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Un
direct du droit dévastateur, interdit aux novices
Qu’elle
soit bleue ou rouge, elle en a dans la culotte,
même si elle n'affiche que 970 kilos à la pesée.
Ce ne sont pas les gros bras à plus d'une tonne
qui vont lui faire peur. Bien au contraire, elle
en raffole, elle en redemande même. Face à ses
pataudes "Foreman" à la puissance souvent
redoutable, la Turbo fait preuve d'une agilité et
d'une rapidité qui laissent sur place quiconque
ose se frotter à ses pare-chocs. Voler comme le
papillon, piquer comme l’abeille, voilà une
maxime qui sied à merveille à notre championne
du ring. Aussi rapide que Mike Tyson, il ne lui
faut pas 36 rounds pour écraser ses challengers.
Avec ses 160 ch disponibles à 6000 tr/min et ses
21,4 mkg à 3250 tr/min de couple, la Turbo brutalise
ses sparing partners. Elle avale ainsi le 0 à 100
km/h en à peine plus de 6 petites secondes, collant
littéralement une raclée au 1000 m DA qui s’incline
en 27,8 secondes. Enfin la rapidité de ses attaques
peut monter à plus de 200 km/h sans sourciller.
Mais gare à l’aventurier qui décide de se
mettre au volant.
Finie
la frime place à l’action. Dans le grondement
assourdissant – bien que correctement contenu
grâce à un coffrage et une épaisse moquette qui
participent à l’insonorisation – le
petit frimeur aura tôt fait de prendre la poudre
d’escampette à moins qu’il soit suicidaire.
Vous l’aurez compris, la Turbo, ce n’est
pas pour les petits joueurs. Car il faut un sang
froid à toute épreuve pour amener cette boule de
nerfs à se laisser apprivoiser. Avec une répartition
des masses avant/arrière de 40 % / 60 % ,
il ne faut pas s’attendre à un comportement
de paisible berline. La R5 Turbo est une pure sportive,
une athlète
de haut niveau qu’il convient de mener avec
doigté et précision. Profondément propulsion, son
caractère est entier. Infernal pour qui croit savoir
la manier, tout simplement jouissif pour qui sait
la mater. Car avant de pouvoir l’apprécier,
il faut savoir la combattre. Etre en mesure de
la contenir, pour mieux la contrôler. Pour maîtriser
la fougue de la championne, mieux vaut être un
initié de l’art du pilotage. On ne monte
pas dans une R5 Turbo quand on croit savoir conduire
mais quand on sait piloter. Si ce n’est pas
le cas, un conseil, n’appuyez pas sur la
pédale d’accélérateur, effleurez la, ça suffira.
Les
fourberies de la R5 Turbo
Heureux
celui qui peut se targuer d'avoir vu ses limites
sans y avoir laissé quelques bleus. Si elle est
diaboliquement maniable et offre une tenue de route
magistrale, il faudra vous habituer à composer
avec son sale caractère. Fougueuse à souhait, fourbe
même, le temps de latence de son turbo en a piégé plus
d'un. En dessous de 4000 tr/min, c'est le grand
vide, au dessus, c'est l'enfer mécanique qui dégorge
sa puissance avec une violence sans compromis.
Et il ne faudra pas compter sur la réactivité de
la boîte de vitesses pour vous sauver la mise.
A l'instar du turbo, elle a un poil dans la main
dont la taille n'a d'égale que sa lenteur. Ainsi,
ayez toujours à l'esprit que c'est une propulsion,
et que même avec une accroche optimisée de par
une largeur du train arrière supérieur, l'afflux
subit de puissance risque fort de vous donner des
sueurs froides, surtout lorsque vous ferez face
aux bas côtés de la route. Attention également
aux freins. S'ils peuvent se révéler d'une efficacité redoutable, à froid
c'est une autre histoire. Une chose est sûre, ce
n'est pas une nordique, elle déteste le froid.
Mais une fois que vous aurez compris le mode d'emploi,
la Turbo se révèlera tout simplement jouissive.
Habile, agile, vous prendrez "votre pied" à la
placer dans la bonne trajectoire et à vous extraire
des enchaînements de lacets avec une aisance déconcertante.
Néanmoins, le maître mot avec ce type brut reste
la méfiance. Ainsi, les règles sont simples, ne
jamais présumer de ses capacités et surtout respecter
la vieille, car malgré les années elle n'a rien
perdu de son effroyable punch.
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