e place
de M. Chomat.
Saison
1994/1995 : une saison moins riche pour l'équipe
Méga ; toutefois, l'écurie savoyarde remporte 5 podiums.
Au classement par marque, Méga termine à la 3e
place, derrière ses rivaux de l'année précédente.
Saison
1995/1996 : victoire en catégorie 2 litres
avec Philippe Gache. 3 victoires d'épreuve et 7 podiums.
Malgré ce tir groupé, Méga termine encore une fois à la
3e place du classement constructeurs. On notera
la victoire, à La Bresse, de Philippe Gache et, à Isola
2000, de François Chauche.
Saison
1997/1998 : victoire de classe en catégorie 2 litres
avec Philippe Gache.
En
janvier 2001, l'équipe s'engage dans les courses de
rallye-raid, avec la Méga Desert qui prend le relais de
la Méga Glace. Philippe Colançon en est toujours le directeur
technique. Le service compétition s'est donc reconverti,
après les courses sur glace, au développement et à la mise
au point de la voiture de rallye-raid. C'est aussi ce département
qui a poursuivi les travaux sur la Méga Monte-Carlo. Une
version piste en a même été dérivée, mais cette auto n'a
pas eu de suites à l'heure actuelle.

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