|
Quest-ce
quun collector ?
Pour
espérer quune voiture de la décennie qui vient
de sachever devienne une collector ou évite
au moins les affres anonymes de la "déconstruction"
- comme on dit de nos jours -, il faut en principe
quelle combine plusieurs des caractéristiques
suivantes : un intérêt technique en intégrant
une (des) innovation(s) technologique(s) ou des particularités
de conception, une ligne séduisante (ou en avance
sur son époque), une production limitée et si possible,
un palmarès sportif (ou plus largement un intérêt
historique). Et bien sûr, il vaut mieux quelle
soit encore dans un état général satisfaisant
Les
stars oubliées
Sur
la période considérée au sein de ce dossier, parmi
les modèles dont la commercialisation en France a
débuté pour la plupart entre 1991 et fin 1996, bon
nombre répondent à lun ou à lautre de
ces critères. En plaçant, arbitrairement, pour cette
fois le budget achat à moins de 200 000 F, nous limitons
déjà le choix. Oublions donc les ruineuses "super
cars" telles que les Bugatti EB 110 (1993), Jaguar
XJ 220 de 1994 ou McLaren F1 présentée la même année
qui ont dailleurs déjà rejoint, au Panthéon
des spéculateurs, la Ferrari F40 (87 à 92) et la Porsche
959 (1987). Cela exclut également des modèles comme
la Chrysler Viper (1993/
) ou lencore plus
monstrueuse Mega Track (1993/
), la Ferrari F 355
et bien dautres éminemment collectionnables.
Il
en est certaines qui nont pas retenu notre attention
car elles demandent des soins attentifs pour ne pas
dire quelles sont capricieuses (Opel Calibra
Turbo ou Lotus Omega, Peugeot 405 T16, par exemple)
ou bien savèrent de mauvais numéros dans leur
conception ou leur mise au point comme la Ferrari
348 - tout le monde peut se tromper - ou la berlinette
Alfa Romeo SZ.
Cette
dernière cumule une finition aléatoire, un châssis
suranné et un V6 de 210 ch seulement, et se payait
pourtant 425 000 F en 1991. Sa cote, qui oscille entre
100 000 et 250 000 F en fonction du kilométrage, démontre
que dans le haut de gamme, lexclusivité et une
ligne hors du commun ne suffisent pas, elles doivent
se doubler de qualités intrinsèques solides pour atteindre
le statut de voiture de collection recherchée. Idem
pour le roadster RZ qui lui a succédé à lautomne
1992 : il a été produit dans les ateliers de
Zagato à 350 exemplaires et écoulé au doux prix de
440 000 F. Après cette déclaration de guerre, on va
avoir droit à une avalanche de-mails vengeurs
dAlfistes, cest sûr.
La
Venturi Atlantique : sans réseau
Dautres
modèles encore constitueraient un excellent choix
mais nont été immatriculés quà quelques
unités par an en France comme les coupés anglais (Aston
DB7, Lotus Esprit et TVR) ou japonais (Mazda RX7 et
Subaru SVX), ainsi que pour la belle Venturi Atlantique.
Comme toutes les marques disparues, la Française souffre
en plus dun restant de réseau qui sétiole
(les compétences se dispersent et la disponibilité
de certaines pièces devient problématique).
Ces
raisons peuvent dissuader également dacheter
loriginale et rare Hobbycar amphibie produite
près de Blois à partir de 1993, dont les derniers
exemplaires ont été vendus aux enchères en novembre
1996.
Pourquoi
pas une Trabant
Parmi
les marques défuntes, on peut toutefois envisager
dacquérir une Trabant est-allemande par exemple.
Symbole des deux blocs et de la chute du Mur, un exemplaire
(et un deuxième pour les pièces
à moins de 2
000 €, pourquoi se gêner !) des dernières Trabant
601 2 temps peut constituer un bon choix de "populaire"
dautant quelles sont simples à réparer
même si leur fiabilité laisse perplexe.
Nées
en 1958 et produites à 306 000 unités jusquen
avril 1991, elles inspirent une indubitable sympathie
à la manière dune Fiat 500 ou dune 4 CV,
avec une dose de commisération en plus. De 500, la
Trabant est passée à la dénomination 600 lors de laugmentation
de cylindrée de 595 cm3 en 1963 et à 601
lannée suivante. Dire que son bi-cylindre 2
temps sest retrouvé transfiguré en passant de
20 à 23 ch serait mentir. Restent une sonorité unique,
disons pétaradante et des effluves odorantes qui font
pâlir les Verts
Quand Volkswagen a repris lusine
de Zwickau, il sest dailleurs empressé
de lui coller un 1 043 cm3 bien moins polluant
pour sa dernière année de vie.
Nous
aurions pu intégrer dautres voitures des pays
de lEst comme la délicieusement décalée Lada
Samara Natacha, un cabriolet introduit en France au
millésime 1994. Mais celle qui, à nos yeux, présente
le plus grand intérêt reste la Tatra 612 avec son
moteur V8 placé à larrière et refroidi par air.
Cette implantation lui a valu en Tchécoslovaquie le
sobriquet de cercueil à ministres et en dit long sur
sa tenue de route. La fiabilité et la difficulté à
trouver des pièces de rechange pour ce carrosse dapparat-chic
n incitent guère à conseiller son achat à un
béotien de la restauration.
Il
y a aussi celles qui mériteraient de figurer dans
ce panorama mais qui sont dèjà trop chères. A ce titre,
on peut citer par exemple la Mazda MX-5 dans sa première
version 1600 non catalysée de 1990-91. Vingt ans après
les Anglaises, elle a relancé la mode des petits roadsters.
Mais dépenser plus de 40 000 F pour une auto de 100
000 km qui en valait moins de 140 000 à lépoque
paraît peu raisonnable. Enfin, il y a les oubliées
volontaires comme les versions civiles des bêtes de
rallyes (Lancia Delta HF intégrale, Ford Escort RS
Cosworth
).
Par
François Chapus
Retrouvez
nos derniers dossiers:
|
|