À
lorigine, rien ne prédisposait ce constructeur solidement
implanté sur le marché britannique, à connaître un destin
aussi tumultueux. Comme beaucoup de pionniers de lautomobile,
Rover passa avec succès de la bicyclette à lautomobile
dès le début du XXe siècle. Proposant rapidement
une gamme assez large de modèles allant de la petite voiture
économique à la grosse berline en passant par des versions
sportives, Rover connut vite la prospérité et se hissa bientôt
parmi les plus grands.
Premier
déclin après la seconde guerre mondiale
La
Seconde Guerre mondiale et ses conséquences sur le niveau
de vie en Angleterre amorcèrent un premier déclin de la
marque. Au-delà des destructions occasionnées par les bombardements
et de la situation de pénurie, Rover se retrouva propriétaire,
au lendemain de la guerre, de deux immenses sites industriels
développés pour la construction aéronautique. La fin des
hostilités les laissa privés de toute activité dautant
que les carnets de commande étaient vides et que les matières
premières faisaient cruellement défaut.
Rover
fut alors sauvé par un appel doffres émis par le ministère
de la Guerre qui cherchait à doter son armée dun véhicule
4x4 inspiré de la Jeep.
1948 :
présentation du Land Rover
Le
Land Rover, présenté en 1948, déborda vite du seul usage
militaire et connut un immense succès civil à une époque
où la Grande-Bretagne possédait encore un immense empire
colonial.Cette "bonne affaire" permit au constructeur
de redorer son blason avec le lancement dune nouvelle
gamme à laube des années cinquante : de bonnes
grosses voitures sérieuses, sans grande originalité mais
fiables et surtout bien présentées, même si elles ne purent
jamais rivaliser en terme de prestige avec les Rolls, ou
avec les Jaguar au niveau des performances.
Rover
se forgea alors limage dun constructeur "bourgeois"
et sans histoire, même si un certain aspect avant-gardiste
fut entretenu avec notamment les projets de voitures à turbine
à gaz. Tout se gâta avec la fondation de British Leyland
qui regroupait les plus grandes marques anglaises (Austin,
Morris, MG, Triumph, Jaguar et Rover). Au sein de cet immense
groupe, tous tentèrent dabord de préserver leur identité,
mais bien vite, la direction imposa un segment de marché
à chacun. Jalousie, coups tordus, gaspillage
la plus
grande confusion finit par régner chez Leyland.
La
situation fut aggravée par la crise économique que traversait
le Royaume-Uni, les conflits sociaux très durs entretenus
par les syndicats et enfin une nationalisation mal préparée.
Dans ce climat, la productivité sapparentait à celle
des kolkhozes de lex-Union Soviétique, tandis que
la qualité de fabrication rivalisait avec celles des meilleures
réalisations des pays de lEst. Couvert de dettes,
Leyland fut démantelé lors de la vague de privatisations
menée par Margaret Thatcher.
British
Aerospace devint lactionnaire principal dun
nouveau groupe baptisé Austin-Rover qui, au-delà de la vétusté
de son outil industriel, possédait alors une bien mauvaise
image. Le redressement fut pourtant spectaculaire. Avec
le soutien de Honda, qui prit 20 % du capital,
Rover élimina progressivement de sa gamme tous les anciens
modèles à la réputation fâcheuse pour les remplacer par
des modèles étroitement dérivés de sa propre gamme.
Honda,
un bon partenaire
La
flatteuse image de Honda en terme de robustesse et de performances
conjuguée à des tarifs séduisants et des finitions raffinées
dans le plus pur style britannique portèrent rapidement
leurs fruits. La progression sur les marchés européens fut
si spectaculaire que Rover attisa les convoitises. BMW évinça
brutalement Honda en 1994 en se portant acquéreur de la
marque et promit des "lendemains qui chantent".
Rover
BMW : mariage de dupes
En
réalité, BMW intéressé surtout par la Mini et la division
Land/Range Rover, ne tint que partiellement ses promesses
en programmant simplement le lancement de la belle 75. Ce
mariage de dupes se termina en 2000, lorsque BMW "rendit
sa liberté" à Rover tout en gardant la marque
Mini et la division tout-terrain. Depuis, Rover, dont les
ventes ont été notamment divisées par quatre sur le marché
français, tente de relever la tête en sappuyant sur
son passé et en déclinant une gamme frappée du sigle prestigieux
MG.
Lavenir
de la marque, isolée et sans aucun lien avec un autre constructeur,
semble des plus incertains dautant que les finances
nautorisent pour linstant aucun nouveau projet
alors quil est urgent de remplacer les modèles 25
et 45.
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