|
115 ch, ce n'était plus assez, qu'à cela ne tienne, après une cure de bodybulding savamment menée, la nouvelle grande sœur de la 1.6, disposerait d'un cœur de 1.9 litres crachant sauvagement 130 ch et de sérieux poumons permettant à la brute de reprendre son souffle avec près de 170 Nm de couple. Ce moteur n'était pas nouveau, repris à la 305 GTX, le bloc de 1905 cm3 de la 205, équipa également sa cousine éloignée, la Citroën BX GTi. A noter que la Citroën développait 5 ch de moins, dû à des réglages moteur différents. Sur le papier, cette 1.9 a déjà de quoi impressionner, sur la route elle se révèle tout simplement démoniaque. 0 à 100 en 7,8 secondes, elle relègue la 1.6 à 1 seconde derrière, 206 km/h en pointe et un 1000 mètres départ arrêté oublié en seulement 29,2 secondes, les chiffres parlent d'eux même.
Un moteur qui expire la puissance
Tout simplement époustouflant pour l'époque. Mais au-delà des performances, c'est la manière dont elle expulse sa rage qui a fait sa légende. Si ces performances sont de plus en plus monnaie courante sur les productions d'aujourd'hui, l'impression de vitesse et de violence n'est pas là, évoluant dans un univers feutré aux sensations insonorisées. La 205, elle, boue, crie chante, hurle à qui veut l'entendre. C'est avec brutalité qu'elle scotche littéralement ses occupants aux sièges. Si vous vous demandiez d'où provenait l'expression "prendre un coup de pied au cul" en parlant d'automobile, ne cherchez plus, l'explication se trouve sans nul doute ici. Mais attention, cette impétuosité n'est pas à mettre entre toutes les mains. Même si le train arrière a été amélioré, les jantes passées en 15 pouces et la bête désormais freinée dans ses ardeurs par non plus 2 mais 4 freins à disques, la 1.9 demande du doigté. Et quiconque ne respecterait pas la fougueuse mécanique et prétendrait de ses capacités de pilote, risquerait de le payer au prix fort et de faire l'expérience du fossé. On ne plaisante pas avec une telle voiture. Sans compromis, elle demande expérience et sagesse pour qui veux flirter avec les limites de l'engin. Néanmoins ne pensez pas qu'elle est impitoyable, c'est juste le miroir de votre comportement. Il est important également de souligner que si cette savoureuse mécanique est restée inchangée durant toute la durée de sa vénérable carrière, en 1993, elle perd en fougue à cause de l'adjonction d'un pot catalytique. La puissance passe alors de 130 à 122 ch. Mais qu'importe la légende était déjà installée et grâce à un meilleur équipement de série, la perte relative de performance est vite oubliée.
Une esthétique tout aussi musclée
Mais
il n'y a pas que sous le capot que la 1.9 GTi en
imposait. Avec son allure râblée,
ses élargisseurs d'ailes, ses jantes de
15 pouces qui paraissent surdimensionnées,
et ses éléments de carrosserie spécifiques – spoiler
avant équipé de phares additionnels à longue
portée, et jupe arrière au design
plus sportif – la 205 ne peut laisser indifférent.
L'intérieur lui non plus n'est pas en reste.
Sièges baquets – cuir et tissus en
option – vitres électriques, volant
cuir sport – deux puis trois branches à partir
de 1988 – sportivité ne rime pas forcément
avec épuré. Et même si la qualité des
matériaux est perceptible, celle des assemblages
est somme toute correcte. Enfin soulignons, qu'en
8 ans de carrière, même si son esthétique
n'a pas connu de révolution, le design de
la planche de bord et d'autres subtils changements
ont rythmé la vie de la plus piquante des
GTi made by Peugeot.
|
Si vous voulez rentrer dans la cage aux fauves
|
Comme
pour toutes les sportives, attention à l'entretien
!! Evitez ainsi les prépas moteur
et autres fantaisies tuning. Concernant la
fiabilité, le moteur se révèle
assez robuste et il n'est pas rare de trouver
des occasions affichant plus de 200 000 km
au compteur. Au niveau des points noirs,
notons un ralenti caractériel. A part ça,
les vérifications d'usage s'imposent.
Suspensions, dispositif de freinage, direction,
courroie de distribution, n'hésitez
pas à faire le tour de la voiture
et à demander les justificatifs d'entretien.
Si vous avez le temps vous pouvez même
appeler le garage qui a suivi le véhicule
pour avoir l'avis d'un professionnel. Même
si cet avis ne doit pas non plus être
pris forcément pour argent comptant,
surtout si vendeur et garagiste se connaissent
depuis longtemps, il peut néanmoins
vous apporter des renseignements pertinents
sur la qualité du suivi du véhicule. |
|