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De
la rage sous le capot
La
Cossie est un véritable animal taillé pour les
performances. Brutale, elle hérite du moteur déjà éprouvé sur
la Sierra RS Cosworth. Un 2 litres affichant 220
chevaux, monté – comme sur son aînée – en
position longitudinale, contrairement aux autres
Escort de la gamme disposant de motorisations implantées
transversalement. 220 canassons crachés violemment
aux quatre roues, grâce à un monstrueux turbocompresseur
Garret T35. Le T35 fait de l’Escort une bête
de course homologuée sur route. Avec un taux de
compression de 0,8 bar, la Cossie est une bombe
sans concession. Lors de l’accélération le
turbo atteint même les 1,3 bar durant environ 3
secondes lorsqu’il est à pleine charge. Cet
overboost propulse littéralement cette version
dynamité de la sage familiale compacte qu’était
l’Escort. Résultat, la fusée parcours le
1000 mètres départ arrêté en un peu moins de 26
secondes, atteignant les 100 km/h en moins de 6
secondes et se targuant d’une vitesse de
pointe d’environ 230 km/h. Une chose est
sûre la Cossie n’a rien de familiale dans
le moteur. Violente, elle dispose heureusement
de quatre roues motrices permanentes. Ce qui aide à maîtriser
les ardeurs du fauve. Petite particularité néanmoins,
la répartition du couple est loin du 50/50. 34 % à l’avant,
66 % à l’arrière, pour faire passer
la brutalité de la bête sans pour autant perdre
le contrôle. Et quelle efficacité !! L’Escort
Cosworth transpire la férocité et affirme ses gènes
de reine des rallyes dès le premier virage. Enfin
virage, ce terme n’est pas dans le dictionnaire
de la Cossie.
Aspirant
littéralement le bitume
les courbes deviennent droites, les petites routes
de montagne de véritables airs de jeux. Vous l’aurez
compris l’Escort Cos n’est pas là pour
battre des records en vitesse de pointe mais pour
exploser les chronos. Endurante, elle est freinée
par quatre freins à disques ventilés disposant
du système ABS, lui permettant de ralentir aussi
fort qu’elle accélère. Il faut à peine plus
de 36 mètres pour vous arracher les yeux des orbites
et stopper le projectile lancé à 100 km/h, 102
mètres à 160 km/h. Pour plus de sécurité et un
placement dans la trajectoire plus aisé, la stabilité en
freinage et en appui est assurée par un système
d’amortissement type Mc Pherson à l’avant
disposant d’un efficace système anti-plongée.
Diaboliquement efficace, la Cossie ainsi équipée
ne peut qu’être à l’aise dans les courbes,
surtout chaussée de Pirelli P Zéro en 225/45 ZR16
qui finissent de la scotcher au bitume.
T35,
T25, de la brutalité à la férocité
Mais
attention, la belle est caractérielle et ne se
laisse pas dominer par le premier venu. La première édition équipé du
turbo T35, souffrait ainsi d’un défaut de
taille pour certains, d’une qualité sans
pareil pour d’autres. Non pas qu’il
ne remplissait pas son office, bien au contraire.
Mais son fonctionnement est viril et demande un
doigté de chirurgien pour contrôler le monstre
jusqu’à ses limites. Comme nous l’avons
souligné plus haut, la Cossie est sans concession.
Fourbe même. Ainsi, en dessous des 4000 tours/min,
elle cache sa diabolique puissance. Le moteur semble
même creux aux dires de certains. Mais passé les
3500 tr/min, le turbo s’est mis en marche
et telle une bombe, explose brutalement la férocité du
2 litres sans préavis, catapultant l’Escort
sur des sphères où peu d’autres véhicules
peuvent la suivre. Vous l’aurez compris,
en vous installant à son volant, respect et humilité sont
indispensables si vous voulez rester en vie. Ce
temps de latence et cette violence on/off, font
de la Cossie, une voiture passionnelle qu’il
convient d’apprivoiser, de séduire avant
de pouvoir véritablement en profiter. Aussi, en
1994, Ford décide de réviser l’agrément moteur,
afin de rendre la Cossie plus docile sans pour
autant sacrifier les performances. Résultat, le
turbo devient moins bestial, le T35 est remplacé par
un T25, plus compact. Ajouté à cela d’autres
modifications moteur, l’ensemble porte la
puissance de la Ford vers le haut. + 7 ch, un overboost
qui passe à 8 secondes contre 3 auparavant, un
couple qui dépasse désormais les 30 mkg et surtout
qui est obtenu plus tôt à 2500 tr/min contre 3500
auparavant. Si sur le papier, la Cossie y est gagnante,
lorsque le chrono rend son verdict, la conclusion
est bien différente. Le T25, moins brutal, plus
progressif, l’Escort Cos, n’est plus
absente en dessous de 4000 tr/min et diabolique
au dessus.
Désormais
elle pousse fort tout le temps, au détriment de
l’effet "coup de pied au cul" qui
est désormais beaucoup moins fort, mais devient
ainsi beaucoup plus exploitable. Conséquence, une
perte – toute relative – de performances
en accélération. Il faut désormais 6,1 secondes
pour passer la barre des 100 km/h (+0,5 s environ
par rapport à la version T35) et plus de 26,3 secondes
pour effectuer le kilomètre départ arrêté. Mais
si la Cossie y perd en brutalité directe, elle
y gagne en agrément. Plus exploitable grâce à un
turbo plus vif et un couple obtenu à plus bas régime,
les reprises deviennent dantesques. La nouvelle
Cossie gagne ainsi plus d’une seconde en
reprise pour passer de 80 à 120 km/h en cinquième.
On y perd en sensation d’accélération mais
le gain en sensation de pilotage en vaut la chandelle.
Après c’est une question de goût. Certains
préféreront une brute sans concession demandant
une attention de pilotage de tous les instants
pour pouvoir contrôler la diablesse, ceux-là choisiront
une Cossie T35. Les autres préféreront une voiture
tout aussi pointue à piloter mais disposant d’un
agrément moteur beaucoup plus adapté à une utilisation
quotidienne, ces derniers orienteront ainsi leur
choix vers une Cossie T25 d’après 94. Dans
tous les cas, l’Escort Cosworth est un véritable
concentré de férocité, une usine à adrénaline.
Sensations fortes garanties !! Mais il ne
suffit pas d’avoir des jambes et de savoir
courir pour marquer l’histoire. L’Escort
Coworth c’est avant tout un look. Charismatique,
la Cossie a su affirmer une identité forte, base
de son succès et de son charme.
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